Titre énigmatique, « la rive est là » signifie pour moi que le gué est bientôt franchit. il a duré deux ans. La première année, ce fut une promenade de santé, une longue année de vacances dont j’avais certainement besoin. Cette année-ci fut beaucoup plus sportive. Le texte qui suit a été écrit en deux fois, en mars et en juin 2015. Au moment des voeux de mutation et d’affectation, c’est à dire à un moment de grande incertitude personnelle et professionnelle. Il n’est que l’expression d’un moment.

J’ai longtemps hésité à publier ce texte. D’abord parce que je ne suis pas sûr de reconnaitre cet auteur qui l’a écrit. Cette deuxième année a en effet sacrément abrasée et décapée qui je suis. Ensuite c’est un texte intime. Jusqu’où doit-on verser dans la mise en scène de soi et de ses affres ? Qui cela intéresse-t-il à part moi et quelques proches de savoir qui je suis ? Enfin il y a certaines choses avec lesquelles je ne suis plus d’accord, notamment la réforme du collège à laquelle j’ai fini de croire : on n’a pas besoin de prescriptions « collaborez, je vous l’ordonne », on a besoin de cohérence et de clarté.

Ce texte a été écrit au milieu du gué, alors que finalement je n’avais de l’eau qu’aux chevilles. Aujourd’hui, au bout de cette année, en apnée totale, je sors enfin la tête de l’eau. Je vois la rive. Si je l’atteins comme je le crois alors je sortirai mouillé, indemne… et raccommodé.