Quels seraient les enjeux d’une formation sur les espaces numériques ? Petit exercice de prospective

Bon, j’ai pas élucubrer dernièrement sur l’intimité, j’ai proposer une définition commentée, le commentaire d’un article sur les espaces  architecturés et un autre autour de la violence et de la construction d’une norme sociale qui parte du corps humain vers le corps social. Et tout cela pour faire quoi ?

Je pense qu’il y a tout un travail à faire, et qui est fait par beaucoup de collègue bien sûr, et probablement mieux que je ne le pourrais moi, sachant que je n’en fais pas le dixième de ce que je propose. Je ne prescrit pas, j’écris une réflexion qui pourrait devenir formation et qui viendrait s’intégrer à ce que je fais sur les traces.

Ce qui serait au coeur de cette formation, ce serait la notion d’espace habité par des humains allant d’un intérieur (intimité) vers un extérieur (sociabilité) et d’en voir les incidences dans le monde du numérique avec toujours la même volonté d’intégrer le numérique dans la réalité sociale, en dehors de toute magie. Si quelqu’un veut s’emparer de cette réflexion, la mettre en place, la transformer, la tordre et en faire ce qu’il en veut et proposer ensuite un résultat, j’en serait très heureux.

Voici ce qui pourrait être le contenu de cette formation, sans réflexion sur la faisabilité de cette formation dans les espaces contraints de nos établissements : coût horaire, concurrence des disciplines, légitimité de l’enseignant et de l’enseignement, absence de dispositif… Mais ça, on le sait tous.

Je n’ai pas non plus réfléchi sur le niveau scolaire ciblé ni sur une progression multi-niveau, ni sur la définition de chaque séance et encore moins sur la pédagogie.

A la rigueur, c’est juste un exercice de style !

Je verrais bien cette formation en 4 temps de formation

  • de l’intérieur vers l’extérieur : du corps humain au corps social
  • les dimensions temporelles des espaces intimes
  • la page de l’à-plat vers la profondeur des données
  • situations et espaces de communication

De l’intérieur vers l’extérieur : du corps humain au corps social

qu’est-ce qu’un espace intime par rapport à un espace social ? L’appartement me semble être la bonne métaphore pour aborder la question, d’abord en travaillant sur une typologie des pièces, sur la présence de l’autre et les interdictions implicites. Il convient alors de discuter sur la nature de cet autre qui est un intime.

C’est la bonne métaphore car cela va nous permettre de travailler de  l’intérieur vers l’extérieur, ce qui me parait aussi un concept important à travailler. On pourra ainsi aborder ces espaces diaphanes qui rendent visibles à celui qui est à l’extérieur ce qui est à l’intérieur et donc le plus proche du corps.

On va aussi pouvoir travailler sur le chemin de l’information dans l’appartement et sur les fonctionnalités que l’on trouve dans l’appartement. Parler de l’information renvoie d’une part à la notion de chemin et d’autre part à celle de média qui nous permettra de réintroduire le travail des sens en entrée (le corps humain s’informe) et en sortie (le corps humain agit et les sens commande les instruments de cette action).

les dimensions temporelles des espaces intimes

à partir de là, il va falloir relier le travail sur l’appartement et la présence en ligne et donc définir les espaces de l’intimité et de la sociabilité dans l’espace numérique. On peut partir d’une présence numérique sur un réseau social et analyser des typologies de communication afin de déterminer ce qui est rendu visible et ne devrait pas l’être : « la personne est-elle nue devant la fenêtre ? »

Il serait ensuite intéressant de travailler sur la dimension temps. Quand je passe devant la fenêtre, c’est un instant, et cet instant est capté par le promeneur de manière fortuite (sauf à penser qu’il veut réitérer un déjà-vu). Hors cette trace d’intimité qui s’inscrit dans un moment fugace et dans une mémoire individuelle particulière se retrouve inscrite dans le temps, accessible à tous, à tout moment (dans le cas bien sûr où la trace est accessible). Ce faisant, on assiste alors à une migration de contexte où le contexte du passage devant la fenêtre se retrouve à vue dans d’autres contextes de publication (phénomène de partage et de ré-éditorialisation) et dans d’autres contextes de réception (publication à venir d’une séance que je fais avec des élèves).

la page de l’à-plat vers la profondeur des données

Ensuite, il me semblerait important de travailler sur l’espace proprement dit. D’abord l’agencement intérieur, puis le cube qui forme l’appartement afin de déterminer les degrés de maitrise et de liberté permis par les espaces dans lesquels les usagers agissent. Cela pourrait, en ce qui nous concerne être une activité en lien avec la webradio. Nous avons un blog auto-hébergé, un blog sous wordpress, un compte soundcloud, un compte twitter et peut être un jour une radio en streaming.

Nous pourrions dans un premier temps travailler sur la page d’une radio hertzienne présente sur le web et identifier les différentes zones et les différents modules (notamment les embed) et les médias présents sur la page et qui propose une circulation. Cela permettrait alors de travailler l’organisation de l’information (à-plat de la page, menu, recherche mots clés – crtl +F sur Firefox).  On pourrait comparer avec plusieurs radios de l’hébergeur radionomy afin de montrer la parenté entre ces différentes radios et ainsi d’aborder la question du format et du thème (maquette).

Ce premier travail permettrait également de travailler sur la notion de page et de comprendre la complexité d’une page numérique par rapport à une page papier. Cela permettrait de travailler aussi sur les outils d’écriture et aborder la notion d’écriture. Nous pourrions également travailler sur le code de la page, et y repérer les différents espaces ainsi mis en avant à l ‘étape précédente.

A partir de là, on pourrait travailler à la création de podcasts et les publier sur les différents espaces dont j’ai parlé précédemment afin de voir le degré de maitrise que l’on a. Comparer donc la publication sur un blog wordpress et la signalisation dans un status twitter. Là c’est à travailler pour montrer la parenté des deux actes mais la différence en terme de possibilité technique.

Nous pourrions aborder alors cette question sous l’angle des fonctionnalités que permet l’espace que l’on a choisi notamment par le biais du lecteur. Complètement transparent et sans maitrise sous twitter et soundcloud, par embarquement sous blog wordpress et en maitrisant en partie le plugin sous wordpress auto-hébergé.

Enfin, je crois qu’il faudrait aller plus loin dans la profondeur et montrer la page comme une maquette qui reçoit de l’information en provenance d’une base de données en travaillant dans un premier temps les différents champs que permet wordpress et ensuite, avec le blog auto-hébergé, d’accéder en live à la base de données et de montrer ainsi la machinerie de la page. Nous serions ainsi passé d’une représentation de la page en deux dimensions à une représentation en trois dimensions. Nous aurions quitté l’à plat de la page pour en montrer la profondeur.

situations et espaces de communication

Enfin dans un dernier temps, revenir sur l’espace comme lieu d’échange et de rencontre entre divers usagers, à différents moments. Il s’agit dans un premier temps de prendre en compte dans la communication, la présence de chacun :

  • la présence dans le lieu où j’écris
  • la présence dans le lieu où est reçu ce que j’écris, dans les différents moments possibles de l’existence de chacun des présents possibles : maintenant, aujourd’hui, demain, dans 10 ans, à ma mort, ce qui nous permet de revenir sur la notion de contexte déjà abordée plus haut.
  • la présence sur le serveur de la base de données vu comme un espace essentiellement juridique

Je pense que l’on pourrait intégrer le travail que je fais à cet endroit, sur les traces que chacun laisse dans les espaces où il est présent, de leur archivage ainsi que de l’archivage des contextes de communications (metadonnées)

on pourrait alors aborder également la communication sociable comme un processus de mise en situation. Je crois beaucoup aussi à une éducation des situations de communications, chose que nous ne faisons que peu, je crois et notamment autour de la question de la proximité à l’autre, dans le numérique. Resterait à créer cette grammaire des situations, de la recherche d’information classique à l’interaction la plus intime et je crois que l’on ne devrait pas occulter tout ce qui tourne autour du porno et de l’impact fort qu’il a sur notre société. Un exemple, vous connaissiez, il y a deux ans, le mot cougar appliqué à une femme qui a des relations sexuelles avec un jeune homme. Il est partout aujourd’hui. Pourquoi ?

Il s’agirait aussi de montrer que cette communication est de nature interactionnelle (un, deux, trois), ce qui permettrait de voir qu’il s’agit d’abord d’une conversation de lieu à lieu, de pages à pages, et non une conversation que l’on connait en analogique d’humain à humain. Cela permettrait alors de faire une conclusion sur ce qui change entre analogique et numérique et donc ce qui se cache derrière les métaphores connues.

Pour une pédagogie de la déconstruction des espaces numériques et pour la définition de ce qu’est un espace dans lequel humain vit et échange.

On peut toujours réfléchir, n’est-ce pas ! Et comme dit l’autre, attention aux usines à gaz !

Le smartphone et ses applications

Depuis bientôt dix ans, les smartphones nous pistent, renseignent, décident, et géolocalisent à chaque instant
Aux applications de trouver, mais aussi de choisir pour eux.
Nos pensées sont formulées d’avance et nos raisonnements dans le même temps sont pré-formatés de penser en formule. À savoir, faire en sorte que l’idée glanée sur Google puisse entrer dans une formulation à reformuler.
Ajoutons à cela une difficulté exponentielle liée aux capacités de construction de phrases structurées à partir de raisonnements personnels et authentiques. En effet, penser, formuler une idée à l’écrit et l’exprimer à l’oral devient un supplice douloureux pour les amoureux des formules.
À force de raisonner en applications toutes faites, les individus ont du mal à formuler leurs pensées, à les écrire à partir de phrases simples et encore plus à les exprimer à l’oral pour structurer leurs actions.
Les prochaines étapes de réflexion pour les marques et les grands annonceurs sont l’emploi des moteurs sémantiques de construction d’idées toutes faites pour lancer des produits sur Internet et marquer les esprits.
Reprendre des idées et les injecter sur les réseaux sociaux, c’est à la portée de chacun, mais créer un mode de raisonnement, écrire et exprimer un argument c’est plus complexe.
Penser à partir de grandes théories philosophiques ou sociétales émises par les penseurs du XXIe siècle, c’est ce qui manque cruellement.

Le façonnage du Web de demain

Ce qui a changé, c’est le nombre de contenus et services disponibles, ceci a entrainé un chute dramatique du niveau d’attention des internautes (en moyenne 7 secondes, soit moins qu’un poisson rouge). Ces derniers ne sont réceptifs qu’à travers des laps de temps très courts (notamment les “mobile moments” théorisés par Google).

Ils ne sont qu’une interface (ou un canal) supplémentaire, au même titre que le téléphone, l’email, le web…

Les chatbots ne sont qu’une interface, la partie visible de l’iceberg, l’important se passe sous le niveau de la mer.

L’attention est aujourd’hui la ressource la plus précieuse. En synthèse : Facebook s’est imposé sur le haut du tunnel d’achat (TOFU) auprès des internautes flâneurs en quête d’inspiration, Google s’est imposé sur le milieu du tunnel d’achat (MOFU) auprès des intentionnistes qui cherchent des réponses à leurs questions (ou des produits correspondant à leurs besoins) . Tandis qu’Amazon s’est imposé sur le bas du tunnel (BOFU) avec une authentique machine de guerre marchande (dont nous ne voyons qu’une toute petite partie en France) .lLe seul moyen de ne pas subir la suprématie de ces plateformes est de les contourner.
Anticiper les besoins des utilisateurs en leur proposant de façon pro-active un contenu, service ou produit (si la proposition est correctement ciblée, il n’y a pas de mise en concurrence). Le marketing prédictif est une discipline très en vogue, mais qui nécessite de grandes quantités de données, une maitrise de technologies comme le machine learning et un accès direct aux utilisateurs.
Créer du temps supplémentaire pour les utilisateurs, c’est-à-dire augmenter la plage d’exposition aux contenus et services en ligne. Les enceintes connectées d’Amazon et de Google répondent spécifiquement à cet objectif : garder le contact avec les consommateurs quand ils ne sont pas devant leur ordinateur ou leur smartphone
dans cette histoire ne sont pas les enceintes ou gadgets connectés, un marché anecdotique, mais les assistants personnels qui les exploitent .
Dans cette optique, le prochain marché à conquérir sera celui des automobilistes. Grâce aux assistants personnels (Siri, Assistant, Cortana, Alexa), il est possible d’étendre la plage de connexion des utilisateurs de 1 à 2 heures par jour, une manne publicitaire, commerciale, relationnelle…
les chatbots ne sont qu’une première étape, un point de passage pour faire monter en puissance les intelligences artificielles. Le web est passé par différents stades d’évolution des grands portails (Yahoo, MS?, AOL…) des grandes plateformes (notamment Facebook)
un moteur de recherche (Google) comportements très volatiles chez les internautes
zappent d’un support à un autre consomment des quantités astronomiques de contenus à travers des flux qui ne se tarissent jamais connectés à toujours plus de services qui vivent dans le cloud.
Augmenter la surface d’exposition, c’est à dire rendre vos contenus, services et offres disponibles sur le plus de points de contact numériques possible est le meilleur moyen de maximiser vos chances de recruter et transformer des internautes. Cette logique de web “ambiant”, un quotidien où les utilisateurs sont exposés en permanence à une infinité de contenus et services en ligne, à travers différents terminaux et interfaces.