L’histoire du monde

« L’histoire connectée » tente un autre déplacement en écrivant au contraire une histoire locale de la manière dont chaque endroit du monde est travaillé et traversé par la mondialité.
N’importe quelle histoire peut être une histoire mondiale . Mais lorsque l’on parle aujourd’hui de crise du « roman national », il faudrait faire porter l’accent sur « roman » davantage que sur « national ».
La crise de l’identité – on le voit bien aussi du point de vue de la représentation politique, et c’est une banalité de le dire – est d’abord une crise du récit, crise d’une manière linéaire de construire des récits.
Dès lors, la question est : l’historiographie du 20ème siècle a-t-elle été contemporaine des révolutions littéraires de son époque ?
« Ecrire l’histoire » ne signifie pas faire des phrases, mais savoir où on va mettre la caméra. Il y a une orientation, une décision, une action.

Série télévisée

Alors que Netflix s’adapte aux nouveaux modes de consommation des séries et sera d’ailleurs le premier à proposer d’emblée les 13 épisodes de la première saison de House of Cards à ses abonnés . Le service met ainsi à disposition gratuitement les trois premiers épisodes d’une série, pour ensuite diffuser à un rythme hebdomadaire les épisodes suivants accessibles uniquement aux abonnés . Les séries sont alors moins l’occasion de faire preuve d’audace et de créativité que de créer un nouveau produit pour attirer le consommateur sur l’ensemble des services en ligne.
La réaction d’Orange n’a pas tardé elle aussi puisqu’en octobre 2013, l’opérateur télécom inaugurait à son tour une chaîne spécialement dédiée aux séries : OCS.
À la recherche d’exclusivité, les opérateurs SVOD tentent alors de se différencier à coup d’achat de droits. La plateforme de streaming mise beaucoup sur l’international et se lance également dans la production de séries locales qui seront diffusées dans tous les pays qui ont un accès à la plateforme.
Objectif des deux chaînes : conquérir et fidéliser les abonnés.
Aujourd’hui, la production de programmes exclusifs est le nerf de la guerre. Nul besoin alors pour le producteur de négocier les droits de diffusion de ses programmes sur les différents territoires. Il les détient.
En France, Netflix se retrouve face au groupe Canal+, qui aligne 60 heures de création originale par an et affiche 6 séries en 2016. La valeur des offres SVOD réside donc de moins en moins dans la quantité des contenus disponibles mais de plus en plus dans les séries que l’utilisateur sera assuré de trouver en s’abonnant au service. Le leader mondial de la vidéo à la demande avec abonnement est ainsi passé d’une stratégie d’abondance des contenus à une stratégie haut de gamme, avec des programmes premium et des accords d’exclusivité. Le service a su s’imposer comme la référence mondiale du streaming vidéo et ne cesse de gagner de nouveaux abonnés. Mais tandis qu’il fallait, pour le développement du marché, un catalogue très fourni pour inciter les clients à souscrire à un abonnement et les détourner des bouquets des chaînes câblées, aujourd’hui il s’agit désormais de monter en gamme avec du contenu que les abonnés ne trouveront pas ailleurs. Cette qualité des contenus devait entraîner la quantité des consommateurs. Et, la marque a complètement réussi à sublimer son activité poussiéreuse de distributeur/diffuseur en mettant l’accent sur ses activités de producteur. « Netflix n’a pas inventé la SVOD mais a inventé le marketing de la SVOD – et la manière d’en parler (…)
Afin de proposer un service haut de gamme, Netflix est également très attentif à la consommation des œuvres piratées pour savoir quels droits acquérir. Et, il utilise les données sur l’usage de son propre catalogue, via son fameux algorithme, pour savoir quoi produire. Une stratégie au plus près des attentes du consommateur, rendue nécessaire par la féroce compétition du secteur.
Un film ne peut être proposé en streaming avec abonnement que 3 ans après sa sortie en salles ! Un délai qui ne permet pas de faire le poids face au piratage. L’avantage non négligeable des séries télévisées est qu’elles ne sont pas soumises à ces contraintes destinées aux films. Netflix et consorts peuvent ainsi diffuser leurs séries originales quand bon leur semble.
Jusqu’alors, Netflix était à la fois un client et un partenaire pour les studios. Désormais, il est perçu comme un concurrent très dangereux. Mais, en adoptant une logique d’exclusivité, Netflix ne redonne-t-il pas du poids aux studios de cinéma, qui peuvent alors faire monter les enchères autour des primes d’exclusivité ? Les studios ne seraient-ils pas les grands gagnants de cette guerre des séries originales ?

Le théâtre

Aux sketchs à la française, puisant dans l’univers du théâtre et des chansonniers, il a su instiller son sens du rythme et du tutoiement, si cher au stand-up américain.
Jamel Debbouze a popularisé via ses scènes ouvertes une tradition perdue depuis les années 90 : celle des cafés-théâtres, où le rire se voulait collégial . Le stand-up met en lumière la personnalité du comique, que l’on vient écouter parler de sa propre vision de la société. On rit entre femmes, entre bobos, entre jeunes de quartiers populaires. Un humour clivant, mais aussi plus parlant pour bon nombre de spectateurs, qui se retrouvent dans cet art de rire de soi, entre soi. La culture populaire a longtemps préféré un humour plus universel, mêlant au comique de situation, des histoires puisant dans le quotidien de tout un chacun. Quant aux cibles longtemps favorites des humoristes, le pouvoir et les institutions, elles ne craignaient ni l’humour noir ni la provocation. S’ils se rejoignent dans l’irrévérence, ils s’éloignent dans l’interprétation : là où Desproges théâtralisait ses postures de misanthrope, pour éviter toute ambiguïté à son discours, Gaspard Proust puise dans une personnification de l’humour très américaine. Pour faire rire de nos jours, on ne raconte donc plus d’histoires, mais ses propres vérités. On ne s’adresse plus au public, on s’amuse avec lui. C’est ainsi qu’au fil de ces nouveaux spectacles, la trame narrative épouse souvent une réflexion autocentrée où se côtoient, au gré des sketchs, des personnages volubiles, névrosés, toujours entre fiction et réalité. Puiser dans ce qu’il y a de plus intime, une façon pour ces nouveaux comiques de se singulariser. Car là où les humoristes des années 80 et 90 n’étaient qu’une poignée dans les médias, les nouveaux agitateurs du rire français brillent par leur nombre et leur ubiquité. Nul besoin de chercher le rire, il s’invite avec ses gros sabots dans notre quotidien, au petit matin à la radio, en début de soirée à la télévision. Dès la première phrase, l’humoriste doit installer son univers, lançant une course aux bons mots, sur lesquels il sera noté par des jurés. La Palme est attribuée à celui qui aura fait rire le plus grand nombre. Intimidant, non ? Du côté du Comedy Club, pas de notes mais une salle plus petite, entièrement éclairée, au sein de laquelle les humoristes font leur baptême du feu, à la fois sur scène et en prime time sur Canal +. D’autant qu’à la différence de leurs aînés, ces humoristes doivent se plier à de nouveaux éléments de langage imposés. « La bien-pensance médiatique a convaincu certains artistes qu’on ne peut pas rire de tout. Une autocensure se crée, on a le sentiment de devoir sans cesse prendre des gants » . « l’humour ne sert plus à rien, sinon à faire rire », constate Georges Minois, dans son Histoire du rire et de la dérision.
Du déjà-vu pour ne pas cliver. « À la télé, tout est figé. Il faut faire attention à ce que l’on dit, tout en restant drôle et incisif.
Le politiquement correct aura-t-il raison de la liberté d’expression ? Pas certain. Mais Nawell Madani le sait, la prudence est vertu lorsque l’on chahute le politiquement correct. Moi ce qui m’intéresse, c’est d’interroger la norme. On nous a imposé après le 13 novembre une façon de réagir, l’émotion qu’il fallait avoir via les médias et la télévision, affirme-t-elle. J’ai ressenti le besoin de décaler le point de vue et d’aller regarder les choses autrement. Notre métier, c’est aussi de tirer la sonnette d’alarme quand on sent que tout le monde se met à hurler avec les loups. » .
À la question, rit-on des mêmes choses qu’autrefois, la réponse serait ainsi nuancée. Si ces nouveaux comiques confient ne rien s’interdire, ils pratiquent toutefois l’humour corrosif avec moins de légèreté. Coluche y avait répondu en son temps : « Tant qu’on fait rire, ce sont des plaisanteries. Dès que ce n’est plus drôle, ce sont des insultes. » Quand l’art de faire des bons mots rejoint l’intelligence du propos.

La musique, les droits d’auteur, les droits voisins et la protection des œuvres

Une législation s’est forgée au fur et à mesure des évolutions, reconnaissant aux auteurs d’œuvres, puis aux interprètes, aux producteurs (vidéo et audio) et à certains médias (radios, TV) des prérogatives qui les protègent de la contrefaçon et qui leur offrent une rémunération en contrepartie de la diffusion de leur travail. Seront d’abord présentés ici les droits reconnus aux auteurs, puis ceux reconnus au titre de droits voisins, avant d’aborder la question du dépôt des œuvres par les auteurs. Continuer la lecture de « La musique, les droits d’auteur, les droits voisins et la protection des œuvres »