Lu cette semaine (weekly)

  • tags: théorie des communs réciprocité réciprocité positive réciprocité négative réciprocité symétrique autorité collectif

    • D’un autre côté, le commun est une réciprocité collective, c’est-à-dire une structure de réciprocité particulière de tous pour tous, puisque : « On en tirera ici cette conséquence que le terme de “commun” est particulièrement apte à désigner le principe politique d’une co-obligation pour tous ceux qui sont engagés dans une même activité »[22].
    • D’un côté, le commun apparaît comme réciprocité, et à ce titre possède tous ses caractères : il est une pratique qui engendre une autorité sous forme d’une charge ou d’un statut social ou une responsabilité politique.
    • « Le terme qui désigne la réciprocité “mutuum”, est d’ailleurs dérivé de “munus”. Mais le “munus” n’est pas pour autant réductible à une exigence formelle de réciprocité. Sa singularité réside dans le caractère collectif et souvent politique de la charge ré-munérée (au sens étymologique du verbe remuneror, qui veut dire offrir en retour un présent ou récompenser).
    • Notre liberté naît en effet du respect, de sorte que la liberté de chacun commence où commence celle d’autrui.
    • Cette réciprocité, que nous disons symétrique, de quoi est-elle plus précisément la matrice ? Cette “ bonne distance sociale”, comme disent les anthropologues, est la matrice du respect, c’est-à-dire d’un “Tiers” commun qui ne se manifeste par aucun imaginaire ni pouvoir
    • Nous introduisons ici le terme de réciprocité symétrique comme la matrice des valeurs éthiques pures : la responsabilité, la confiance, la justice, l’amitié, ces valeurs menacées dans l’imaginaire du prestige ou de l’honneur de se transformer en pouvoir.
    • Quelle que soit la structure considérée et la valeur produite, lorsque celle-ci naît d’une relation de réciprocité symétrique et non plus positive ou négative, elle se développe comme un sentiment objectif.
    • La valeur produite s’affranchit de l’imaginaire de la réciprocité positive (le prestige) et de l’imaginaire de la réciprocité négative (l’honneur)
    • La bienveillance n’efface pas la violence. Elle la domestique, en quelque sorte, en l’introduisant dans son propre devenir de façon dialectique. Et celui qui donnera plus obligera ceux qui donneront moins. Cette différence se traduit en autorité[17]
    • Le moteur de la production reste le savoir-faire et le travail personnel. La générosité est dictée par le souci d’être le plus grand donateur, mais incite autrui à une compétition qui n’est pas sans rappeler la concurrence, bien qu’en réalité elle s’inspire de la réciprocité négative[16]
    • au fur et à mesure qu’elle intègre plus de monde, impose d’investir davantage pour assurer une redistribution plus grande.
    • Ces propriétés reviendraient à la communauté villageoise seulement si la famille disparaissait. Peut-on définir une propriété de façon plus forte ?
    • William Carter et Mauricio Mamani utilisent le terme occidental d’usufruit pour dire la propriété du jeune couple.
    • désigner non seulement ce qui est “mis en commun”, mais aussi et surtout ceux qui ont des “charges en commun”.
    • si le don se convertit en redistribution pour le plus grand nombre, l’autorité morale du plus grand donateur devient celle du représentant politique de la communauté
    • la valeur produite par la réciprocité, le Tiers, est d’abord une force morale, comme dit Mauss : la valeur créée par la relation de réciprocité est une puissance d’investissement de nature éthique.
    • L’idée que le commun signifie à la fois donner (la charge) et une valeur éthique (une responsabilité) mérite d’être explicitée.
    • Le don engendre le prestige, et le contre don apparaît comme récompense qui fait obligation à son bénéficiaire de reproduire la réciprocité pour garder son rang, ce qui devient la charge.
    • Il s’ensuit une dynamique orientée dans la circularité des dons : sans doute l’origine de la primauté, que remarque Aristote, de celui qui donne sur celui qui reçoit.
    • par sa racine, il renvoie à un type particulier de prestations et de contre-prestations qui concernent des honneurs et des avantages attachés à des charges »
    • le terme latin “munus” appartient dans les langues indoeuropéennes au vaste registre anthropologique du don, tout en désignant un phénomène social spécifique
    • Comment s’effectue le passage entre la réciprocité donnée par la nature dans la communauté d’origine, la communauté de parenté, et la réciprocité voulue par la raison pour créer la cité ?
  • tags: aristote théorie des communs individu réciprocité responsabilité

    • Et l’on est ainsi conduit au débat entre les citoyens qui fondent l’État, au rôle de la transmission des valeurs acquises telles que l’amitié, la responsabilité, la confiance, par l’enseignement et l’éducation, mais sans oublier la définition du citoyen à partir de l’entraide réciproque qui caractérise la koinonia, la communauté de l’oikos, la maisonnée, où tout est commun et qu’Aristote reconnaît comme la structure de réciprocité originelle
    • Nous avons insisté sur le fait que la parité des citoyens était scellée par la philia, qui procédait elle-même d’une réciprocité inaugurale de toute vie sociale, le commun de la parenté.
    • Aucun sentiment créé par la réciprocité ne pourrait fonder la cité sans la raison éthique qui permet de limiter l’imaginaire ou la démesure du pouvoir de chacun.
    • le commun doit être interprété comme la relation collective qui permet d’instituer des règles de vie qui améliorent les conditions d’existence de tous.
    • L’individu est désormais sensé revendiquer la propriété des moyens qui lui sont nécessaires pour exercer la responsabilité qui lui incombe vis-à-vis d’autrui
    • la matrice de l’individuation et de la responsabilité qui trouve son origine dans la filiation
    • la matrice de la philia, l’alliance ou le commun
    • La relation réciproque est en réalité, dès l’origine, double
    • Ici on voit poindre l’idée que le commun ne suffit pas à épuiser le sens de la réciprocité.
    • La structure sociale du marché qui fait intervenir la production individuelle, l’échange de réciprocité et la consommation individuelle, échappe à la définition du commun
    • tout le monde met en commun ses réflexions pour définir les objectifs essentiels de la cité.
    • C’est à ce stade que Pierre Dardot et Christian Laval situent leur conception du commun qui n’est pas seulement de mettre en commun des forces productives pour une consommation partagée mais la procédure de fondation de la cité : la démocratie. Le commun est au fond synonyme de délibération, et celle-ci de démocratie politique.
    • le sentiment individuel du tiers intermédiaire entre deux protagonistes d’une relation de réciprocité ternaire généralisée, qui reçoit de l’un et qui donne à l’autre et redonne au premier de ce qu’il reçoit du second, est le siège du sentiment de justice ou plus exactement d’un sentiment de responsabilité qui se transforme en sentiment de justice.
    • ce Tiers est toujours le juste milieu entre deux contre-valeurs opposées, le juste milieu entre les contraires,
    • le produit d’une relation de réciprocité simple (le face-à-face, par exemple) est un Tiers commun, l’amitié, incommensurable (“inappropriable” diraient Dardot et Laval) parce qu’on ne peut en prendre la mesure pour en faire une norme.
    • C’est, précise-t-il, à partir de la genèse du sentiment de justice que l’on peut découvrir que la matrice de toutes les valeurs éthiques est la réciprocité
    • Le partage est donc déjà ternaire et produit non plus le sentiment de fraternité entre pairs mais le sentiment de responsabilité des uns pour les autres ainsi que le sentiment de justice.
    • chacun doit faire face à tous mais reçoit des uns et redonne aux autres.
    • la genèse du commun à partir de relations réciproques précises : la metadosis, le partage. Le partage est une structure de réciprocité intermédiaire entre le face-à-face collectif (la communion de la maisonnée) et la structure ternaire généralisée (le marché)
    • On en déduit donc que ce sont bien les pratiques de réciprocité qui engendrent le sentiment de responsabilité, comme celui de l’amitié.
    • l’activité humaine est toujours co-activité et co-obligation, co-opération et réciprocité »
    • Et c’est à partir de leurs pratiques que l’on peut rendre compte du mouvement même des sociétés pour autant que, comme Marx l’a souligné, la société est le “produit de l’action réciproque des hommes”.
    • on posera ici que ce sont les pratiques qui font des hommes ce qu’ils sont.
    • Il plaide, par contre, en faveur de la responsabilité et de la générosité des uns vis-à-vis des autres
    • la propriété privée capitaliste, la propriété privatrice du droit d’autrui.
    • respecter cette série de causes et d’effets : réciprocité –> amitié –> propriété particulière –> générosité.
    • on doit se souvenir que la philia est elle-même engendrée par la réciprocité
    • Si Aristote approuve la propriété individuelle, c’est dans la mesure où elle est ordonnée à l’usage commun de ceux qui sont unis entre eux par l’amitié (philia), comme l’ont souligné Pierre Dardot et Christian Laval.
    • si la distinction entre la propriété et l’usage est théoriquement féconde, comme nous aurons l’occasion de nous en convaincre tout au long de l’ouvrage, la réalité de l’usage commun des biens privés est remise à la seule “vertu” qui résulte de la législation et de l’éducation »
    • Sa principale limite, qu’il ne saurait être question de méconnaître, est de préconiser la propriété privée des biens sous la condition que ce qui est possédé privativement relève de l’usage commun
    • la pratique de mise en commun la condition même de tout commun, dans ses dimensions affectives et normatives.
    • « L’institution du commun (koinôn) est l’effet d’une “mise en commun” qui suppose toujours une réciprocité entre ceux qui prennent part à une activité ou partagent un mode d’existence. Ce qui est vrai d’une petite communauté d’amis visant une fin commune l’est également, à une autre échelle, de la cité qui est orientée vers le “bien souverain”.
    • L’abus à Rome consistait à retirer de la propriété communautaire un bien et à l’aliéner dans le commerce et l’échange, le contraire donc de l’abusus bourgeois qui consiste à séparer un bien du domaine de l’échange et le destiner à une consommation hors du marché
    • C’est la valeur produite par cette communauté que doit exprimer le dominus.
    • Et que signifie maison ? La première institution sociale de l’humanité issue de la relation exogamique entre deux familles biologiques.
    • Le maître se situe à l’extérieur de l’emprise de la loi puisqu’il est toujours en situation de pouvoir la modifier ou de s’en exempter. Soit ! Mais tient-il son pouvoir de lui-même ?
    • On sait que le dominium renvoie à domus, la maison, et que celle-ci conduit à dominus : le maître de la maison, autrement dit à la souveraineté.
    • Cela s’entend si l’on veut marquer que le dominium et la propriété privée sont des droits absolus. Marx lui-même appelle le dominium “propriété privée patriarcale”.
    • Par “politique”, nous entendons cette activité de délibération par laquelle les hommes s’efforcent de déterminer ensemble le juste, ainsi que la décision et l’action qui procèdent de cette activité collective »
    • Les conclusions de l’épisode sont de deux ordres. Il confirme qu’une image narrative est une ellipse qui perd toute signification en l’absence du récit qui la sous-tend.
    • Mais la discussion d’une image énigmatique aura exposé pendant une bonne partie de la journée un public de gauche à une opinion de droite – opinion qui sera restée pour beaucoup incompréhensible, témoignant de la complexité des réseaux signifiants à l’œuvre derrière les identités politiques
  • tags: base de données des émotions capitalisme affectif émotion reconnaissance faciale

    • Quelque chose permettant d’assurer le lien, le passage entre le séquençage, la mise en index de nos comportements et des différents objets connectés. Ce quelque chose c’est la base de donnée des … émotions.
    • L’analyse des « émotions » c’est celle d’algorithmes qui après s’être entraînés à la reconnaissance d’images (et ils ont encore un peu de mal même si les progrès de ces dernières années sont hallucinants) se spécialisent désormais dans la reconnaissance faciale pour être capables de détecter et de reconnaître si nous sommes tristes, embarrassés, heureux, gênés, etc. Et aussi naturellement pour tout un tas d’applications pas très humanistes de vidéo-surveillance.
    • , je vous renvoie à l’extension pour le navigateur Chrome qu’un développeur a mis en libre accès et qui permet de « voir » les informations extraites par Facebook de la moindre des photos déposées sur son résea
      • En quoi ces « émotions » peuvent permettre d’être le chaînon manquant entre :

         

         
      • « nous » (nos comportements, nos actions),
      •  

      • la multiplicité de terminaux connectés à notre disposition (ordinateurs, tablettes, smartphones mais aussi « objets » connectés et capteurs passifs)
      •  

      • et les interfaces que nous utiliserons le plus demain (c’est à dire principalement les interfaces vocales) ?
  • La réponse à cette question est la suivante : dans les interactions homme-machine qui domineront demain nos vies connectées, ce sont les « émotions » qui seront les mieux à même d’apporter les éléments contextuels nécessaires à la compréhension fine de nos requêtes et de nos (inter)actions.
  • Mais le fait est que sans compréhension du « contexte », les algorithmes, quels qu’ils soient, ne peuvent nous apporter que des réponses « impersonnelles » (= non personnalisées) et ça c’est pas bon pour le modèle économique des grandes firmes
  • La capacité de comprendre le contexte est donc l’élément clé qui permet de faire tourner la régie publicitaire.
  • Car si le web actuel s’est bâti sur une économie de l’attention, chacun a compris la corrélation directe existant entre « l’attention portée » et « l’émotion suscitée ».
  • partage le plus, sont ceux qui disposent du plus fort capital émotionnel
  • Il existe même une « hiérarchie » émotionnelle et l’on sait, par exemple, que « la colère est beaucoup plus influente que les autres émotions comme la joie ou la tristesse« .
  • La nouveauté vient, d’une part, de la quantification fine desdites émotions et, d’autre part, de l’échelle littéralement « industrielle » à laquelle il est possible de les instrumentaliser sur des niveaux de prédictibilité plus ou moins discutables.
  • celui du brevet déposé par Apple en janvier 2014 censé permettre de diffuser des publicités contextuelles en fonction de l’humeur de l’utilisateur :
  • « Selon le brevet, les critères pour la définir peuvent reposer sur la collecte de diverses informations, comme la pression sanguine, le rythme respiratoire, la température du corps, mais aussi des schémas de comportement selon les contenus et applications utilisées, qui peuvent donner une idée de l’état d’esprit
  • Ces éléments peuvent servir à définir des profils (« plutôt heureux », « plutôt triste », etc) à partir desquels des publicités choisies peuvent être proposées, en plus d’autres types de données personnelles plus classiques (âge, sexe, localisation…).« 
  • « Les caractéristiques associées à l’humeur peuvent être physiques, comportementales ou spatio-temporelles.
  • Par exemple, le rythme cardiaque, la pression sanguine, le niveau d’adrénaline, la fréquence respiratoire, la température corporelle et les expressions vocales peuvent être utilisés pour déterminer l’humeur d’un utilisateur.
  • Les données spatio-temporelles sont utilisées pour inférer certains types d’humeurs à partir de caractéristiques types de certaines humeurs déjà enregistrées.
  • Dans certains cas, l’humeur est jugée par une caméra qui, lorsqu’elle est couplée à un logiciel de reconnaissance faciale, peut mesurer les expressions faciales.
  • En fin de processus, une base de donnée contenant l’ensemble des informations sur le profil d’un utilisateur est automatiquement mise à jour en fonction d’un ensemble de règles définies soit par l’utilisateur soit par le système. Certains éléments du profil peuvent être revus en fonction des besoins nécessaires aux algorithmes d’apprentissage (« learning algorithms ») qui vont puiser dans des données externes comme par exemple le compte iTunes.
  • Les émotions sont un peu à la reconnaissance faciale en particulier (et à la reconnaissance d’image en général), ce que les entités nommées sont à la linguistique de corpus et au TAL (traitement automatique des langues).
  • « Une base de donnée de émotions d’environ 4,7 millions de visages analysés et de 50 milliards de points émotionnels enregistrés. » C’est énorme
  • Enorme et ridicule à la fois si l’on songe que Facebook dispose de son côté de 1,5 milliards de profils avec pour chacun d’entre eux des centaines de photos associées. Imaginez deux minutes que la techno d’Affectiva se mette à tourner sur Facebook, et cette base de donnée déjà gigantesque de 4,7 millions de visages prendrait alors des allures … dantesques
  • Et que ce sera le paradis puisqu’on pourra « optimiser l’engagement » pour réaliser des publicités plus efficaces (sic), des bandes-annonces plus percutantes (sic),
  • Le premier âge, c’est donc celui d’une complémentarité entre l’homme et la machine.
  • Le deuxième âge, ce n’est donc plus celui de la complémentarité homme-machine, mais celui d’une substitution.
  • mais d’une forme inédite de dépendance, et donc de domination émotionnelle
  • L’informatique affective n’a pas pour objet de comprendre nos émotions. La compréhension de nos émotions n’est qu’un moyen au service d’un objectif premier qui consiste à nous proposer des réponses émotionnelles pré-construites. La réponse avant la question, une fois de plus
  • Alors demain, lorsque moteurs, programmes, terminaux, algorithmes et interfaces sentiront, non plus seulement les « sentiments du monde » mais chacune de nos propres émotions, qu’arrivera-t-il s’ils comprennent et répondent mal à la peur, à la souffrance, à la surprise, à la joie, à la tristesse ? S’ils nous proposent de mauvaises réponses émotionnelles ? 
  • tags: pensée critique critical thinking

  • tags: drogue effet

    • « la causalité est complexe, mais ce qui est clair, c’est qu’elle va dans les deux sens : les drogues «répondent» aux questions culturelles et permettent à des cultures d’être créées autour d’elles. »
    • , les choses ne sont pas aussi simples qu’une drogue par génération.
    • A différentes populations, différents psychotropes.
    • notre structure neurologique. Mais cette fois, en 2016, David Nutt et son équipe ont utilisé toute la technologie disponible comme l’IRM ou la magnétoencéphalographie pour étudier le cerveau des patients sous trip.
    • Première constatation, le comportement du cortex visuel change : ce dernier communique beaucoup plus que d’habitude avec les autres parties du cerveau, ce qui peut expliquer le côté hallucinogène du LSD. 
    • Ensuite, et c’est le plus intéressant : les sujets, nous dit Inverse semblent posséder un « cerveau intégré et unifié » similaire « à la nature hyper-émotionnelle et imaginative de l’esprit d’un enfant ». C’est précisément cet aspect qui permet l’usage du LSD en psychothérapie, plus que ses effets hallucinogènes (très exagérés de toute façon).
    • s le voyage psychédélique n’est pas toujours une promenade d’agrément. Le « bad trip », un événement cauchemardesque et angoissant, est toujours à l’affût.
    • 5 participants auraient développé des tendances dépressives, voire suicidaires, durant leur « voyage », mais six autres auraient affirmé que leur propension à l’anxiété et à la dépression aurait disparu suite à cette terrible expérience.
  • tags: facebook algorithme source évaluation de l’information infotainment média social

    • The company uses a mix of secret-sauce algorithms to choose which pieces of news you see.
    • Some items are displayed based on what you’ve responded to before. For example, if you always like or reply to news from Trevor but ignore news from Mike, you’re going to see more Trevor and less Mike.
    • Given that Facebook’s main goal is to serve you ads and get you to buy things, their number-one priority is keeping you glued to your feed.
    • If you see a bunch of things you hate in your feed, you’re going to stop looking at it and take your clicks elsewhere.
    • Common sense dictates that Facebook should avoid showing you news that will upset you or make you angry
    • Sure enough, the people fed positive news responded with more indicators of happiness.
    • To the extent that people at Facebook believe their own data analysis, they know that the news feed affects people’s emotions and shapes their perceptions of the world. Their business depends on it.
    • Facebook’s big innovation was the discovery that it could sell ads against people’s friendship networks.
    • We consume each other’s posts on Facebook the same way we consume new episodes of Mr. Robot and with the same result. Our eyeballs translate into ratings, which translate into ad dollars.
    • This courting intensified with the creation of the Facebook Instant service in 2015, which allows media companies to publish stories directly on Facebook and share ad revenues.
    • Your news feed would not discriminate between stuff your friends passed along and news sources.
    • This rule had one exception. To the right of the news feed on your default Facebook page is the « trending » module.
    • For a while, Facebook had a team of human editors who curated trending news from a long list of reputable sources.
    •  Facebook fired them and set up an algorithm to take their places.
    • With no human checks on it, that algorithm immediately started posting fake news.
    • Facebook’s algorithms are great at keeping people glued to their screens, but they are terrible at distinguishing real news from fake
  • tags: facebook algorithme source évaluation de l’information éducation aux média consommation infotainment

    • Ces pratiques de publication de faux articles sont donc plus répandues que nous ne le pensons. 
    • Le problème n’est pas l’existence de faux sites d’information, mais le relais de leurs articles à grande échelle.
    • En clair : Facebook est-il un média (qui diffuse de l’information) ou une plateforme sociale (qui héberge des contenus) ? 
    • Cette posture les arrange, car comme ça ils n’ont pas à subir les contraintes des médias (responsabilité du directeur de la publication en cas de diffamation…),
    • mais bénéficient quand même d’une très large audience qu’ils peuvent monétiser auprès des annonceurs.
    • Mais ça serait oublier que depuis 2 ans ils travaillent très dur pour faire de Facebook la première source d’information, notamment en draguant les éditeurs de sites d’informations pour héberger leurs articles grâce à la fonction Instant Articles.
    • Les choses se sont accélérées cet été avec le scandale du bloc « Trending News » : une petite équipe de modérateurs humains étaient en charge de la modération des actualités
    • Certains observateurs se sont rendu compte que cette équipe ne relayait que très peu d’articles sur les candidats républicains (et Trump en particulier), ils s’en sont plaint et l’équipe a été remplacée par un algorithme
    • Vous noterez que cela s’applique également à Twitter où le bloc « Trending topics » peut être facilement détourné en mettant à contribution un certain nombre de personnes pendant un court laps de temps, mais il se trouve que c’est à Facebook qu’on le reproche, car la portée est plus grande.
    • La solution serait de réglementer les publications sur Facebook en supprimant celles qui sont jugées fausses. Le problème est que c’est un jeu dangereux, car la frontière avec une forme de censure est très fine.
    • Idéalement, il serait plus simple de scinder en deux le news feed avec d’un côté ce qui relève du divertissement, et de l’autre les actualités plus sérieuses, mais ça voudrait dire diminuer la puissance de Facebook, donc ses revenus.
    • En fait, quand on y réfléchit bien, on se dit qu’au départ, l’idée de mélanger actualités sérieuses, contenus divertissants et partages de vos proches, le tout en respectant l’étique et la rigueur journalistique est une promesse impossible à tenir.
    • es équipes de Facebook ne décident pas de ce qui va être publié sur votre fil d’actus, ils ne l’ont jamais fait.
    • Le filtrage des publications sur le news feed est régit par un ensemble de règles qui reposent sur les choix des utilisateurs eux-mêmes (les articles qu’ils ont aimés ou relayés précédemment).
    • Et si le vrai coupable dans cette histoire était tout simplement l’infobésité ?
    • Il faut dire que les internautes sont maintenant exposés à un nombre ahurissant de sources et à une somme toujours plus importante d’unités d’information
    • Le vrai problème est que les internautes ont une attention limitée, ils privilégient donc les sources d’informations qui leur apportent le plus de satisfaction avec un minimum d’effort
    • Puisque les utilisateurs peuvent avoir tout ça auprès d’une source unique, gratuite, qui tient dans la poche (leur smartphone) et qu’en plus ils peuvent retrouver dessus leurs amis d’enfance et avoir des nouvelles du petit cousin, alors pourquoi continuer à payer un abonnement pour un journal papier qui déblatère toujours les mêmes histoires (les réactions aux réactions des politiques) et des journalistes qui ne savent même plus anticiper les résultats des élections ?
    • Avec ce raisonnement, on se retrouve avec l’outil de communication le plus puissant de l’histoire de l’humanité, mais sans aucun mode d’emploi ou précaution d’utilisation.
    • un outil numérique (Facebook) qui remplace un support analogique (les journaux papier) avec des utilisateurs qui ne changent pas leurs habitudes (« je me nourris tous les jours avec de l’info« ) et ne savent pas prendre un minimum de recul (« si c’est écrit, c’est que c’est vrai« ).
    • Au final, la seule véritable solution durable à ce problème de faux articles serait d’éduquer les utilisateurs
    • vérifier la source (l’origine de la publication)
    • ne pas se laisser influencer (vérifier celui ou celle qui relaie)
    • ne pas relayer sans avoir lu ou vérifié…
    • Et n’oubliez pas que le premier filtre, c’est vous, pas un algorithme auto-apprenant conçu à l’autre bout du monde.
    • Conclusion : le média idéal n’existe pas. Vous pouvez faire confiance à Facebook pour vous divertir (de même qu’à Instagram ou Youtube), mais vous ne pouvez pas leur faire confiance pour vous informer ou vous instruire (c’est le pré carré des professionnels de l’information).
    • Vous pouvez télécharger l’ensemble de ce billet en cliquant ICI. (PDF) Il contient des schémas qui ne sont pas présents dans le billet publié.
    • les actes et les outils
    • la pensée en action dans une CRP est un réseau de conduites et de dispositions qui s’entremèlent, qui se supersposent.
    • Les outils que nous utilisons dans une CRP nous plongent régulièrement dans ce rapport parties/tout. Ainsi, évaluer une raison (partie) est un acte qui consiste à réfléchir sur l’acte de réfléchir (tout), mais réfléchir sur l’acte de réfléchir (tout) va bien au-delà de cet acte (pour y arriver, on peut être en train d’évaluer la valeur d’un exemple, d’un contre-exemple, de la façon dont on s’y prend pour rechercher, etc. : parties).
    • La vie de la pensée dans une CRP est un vaste réseau de relations entre différentes conduites
    • Regardons d’un peu plus près quelques-unes de ces conduites
    • Chercher un exemple consiste à trouver un cas particulier qui pourrait illustrer une règle, une loi, un principe.
    • Un bon exemple sera celui qui montrera le mieux ce dont il est question.
    • Par ailleurs, chercher un contre-exemple consiste à identifier un cas qui remet en cause une généralisation ou qui contredit un argument. Le contre-exemple est un bon outil pour défaire une généralisation hâtive; ou pour nuancer un propos
    • Il aide à voir que l’universalité, si désirée par certains, n’est guère facile à trouver.
    • Le raisonnement de classe est l’un des plus importants de l’univers de la pensée. Nous disons souvent du raisonnement de classe qu’il correspond à l’habileté à organiser l’information.
    • Une classe est une catégorie générale dans laquelle nous insérons des éléments divers qui présentent des points communs entre eux.
    • La classification est intimement liée aux critères, en ce sens que pour classifier, nous utilisons généralement des critères.
  • Posted from Diigo. The rest of my favorite links are here.

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    Lu cette semaine (weekly)

    • tags: collecte données personnelles modèle économique technologie cookie navigateur adresse IP publicité contextuelle objets connectés

    • tags: anonymat tor ultrason publicité tracking

      • Les annonceurs cachent dans leurs publicités des ultrasons. Quand la publicité est diffusée sur une télévision, sur une radio ou en ligne, elle émet des ultrasons pouvant être captés à proximité par les micros des ordinateurs ou des smartphones. Ces terminaux peuvent ensuite interpréter les instructions cachées des ultrasons via une application. En général, elles demandent d’effectuer un ping vers le serveur de l’annonceur. Objectif de ce dernier avec l’uXDT : connaître les liens d’une personne avec l’ensemble de ses terminaux et proposer de la publicité ciblée.
      • Première étape de l’attaque, amener l’utilisateur du réseau Tor vers une page web contenant des publicités émettant des ultrasons ou une page web intégrant un code JavaScript caché qui force le navigateur à émettre des ultrasons via l’API Audio HTML5.
      • Si un smartphone est à proximité et qu’il dispose d’applications supportant uXDT, une agence gouvernementale ou un Etat pourrait assigner une liste d’annonceurs à fournir les détails sur les utilisateurs.
      • Et les tests réalisés par l’équipe de Vasilios Mavroudis sont concluants. En analysant le trafic émis par les ultrasons vers le smartphone, elle a pu découvrir l’adresse IP réelle de l’utilisateur, les coordonnées de géolocalisation, le numéro de téléphone, l’ID d’Android, le code IMEI et l’adresse MAC du PC.
    • tags: parole capitalisme linguistique droit oralité preuve enregistrement frontière privé public assistant personnel

    • tags: réussite scolaire classe sociale différenciation réflexivité apprentissage langage fonction de l’école sociologie

      • ces deux sociologues font le constat d’une corrélation entre l’origine sociale d’une part et l’orientation scolaire d’autre part, et montrent que l’école joue un rôle de légitimation et de reproduction des inégalités sociales.
      • Bourdieu et Passeron montrent que l’école, reproduisant le modèle culturel des catégories sociales favorisées, sanctionne ce qui est culturellement légitime et sélectionne ceux qui sont capables de se l’approprier.
      • qu’est-ce donc que ces élèves qui échouent à l’école n’arrivent pas à faire ?
      • Echouer à l’école, c’est avoir des mauvaises notes, redoubler une ou plusieurs classes, avoir un parcours scolaire davantage subi (en obtenant des orientations non désirées) que voulu, ou simplement un parcours scolaire socialement dévalorisé (en faisant des études techniques ou professionnelles ou en allant à l’université plutôt que dans une grande école).
      • C’est ne pas obtenir son diplôme, ou obtenir un diplôme peu valorisé.
      • C’est se trouver dans une position à la fois socialement peu légitime et économiquement difficile, dans une société où l’accès aux emplois et le niveau de revenu dépendent étroitement du diplôme.
      • l’échec scolaire est à la fois une notion relative (un parcours scolaire est plus ou moins réussi ou raté)
      • relationnelle (l’échec est décrit en référence à ce que serait la réussite).
      • L’échec scolaire est donc un « problème social » qui se développe à partir des années 1960, dans un contexte de massification de la scolarité secondaire, présentée comme une « démocratisation » (son ouverture aux enfants des classes populaires).
      • Confrontés aux exigences de la culture scolaire secondaire, eux-mêmes produits des codes culturels des classes dominantes, les enfants des classes populaires échouent à en assimiler les codes parce qu’ils se trouvent dans une situation de décalage culturel.
      • Que montre-t-il ? Que c’est leur rapport différent au langage qui met les élèves en difficulté dès les premières classes.
      • Bernard Charlot, Jean-Yves Rochex et Elizabeth Bautier mènent une enquête auprès de collégiens de ZEP et hors ZEP à qui les auteurs ont fait rédiger des « bilans de savoirs » (dans lesquels ces derniers étaient invités à écrire sur ce qu’ils ont appris à l’école) et avec qui ils ont mené des entretiens.
      • Leur interrogation porte sur le rapport que les élèves portent au savoir (on peut définir le savoir comme un ensemble de processus de production de ce qu’on sait et un ensemble de produits qui constituent l’ensemble de ce qu’on sait).
      • A leur tour, ils montrent que les différences de réussite scolaire sont déterminées par un rapport différencié au savoir en fonction de l’origine sociale.
      • Elles ont ainsi pour point commun de montrer que l’échec scolaire est avant tout l’échec dans l’appropriation d’un univers étranger.
      • L’enquête de Bernard Lahire reposait sur une hypothèse forte : l’école reproduit les normes langagières des catégories sociales dominantes, qui sont celles d’un rapport « scriptural » (qui passe par l’écrit) au monde
      • Les catégories sociales dominantes utilisent le langage pour exercer un pouvoir économique (par les opérations comptables que l’écrit permet)
      • social et symbolique (par les opérations de classement et d’ordonnancement des individus et du réel en général que l’écrit permet)
      • politique (par le pouvoir de fixer la loi que l’écrit permet).
      • Les catégories sociales favorisées, qui sont aussi les catégories sociales dominantes (celles qui exercent le pouvoir), ont un rapport au langage qui tend à l’objectiver, à le mettre à distance : le langage est codifié (par la grammaire), il est réfléchi (par la linguistique, mais aussi par exemple par la poésie, qui est un jeu avec le langage).
      • Parallèlement, dans les catégories sociales défavorisées (et dominées), le langage est avant tout un outil de communication.
      • Il n’est pas intéressant pour lui-même : il sert à passer et recevoir des messages : il s’agit d’un rapport « oral » au langage.
      • l’enfant en difficulté ne comprend pas que l’enseignant lui demande de prendre le langage comme objet de réflexion et continue d’utiliser le langage comme il le fait habituellement, comme un outil non réflexif de communication.
      • c’est qu’elle permet de centrer la réflexion du sociologue sur ce qui rate dans la communication scolaire, sur ce qui met les enfants des catégories défavorisées dans une situation de difficulté spécifique que ne rencontrent pas les enfants habitués, dans leur milieu social, à un rapport « scriptural » au langage.
      • les élèves les plus en difficulté (qui sont aussi ceux qui viennent de milieux sociaux défavorisés) se définissent par un rapport à l’école qui n’implique pas le même type de rapport au savoir.
      • Ces élèves relient le fait de se mobiliser à l’école au fait d’avoir plus tard un métier et non au contenu scolaire lui-même.
      • A contrario, chez les bons élèves (qui sont aussi ceux qui viennent des milieux les plus favorisés), le rapport au savoir est central, il présente du sens en lui-même, indépendamment de la question de son utilité sociale.
      • L’enquête de B. Charlot, E. Bautier et J-Y Rochex montre plus généralement un rapport plus « professionnel » à l’école chez les élèves issus des milieux défavorisés:
      • Le cas de ces « méshéritiers », qui sont statistiquement des exceptions, relève pourtant de régularités statistiques renvoyant à la question de la transmission : leurs difficultés s’expliquent par ce qui, du capital culturel et scolaire, a été effectivement transmis, et par le contenu même de cette transmission, en termes de perception de l’école, de pratiques culturelles et d’organisation du temps.
      • L’échec scolaire, dans les analyses que nous avons citées, apparaît principalement comme une forme de désorientation liée à l’incompréhension par l’élève de ce que requiert la réussite scolaire.
      • le malentendu qui se noue en classe entre l’enseignant et l’élève lorsque le premier enseigne et le second apprend.
      • L’hypothèse d’Escol est celle d’« une inadéquation des pratiques d’enseignement (objectifs assignés, choix des tâches, modes de régulation, etc.) aux caractéristiques de certains élèves les moins performants des milieux populaires ».
      • Cette hypothèse se fonde sur la notion de « secondarisation », par laquelle le linguiste Mikhaïl Bakhtine (1895-1975) distingue les genres de discours premiers (qui relèvent d’une production spontanée, immédiate) et les genres de discours seconds (qui prennent les premiers pour objet, pour les analyser, les re-contextualiser).
      • Par « secondarisation des activités scolaires », il faut entendre une attitude « qui implique simultanément décontextualisation et adoption d’une autre finalité » que celle qui apparaît à première vue dans la tâche scolaire
      • Par exemple: lorsque le professeur de géographie fait colorier une carte, ce n’est pas le coloriage qu’il cherche à enseigner, mais le découpage de l’espace en ensembles de nature différente (par exemple zones immergées en bleu, zones de glace permanente en blanc, déserts chauds en jaune…)
      • Ils ont tendance à considérer les objets et les supports dans leur existence et leur usage non scolaire alors qu’en classe, ceux-ci sont spontanément des objets de questionnements: ils convoquent des univers de savoirs, ils sont des objets d’étude et pour l’étude, ils sont aussi des ressources.
      • Tous les élèves ne réussissent pas à l’école parce qu’ils ne sont pas tous préparés à recevoir ce que l’école transmet : les codes de la culture dominante.
      • Entre eux et l’école, entre eux et les enseignants, se noue un malentendu à la fois sur les usages du langage, la fonction du savoir et plus largement, celle de l’école.
    • tags: légumineuse changement climatique cop 21

      • le protoxyde d’azote (51%), le méthane (41%) et le dioxyde de carbone (8%)[2]
      • La révolution industrielle et son énergie bon marché ont changé notre modèle alimentaire, en particulier durant les cinquante dernières années.
      • Trois caractéristiques de ce modèle ont un impact fort sur le climat.
      • L’azote, nécessaire à la croissance des plantes, n’est plus présent en quantité suffisante dans le sol lorsqu’il est intensivement exploité et que les équilibres naturels sont rompus au profit de monocultures.
      • Des procédés industriels, coûteux, sont utilisés pour la transformation de l’azote de l’air en engrais.
      • Ce processus requiert une grande quantité d’énergie, émettant alors du dioxyde de carbone.
      • Mais, l’impact principal se situe au niveau de l’épandage : une grande partie de l’engrais n’atteind jamais les cultures et se transforme en protoxyde d’azote, relâché dans l’atmosphère.
      • Le régime alimentaire occidental repose quand à lui sur une large base de produits issus de l’exploitation animale : viandes mais aussi lait, œuf, etc.
      • Or le rapport entre l’énergie (ainsi que d’autres ressources, comme l’eau) dépensée pour la production de ces produits et le nombre de calories qu’ils apportent, est très faible.
      • Pour terminer, les chaines d’approvisionnements se sont considérablement allongées durant toute l’ère industrielle
      • de plus en plus de kilomètres, d’étapes de transformation et d’emballages viennent s’intercaler entre producteur et consommateur.
      • l’une des clefs de son succès n’est autre que l’augmentation de notre consommation de légumineuses !
      • production et leur consommation peuvent en effet considérablement diminuer l’impact de notre assiette sur le climat, en agissant sur deux leviers
      • réduire le recours à la fertilisation chimique
      • diminuer notre dépendance à l’élevage.
      • fixer l’azote de l’air. Cette caractéristique a un double intérêt, agronomique et nutritionnel.
      • cet apport d’azote bénéficie également aux cultures environnantes, si bien que cultivées en association ou en rotation, les besoins en apports de fertilisants baissent drastiquement voir disparaissent.
      • La fixation de l’azote par les légumineuses a un autre avantage : elle leur permet de produire leurs propres composants protéiques.
      • Les protéines sont composés de 20 acides aminés dont 9 sont considérés comme indispensables à notre équilibre nutritionnel. Si la viande contient 8 de ces derniers, un bon équilibre entre légumes secs et céréales complètes permet un apport complet en acides aminés.
      • Le scénario Afterre, visant à dessiner les contours d’un modèle alimentaire durable, se base sur une division par deux de notre consommation de produits d’origine animale (viande, œuf, lait) et un doublement de celle des légumes secs[5].
      • les légumes secs fournissent en outre de nombreux nutriments intéressants, et ont des vertus antioxydantes, protègent contre le cancer du côlon et réduisent les risques de maladies cardio-vasculaires.
      • Faire des légumes secs en circuit (plus) court, une alternative concrète !
    • tags: troll "loi de poe" lutz lol racisme "en ligne"" effondrement des contects"

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    Lu cette semaine (weekly)

    • tags: plan Paris histoire

    • tags: pouvoir france auto-dénigrement

    • tags: vocabulaire évolution buzz word

    • tags: rumeur validation des sources hoax mort célébrité twitter viralité

    • tags: trol mêmes

    • tags: google requête bulle de filtre

      • (« l’holocauste a-t-il vraiment existé ? »), le fait que Google propose des sites négationnistes dans ses résultats de recherche est évidemment « cohérent » au regard de la question posée : les sites négationnistes sont en effet les seuls à poser ce genre de questions.
      • Je ne parle pas ici de la fonctionnalité d’auto-complétion qui est un autre problème (le fait que Google « propose » de compléter un début de phrase comme « est-ce que les noirs » par « puent »)
      • il est « naturel » – d’un point de vue algorithmique – que des questions reposant sur des postulats racistes ou négationnistes renvoient comme résultats prioritaires des sites racistes ou négationnistes.
      • cela veut juste dire que l’algorithme de Google n’a pas pour objet de faire de la médiation culturelle ou de l’éducation à la différence et à la tolérance.
      • Cet « habitus » social a eu, ces dernières années, une influence considérable sur notre manière d’interroger un moteur de recherche : nous ne nous contentons plus de lâcher 2 ou 3 mots-clés mais nous interrogeons le moteur « en langage naturel », nous lui posons les mêmes questions que nous poserions à un individu lambda dans un cadre conversationnel.
      • la nature du processus de requêtage changeant (des phrases interrogatives complètes et parfois complexes plutôt qu’un simple alignement de mots-clés)  cela permet également à l’algorithme du moteur de « s’affiner » et achève de transformer un moteur de recherche en moteur de réponses.
      • Ainsi les locutions « est-ce que » ou « quel est » se voient déjà associées des inventaires à la Prévert de questions pré-formatées aux réponses pré-existantes. 
    • tags: vérification image internet

    • tags: propagande russie désinformation

      • Il est entretenu en particulier par la diffusion de fausses informations ou de théories du complot de la part des télévisions et des sites internet financés par le Kremlin, principalement Russia Today (RT) et Sputnik.
      • La désinformation comme arme de guerre «asymétrique» a été remise au goût du jour par les stratèges militaires chinois dans les années 1990.
      • En Russie, c’est le général Valeriy Gerasimov qui l’a théorisée. On parle aujourd’hui de «doctrine Gerasimov».
      • l’objectif n’est plus, comme du temps de l’Union soviétique, de vendre un modèle mais de «saper la notion de vérité objective et la possibilité même de faire du journalisme».
      • d’affaiblir l’immunité morale face à la propagande»
      • «réduire la confiance dans les sources du savoir» des sociétés occidentales. «Avec des médias traditionnels, les réseaux sociaux, des SMS et des trolls, la Russie, comme l’Etat islamique, tente de décrédibiliser les processus démocratiques»,
      • En 2006, Vladimir Poutine déclarait devant le parlement russe qu’il fallait penser les conflits en termes de «supériorité intellectuelle», de façon «asymétrique» et «moins coûteuse».
    • tags: publicité données personnelles tracking trace profilage brockers de données’

    • tags: complotisme

      • complotiste est devenu une catégorie commode qui sert à disqualifier le discours présumé populiste, djihadiste, poutinien, anti-système, etc.
      • rappeler que la nature humaine est constante ou que l’idéologie existe.
      • il ne faut pas attribuer aux dits complotistes des pouvoirs imaginaires, ce serait reproduire leurs pires défauts.
      • Voir des complotistes, des intoxicateurs ou des paranoïaques derrière chaque mouvement d’opinion anti-système, réduire la critique à la jobardise, et l’opposition des valeurs à l’effet de la désinformation, c’est s’accorder à bon compte le monopole de la réalité et de la raison
      • Faute psychologique. Le complotisme tend à tout réduire à la lutte de deux représentations du réel. La fausse, celle qu’imposeraient les puissants avec leurs complices, les médias, par exemple, et la vraie à laquelle seuls peuvent atteindre les esprits les plus affutés.
      • Confusionisme : le complotisme est une théorie, donc une grille qui prétend donner une cohérence apparente à des des événements passés et surtout à venir
      • Le pouvoir est la résultante de rapports multiples et complexes entre des centres dispersés (d’autorité, d’influence, de contrainte, etc.). Et la caractéristique des plans machiavéliens (car il y en a de vrais) est de souvent échouer à cause de la friction ou du brouillard du réel, et surtout du fait de l’imperfection humaine.
      • Faute méthodologique. Les complotistes appliquent un double standard. Dans le discours officiel, ou dans l’information des mass médias, ils trouvent tout bizarre
      • Faute philosophique pour ne pas dire métaphysique : croire que le réel est si rationnel que tout est intentionnel.
      • Les choses se gâtent quand ils n’appliquent plus du tout les mêmes critères à leurs propres théories alternatives
      • Sur ce point les complotistes ont raison : il ne faut rien tenir pour assuré de ce que l’on vous dit et vérifier, confronter, analyser…
    • tags: algorithme recommandation

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    Lu cette semaine (weekly)

    • « Plus la modernité nous permet, en théorie, de gagner du temps dans nombre de nos actions, plus le « temps libre » semble se faire rare. Cette accélération permanente n’épargne personne, ni aucune sphère de nos vies, selon le sociologue et philosophe Hartmut Rosa. Si elle affecte autant chacune et chacun de nous, c’est qu’elle régit en profondeur les structures des sociétés occidentales. Au point de nous faire perdre de vue ce qui constitue l’essentiel, et de constituer une menace mortelle pour l’avenir de la démocratie et de la planète. Entretien, dans le cadre d’un partenariat avec la Revue Projet. »

      tags: accélération hartmut rosa temps loisir rareté résonance être au monde chose

      • gagner du temps d’un côté et ne pas en avoir de l’autre
      • L’histoire de la modernité est vraiment l’histoire de cette tension, qui paraît empirer.
      • Ensuite, je me suis interrogé sur la manière dont nous menons nos vies. Quels sont les facteurs déterminants pour ce que l’on fait au quotidien ?
      • L’accélération sociale est cette mise en mouvement du monde. Elle n’est pas que technique et matérielle : elle concerne aussi le changement social. Et ce changement s’accélère, car les gens réagissent : ils cherchent à augmenter leur rythme de vie pour ne pas être distancés. Or cette rareté du temps, l’impression d’en manquer, n’ont rien à voir avec la rapidité avec laquelle nous agissons.
      • Dès que nous acquérons un Smartphone, cela modifie notre manière d’être. Il transforme la manière dont on communique, dont on travaille et avec qui on travaille. Nous nous disons : « Je pourrais faire ceci, vérifier cela »
      • La sociologue Judy Wajcman explique dans Pressed for time [2] que les technologies sont toujours socialement façonnées.
      • L’économie capitaliste a besoin de créer plus de valeur, chaque année, et donc d’augmenter la productivité, de produire plus en moins de temps. C’est aussi lié à la dette et au retour sur investissement attendu de tout placement. Cette logique se transfère au niveau individuel à travers la compétition, qui n’est pas réservée au domaine économique et au monde du travail. Le moteur n’en est pas tant la cupidité que la peur. Peur de perdre son emploi, de ne pas avoir une couverture sociale et une retraite suffisantes…
      • Le capital économique n’est pas le seul en jeu. Le capital culturel est peut-être plus important encore. Il faut être à la page dans ses compétences, son savoir. De même pour le capital social : il faut rester dans le jeu, connaître les bonnes personnes, être impliqué dans différents projets. Enfin, les gens se préoccupent énormément aujourd’hui de leur « capital corporel » : il faut rester en forme, être mince, créatif, dynamique…
      • Et, bien sûr, le lien se fait avec l’incorporation de la technologie. Les premiers implants électroniques mesurant toutes les données sur votre état physique ont été créées dans le but d’améliorer ce capital corporel. La logique de croissance et d’accélération s’empare de notre esprit et de notre corps.
      • On ressent du plaisir et du désir à explorer le monde, à en élargir l’horizon de possibilités et d’opportunités. J’ai forgé, pour dire cela, une notion en allemand : Weltreichweite, de Welt, le monde, et Reichweite, la portée, l’horizon.
      • Mettre le monde à votre portée est le projet de la modernité ; sa part d’ombre, c’est le risque d’aliénation.
      • Avec l’idée de fragmentation, on souligne que les différentes sphères politique, scientifique, religieuse, artistique… se dissocient très fortement.
      • Mais cette notion ne capte pas l’aspect dynamique lié aux changements sociaux constants. La désynchronisation me paraît plus pertinente car, dans la mise en mouvement du monde, il y a certains domaines que vous ne pouvez accélérer sans les modifier ou les détruire
      • La désynchronisation affecte aussi la démocratie. Cette dernière est un processus chronophage : il ne s’agit pas simplement de prendre des décisions, mais de parvenir à une compréhension commune des problèmes et de créer du consensus. Ce qui demande d’autant plus de temps que les sociétés sont pluralistes et les questions envisagées très complexes.
      • Un troisième domaine est celui du psychisme humain. La dynamisation incessante de la vie risque d’obérer notre capacité à être attaché au monde, à entrer en résonance avec d’autres et de conduire au burn-out.
      • La pente sera de plus en plus raide. La question n’est pas de savoir si nous pourrons être plus rapides qu’aujourd’hui. Bien sûr nous le pouvons, mais au prix d’une adaptabilité qui devra être toujours accrue. Que nous ayons pu nous adapter à l’accélération dans le passé ne présume pas du futur.
      • Nous avons des limites physiques, jusque dans nos fonctions cérébrales. Certains cherchent d’ailleurs à les repousser.
      • Si l’on continue dans cette voie de l’accélération, de la compétition, de la croissance et de l’innovation, nous fusionnerons nos corps aux machines. Mais la question n’est pas de savoir jusqu’à quel point nous pourrons être rapide. Elle est plutôt : cela fait-il sens ? Est-ce une vie bonne ? Comment adapter le système à nos vrais besoins ?
      • Cela touche à la notion d’otium, mot latin qui désigne une expérience différente du temps. Appelons-la « temps libre ». C’est quelque chose que vous éprouvez quand votre journée de travail est achevée, quand vous avez terminé votre liste de tâches.
      • la question à poser n’est pas celle de notre adaptation à une vitesse croissante, mais celle d’une société bonne pour les êtres humains.
      • la théorie de la résonance peut expliquer pourquoi la religion est toujours et sera peut-être toujours une force puissante dans nos sociétés et nos cultures. Elle n’est pas seulement la promesse d’accéder à la « réalité totale » – selon le philosophe allemand Karl Jaspers – elle est aussi l’assurance que ce que nous faisons a quelque part un sens, trouve un écho dans un ordre supérieur.
      • Le philosophe israélo-autrichien Martin Buber explique qu’à la base même de nos existences existe une sorte de relation « résonante » à un ordre supérieur. À l’opposé, pour Camus, Nietzsche ou Sartre dans une certaine mesure, il n’y a, au fondement de notre existence, qu’un univers muet, qui ne répond pas.
      • c’est la peur qui nous mène, celle d’être dépassés. Je ne vois pas de bonnes solutions. Il y a en revanche deux mauvaises issues. La première serait un désastre écologique ou financier mondial. La seconde, un désastre politique.
      • . C’est ainsi que j’ai développé le concept d’aliénation. Un état dans lequel je ne suis plus attaché aux choses, où le monde est comme mort et muet. C’est d’ailleurs la définition du péché pour Luther : quand l’âme est nouée sur elle-même et ne s’ouvre plus à l’autre,
      • Dans la tradition protestante, le péché est la perte de la nécessité de contacts, de liens et de réponses. C’est ce que j’exprime à travers la notion d’aliénation : les choses, la musique, ne vous parlent plus. La vitesse crée cette forme de vie aliénée : il y a tant de gens à qui je parle, tant de villes où je passe, que je n’arrive plus à créer du lien.
      • Nous avons à créer les conditions de possibilité de la résonance.
      • Un revenu de base changerait notre mode d’être dans le monde
      • pour contrer le puissant sentiment d’aliénation politique actuel. Nous en sommes venus à interpréter la démocratie comme la sphère de résolution des conflits et de confrontation des intérêts.
      • Or elle est, selon moi, une promesse de résonance, résonance qui est aussi le développement de votre propre voix et l’écoute de la voix de l’autre.
      • La démocratie est la promesse que tous les citoyens aient une voix, que celle-ci soit entendue et reliée à celles des autres.
    • tags: serp google fonctionnalités affichage résultats

      • Les pages de résultats de Google sont désormais truffées d’informations « connues » de Google, qui a « appris » en « avalant » des bases de données et en « digérant » les contenus du web. Cela peut prendre plusieurs formes, la plus connue étant un bloc plus ou moins gros dans la barre latérale sur ordinateur.
      • Parfois, la réponse à votre question est affichée avant même que vous ne fassiez la recherche ! En effet, Google peut l’afficher directement dans les suggestions, une fois que vous avez tapé le début de votre requête. Voici un exemple pour l’heure du coucher du soleil, indiquée alors que seul le début avait été tapé :
      • Dès que vous cherchez quelque chose en rapport avec une entité connue de Google (personne, marque, lieu, oeuvre culturelle, etc.), vous avez toutes sortes d’informations en rapport avec elle dans un bloc :
      • Enfin, certaines fonctionnalités ne sont présentes que si l’utilisateur est connecté à son compte Google.
      • Qu’est-ce que les Fonctionnalités des SERP (en anglais SERP features) ? Il s’agit de toutes les possibilités utilisées par Google pour afficher des informations en réponse à une recherche de l’internaute.
      • Titre, URL, snippet
      • Un snippet peut s’étaler jusqu’à 4 lignes si Google le juge nécessaire
      • Parfois, Google commence l’extrait par une date avant d’afficher la description de la page :
      • D’habitude, Google affiche l’URL de la page, ou un extrait, mais parfois il affiche le fil d’ariane :
    • tags: ong espionnage manipulation évaluation

    • tags: famille fillon macron

    • tags: attentat terrorisme "mobilier urbain"" espace urbain""sociabilité" communauté "protection civile"

    • trois contraintes nouvelles : accroissement de la charge de travail et développement du travail invisible, traçabilité et rendre compte prennent le pas sur le travail réel, standardisation et procédurisation du travail au détriment de l’inventivité (par ailleurs, enferment de cette inventivité dans la notion d’innovation)

      tags: organisation du travail harcèlement collectif

      • Intensification du travail, explosion des outils numériques et standardisation des processus de production font prospérer les organisations harcelantes,
      • D’un patron voyou et cupide, on n’espère peu ou rien, mais d’un patron du public, on attend qu’il ait une morale.
      • C’est désormais par son boulot qu’on est poursuivi. L’organisation du travail est devenue harcelante. Et vous n’avez pas le droit de la critiquer, toute expression étant vécue comme une trahison.
      • Primo, la charge de travail s’accroît. A la fois la charge horaire – non déclarée, la plupart du temps – et la charge mentale, avec une densification des journées de travail, une obligation de polyvalence et des interruptions incessantes.
      • Secundo, vous êtes obligé de rendre compte en permanence de vos actes. Les outils numériques ont mis le travail en coupe réglée. Tout est tracé, donc tout le monde est sur le qui-vive.
      • Enfin, tous les processus de production sont standardisés, il faut suivre une procédure, subir des logiciels de gestion, remplir formulaire sur formulaire, tableau sur tableau, tous ces documents étant par ailleurs déconnectés du travail réel.
    • tags: lecture classe populaire bibliothèque

      • Sur le terrain, je me suis aperçue que ces femmes avaient depuis longtemps bricolé des passerelles vers les consignes (reconnaissance des signes, des mots, lecture à voix haute par des collègues, mémorisation des procédures, spatialisation des repères) et les formations de remédiation contre les situations d’illettrisme étaient jugées par elles comme une inutile perte de temps (de leur repos, à la pause déjeuner, ou de sortie du travail, le soir ou le samedi).
      • Les entretiens individuels m’ont fait comprendre que l’écrit (et la lecture tout particulièrement) est un mal nécessaire au travail et qu’il ne peut être pris comme un outil de salut, de progression, d’émancipation parce qu’il impose tout simplement un effort et une condition de contrainte.
      • C’est à cette occasion que j’ai commencé à entrevoir le décalage entre ce que le rapport des lettrés (dont je faisais partie) à l’écrit et le rapport particulier de ces ouvrières à l’écrit. On ne parlait ni de la même chose ni des mêmes enjeux.
      • je constate que cette barrière entre les intellectuels et les classes populaires s’est creusée davantage.
      • les premiers continuent à traiter la lecture comme la voie aboutissant toujours à l’affranchissement des conditions économiquement et socialement les plus pénibles, les seconds voient le monde de l’écrit comme une galère à éviter coûte que coûte.
      • Loin d’uniformiser les pratiques, les politiques de démocratisation et la massification scolaire ont poussé plus loin la distinction par la culture
      • s’il est vrai que nous lisons un peu tous les jours, ce que nous lisons (presse gratuite, magazine spécialisé, roman, BD) et comment nous lisons (dans le bruit des transports en commun, assis et immobile en bibliothèque, dans le calme et la solitude…) continuent de maintenir éloignés les pratiques et les goûts de la lecture dans les différents milieux sociaux.
      • si les sociologues constatent globalement un relâchement dans l’effort consacré à la lecture-plaisir de temps long
      • regain de la valeur attribuée par l’école au savoir bien lire, bien écrire et bien parler
      • lire bourgeois et hérités par la famille
      • Pour les contenus : connaissance de la littérature et compétence à choisir les titres et les auteurs, appréciation des styles et de l’esthétique, la capacité à démêler une offre pléthorique
      • Pour les manières : solitude élective contre le groupe, lsilence ascétique contre le bruit et la fête, immobilité reflétant la concentration et la contemplation contre l’emprise directe du monde et de la vie
      • Ces traits distinctifs, désormais de plus en plus rares chez les jeunes, poussent plus loin encore en réalité les frontières et les barrières de classes.
      • L’absence des classes populaires en bibliothèque impose que l’on quadrille le terrain d’observation aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la bibliothèque afin de comprendre les effets de territoire et de contexte.
      • Désertes, les bibliothèques de quartier populaire ne le sont pas vraiment car les écoles de quartier, les associations et les familles des quartiers aisés y occupent les places que les habitants du quartier ne prennent pas.
      • C’est une question de place : si les livres sont dans les murs, sur les rayonnages, enfouis dans une classification peu-intelligible, alors les classes populaires ne peuvent pas être « dedans »
      • L’autonomie littéraire et culturelle est une construction contemporaine qui nie les rapports sociaux et place l’individu seul face à une masse ingérable de ressources, d’informations, d’injonctions.
      • Lire en bibliothèque présuppose de faire silence, de rester concentré et immobile et surtout de choisir une solitude élective.
      • Or les classes populaires n’ont pas le goût des loisirs solitaires et silencieux. Elles n’ont pas d’affinité particulière pour les lieux où on s’enferme pour écouter de la musique, encore moins pour apprécier un morceau de littérature.
      • Les rares collégiens garçons que j’ai rencontrés en bibliothèque dans les quartiers populaires sont soit en groupe bruyant et donc poursuivis par les bibliothécaires et vigiles ou médiateurs
      • soit des garçons solitaires ne pouvant, pour une raison ou une autre, faire partie du groupe.
      • Afin de les attirer dans ses murs, la bibliothèque doit s’intéresser à ce que sont les habitants des quartiers populaires, à leurs styles de vie, à leurs besoins, attentes et usages, à leurs soucis au quotidien.

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    Lu cette semaine (weekly)

    • tags: référentiel de compétences cnil protection de la vie privé données personnelles

    • tags: civitech modèle économique

      • Prise dans son acception la plus large, allant de l’éducation populaire à l’empowerment citoyen, le champ très hétérogène des technologies démocratiques connaît certes un incroyable dynamisme.
      • Force est de constater pourtant que si leurs marchés sont potentiellement gigantesques, leurs modalités de financement demeurent en réalité très restreintes.
      • Tous ceux qui estiment que les électeurs « se sont trompés » sont convaincus que si une idée n’est pas acceptée, c’est parce qu’elle n’est pas comprise, et non pas parce qu’elle est combattue en tant que proposition qui ne cadrerait pas avec les idées et valeurs des électeurs.
      • En somme, outre le fait que la gent politique prenne les gens pour des crétins, cette attitude revient également à œuvrer à la perpétuation du TINA (le fameux There is no Alternative, mantra cher à Maggie Thatcher, selon lequel il n’y aurait pas d’alternative à la politique menée).
    • tags: edouard Glissant créolisation chaos-monde identité relation archipel

      • Édouard Glissant emploie la métaphore de la mangrove
      • ’emmêlement inextricable de branches, le fouillis de racines-rhizomes à la fois aériennes, marines et souterraines évoquent l’identité multiple de l’homme créole.
      • L’identité-relation, l’identité-rhizome, c’est avoir plusieurs racines à l’image de ce mouvement du végétal s’étendant tout en transversalité, en horizontalité.
      • Édouard Glissant oppose donc cette identité de l’horizontalité, et en mouvement, avec celle de conception occidentale, de la verticalité et figée, l’identité-racine représentée à merveille par l’arbre généalogique.
      • sa réflexion sur l’identité-rhizome et propose une lecture du monde contemporain.
      • Les Antilles sont posées comme le laboratoire d’une modernité où les identités ne sont plus figées, mais constamment travaillées par les expériences de déplacements et de rencontre.
      • La créolisation est un processus continuel du fait de l’arrivée incessante des populations sur la terre des Amériques, empêchant ainsi l’établissement d’une identité figée et statique.
      • . Nous assistons à la créolisation du monde.
      • Non pas qu’il devienne créole, mais plutôt qu’il entre dans une période de complexité et d’entrelacement tels qu’il est difficile de le prévoir.
      • Cette intuition nécessite un déplacement de l’imaginaire vers une autre forme et géographie de la pensée : la pensée archipélique.
      • L’archipel est l’imaginaire de mon lieu relié à la réalité de tous les lieux. L’archipel est l’image d’où surgit cet imaginaire. Le schème de l’appartenance et de la relation en même temps.
      • Face à ce chaos-monde, et à sa créolisation, dans un scénario où les communautés s’envahissent mutuellement, l’Europe répond en construisant toujours plus de frontières.
      • il ne faut pas abolir les frontières, nous dit Glissant, mais leur donner le sens d’un passage de la saveur d’un pays à la saveur d’un autre pays, d’une communication, c’est-à-dire d’une relation.
      • L’intelligence cristallisée qui est la capacité d’utiliser les compétences et les connaissances acquises au cours de la vie.
      • l’intelligence fluide, la capacité de penser rapidement, analyser l’information, se rappeler l’information, raisonner et résoudre des problèmes indépendamment des connaissances acquises.
      • qu’est-ce que le langage au juste ? S’agit-il d’une aptitude innée, élaborée au fil des millénaires par la sélection naturelle ? Et dans ce cas les humains auraient-ils le droit de l’utiliser dans ce combat « à main nue » ? S’il s’agit d’une acquisition culturelle, autrement dit d’une technologie, alors son usage ne devrait-il pas être exclu du combat ? !
    • tags: désindexation web compte désactivation

      • Difficile, impossible même, de tout effacer. Mais il reste possible, heureusement, de supprimer l’essentiel de vos traces numériques.
      • Pour disparaître, il n’y a pas 36 solutions : vous devrez supprimer tous vos comptes en ligne, vous “googliser” avant de disparaître des moteurs de recherche, contacter des webmasters ou la CNIL, et supprimer vos adresses email.
      • Il vous faudra patienter 2 semaines avant que votre compte soit définitivement supprimé
      • A noter aussi qu’il est possible, avant de partir, de télécharger une copie de vos informations – une “archive” de vos données.
      • Deseat.me est un site très pratique, qui permet de retrouver tous les comptes associés à votre adresse Gmail.
      • Deseat vous propose à côté de chaque compte listé, un lien renvoyant vers la pages dédiée à sa suppression.
      • googlisé
      • Il ne vous reste plus qu’à contacter les responsables de ces sites, et en vertu des lois françaises et européennes, à leur demander de modifier ou de supprimer les pages visées.
      • Vous pouvez aussi saisir le nom de domaine du site dans la base mondiale Whois, qui délivre les noms et coordonnées des propriétaires de sites.
      • Le responsable du site dispose d’un délai de 2 mois pour répondre à votre demande de suppression d’informations.
      • Restent les résultats de recherche Google, et surtout son cache. Le moteur de recherche conserve des copies des pages indexées, pendant 3 semaines environ.
    • tags: langage cognition pensée influence

      • la conception du temps propre aux heptapodes (du nom des extra-terrestres, des céphalopodes appelés heptapodes à cause de leurs sept membres flexibles), pour lesquels la notion de temps, et notamment celle de cause à effet, est très différente de la nôtre. Au fur et à mesure que l’héroïne apprend à écrire l’heptapode B, sa conception de la réalité bascule…
      • Premier Contact repose donc sur l’idée que la langue que nous parlons (ou, dans ce cas, écrivons) a un impact réel et profond sur notre compréhension du monde.
      • Le débat n’est pas neuf. Mais il a pris une tournure particulière au XXe siècle, avec ce qu’on appelle l’hypothèse Sapir-Whorf.
      • Edward Sapir était un anthropologue et linguiste américain qui a inspiré l’idée selon laquelle le langage était une construction culturelle, qui non seulement reflétait, mais également conditionnait notre rapport au monde.
      • c’est surtout Benjamin Lee Whorf, qui, au cours de sa courte vie (il est mort à 44 ans), tenta d’accumuler les preuves de cette théorie, en se basant notamment sur les langues amérindiennes, notamment le Hopi
      • Dans les années qui suivirent, l’hypothèse a été rejetée. Parfois violemment
      • « Depuis deux décennies, l’hypothèse selon laquelle le langage peut
      • En linguistique, aujourd’hui, c’est plutôt la thèse de Noam Chomsky qui prévaut. Notre faculté linguistique serait câblée dans le cerveau, et les différents idiomes existant sur la planète seraient des variations d’une grammaire universelle, elle aussi d’origine fondamentalement biologique. Impossible donc qu’une culture soit influencée par la langue parlée.
      • Le linguiste Guy Deutscher, dans son livre Through the language glass, suggère de remplacer l’hypothèse Sapir-Whorf par ce qu’il nomme le principe de BoasJakobson, moins limitant que l’hypothèse Sapir-Whorf.
      • L’idée de Deutscher est, qu’au contraire, certains langages insistent sur des points spécifiques en obligeant leurs locuteurs à exprimer ce que d’autres passent sous silence. Cela peut leur donner une perception accrue de certains phénomènes. Mais ils ne sont pas pour autant limités cognitivement de façon définitive
      • Jusqu’où, s’est-elle demandé, cette vision allocentrée de l’espace possède-t-elle un impact sur d’autres représentations, notamment celle du temps ?
      • Dans Edge, elle revient sur l’influence que peuvent avoir les « structures de la métaphore » sur notre approche des choses. Par exemple, dit-elle, les Anglo-Saxons (et aussi, les Français) ont tendance à utiliser une référence à la longueur pour définir le temps, tandis que les Grecs et les Espagnols y voient plutôt de la quantité.
      • Au-delà de ces expériences diverses, c’est aussi au plan théorique que l’idée d’une grammaire universelle est mise en cause. Et cela relance, une fois de plus l’éternel débat entre nature et culture…
    • tags: idéologie individualisme idéologie managériale culture du bien-être culture de la maitrise de soi

      • pour les psychologues il est clairement établi que notre volonté n’est pas suffisante pour atteindre les objectifs que l’on se fixe.
      • résister à la tentation est la plupart du temps un échec total voire au mieux apporte quelques rares gains à court terme.
      • En fait, les gens qui arrivent à bien se contrôler sont d’abord des gens qui sont moins tentés.
      • ils ont montré que les étudiants qui avaient exercé la plus grande maîtrise de soi n’avaient pas réussi à atteindre leurs objectifs et étaient les plus épuisés mentalement.
      • Ce sont les étudiants qui ont connu le moins de tentations qui ont été les plus efficaces. En fait, expliquent les psychologues, les gens qui parviennent le mieux à se contrôler sont ceux qui prennent du plaisir à se contrôler, comme à manger sainement ou à faire du sport
      • En fait, les gens qui savent bien se maîtriser ont de meilleures habitudes : ils se nourrissent convenablement, font du sport, dorment comme il faut…
      • ils structurent leur vie autour de « bonnes » habitudes et de routines qui les rendent plus faciles à accomplir.
      • le secret de la maîtrise de soi n’était pas dans la volonté, mais dans la distraction, c’est-à-dire dans la capacité à modifier sa perception.
      • C’est une décision comme une autre, et pour l’améliorer, nous devons améliorer l’environnement, c’est-à-dire par exemple se donner les compétences nécessaires pour se détourner du Marshmallow tentateur.
      • Ces recherches sur le contrôle de soi démontrent que manger une tranche de gâteau supplémentaire n’est pas un échec moral. C’est juste ce qui doit se passer quand quelqu’un se retrouve devant un gâteau. Tout l’enjeu consiste plutôt à apprendre à éviter le gâteau !
      • Elliot Berkman travaille à ce qu’il appelle la « stimulation de la motivation ». L’idée est d’aider les gens à mieux décrire leurs objectifs (comme la perte de poids) avec leurs valeurs, pour les aider à retrouver du plaisir à se contrôler.
      • D’autres travaillent à « empaqueter la tentation », c’est-à-dire à rendre les activités plus agréables en leur ajoutant un élément amusant, comme de jouer en se démenant sur un tapis de course.
      • De même que la maîtrise de soi est trop souvent transformée en idéologie, en idéal de la liberté individuelle qui nous permettrait de faire des choix libres dénués de toute contrainte
      • le bien-être a également été transformé en idéologie, soutiennent-ils, dépréciant les individus incapables de prendre soin d’eux, parce que supposés être faibles, paresseux ou dépourvus de volonté.
      • . Le bien-être est devenu un impératif moral : nous avons désormais l’obligation morale d’être heureux et en bonne santé !
      • « le syndrome du bien-être résulte pour une grande part de la croyance selon laquelle nous sommes des individus autonomes, forts et résolus, qui devons nous efforcer de nous perfectionner sans relâche. Or c’est précisément le fait d’entretenir cette croyance qui entraîne l’émergence de sentiments de culpabilité et d’angoisse. »
      • Pour eux, le repli sur soi et le surinvestissement du corps sont un recours pour ne plus avoir à se préoccuper du monde qui nous entoure.
      • « Les causes structurelles de l’insécurité économique » reposent désormais sur l’individu. L’instabilité, la fluidité, le changement permanent, magnifiés par l’innovation, qui accentuent la précarisation de l’emploi et la fragilisation des rapports humains, reflètent nos réalités individuelles plus que collectives. Comme le dit la philosophe Chantal Mouffe : la politique se déploie désormais dans le registre de la moralité.
      • la lutte pour entretenir sa condition physique devient « une source particulièrement prolifique d’anxiété perpétuelle » qui nécessite une attention de tous les instants.
      • Pire, soulignent les deux chercheurs, « pour supporter le poids de nos échecs face à notre incapacité à répondre aux attentes du bien-être, il apparaît plus facile de rejeter la faute sur autrui », comme stigmatiser ceux qui ne font preuve d’aucune volonté : les pauvres, les gros, etc.
      • Le management devient l’idéologie qui promeut la responsabilité individuelle au détriment de toute responsabilité collective, sociale, de classe ou hiérarchique.
      • La maximisation de notre propre bien-être nous détourne de ce qui seul peut l’assurer : celui des autres !
      • La culture du contrôle de soi, de la mesure, de l’amélioration personnelle, ne nous permet finalement que d’être mieux adaptés aux lois économiques du marché et à la compétition. Le politique s’inscrit dans l’intime. Notre existence devient notre entreprise. Notre corps devient notre capital, mais il ne nous appartient plus, car il est dirigé par des principes qui nous échappent, comme en a fait l’expérience Chris Dancy, l’homme qui mesurait tout de lui-même
    • tags: big five OCEAN test de personnalité

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    Lu cette semaine (weekly)

    • tags: requête droit à l’oubli google

      • On en apprend plus sur le type de requêtes effectuées, et on découvre notamment que plus de 95 % des demandes concernent des informations relatives à la vie privée, comme des photos dénudées ou d’autres contenus embarrassants.
      • Lors de l’examen d’une demande, nous regardons si les résultats contiennent des informations obsolètes ou incorrectes sur la personne.
      • Nous regardons également si les informations que nous conservons dans nos résultats de recherche sont d’intérêt public ou non
    • tags: droit à l’oubli google déréférencement liberté d’expression

      • ce droit au déréférencement, improprement qualifié de « droit à l’oubli numérique », a immédiatement été dénoncé comme une menace pour le droit à l’information des internautes, la liberté d’expression des éditeurs et la neutralité de l’internet.
      • le droit consacré par la juridiction européenne semble traduire, dans sa mise en œuvre, une confrontation de droits concurrents
      • Le conflit entre Google et la CNIL sur la portée territoriale des déréférencements illustre le difficile équilibre entre les droits en cause.
      • Le droit au déréférencement ne saurait être considéré comme la faculté donnée à chacun de « réécrire » l’histoire
      • Relatif au « droit d’accès », l’article 12 de cette directive, confère à toute personne concernée par un traitement de données personnelles le droit d’obtenir « la rectification, l’effacement ou le verrouillage des données » dont le traitement ne serait pas conforme à la directive, « notamment en raison du caractère incomplet ou inexact des données »
      • L’article 14 lui reconnaît le droit de s’opposer à un traitement de ses données « pour des raisons prépondérantes et légitimes tenant à sa situation particulière ».
      • la CJUE admet que les internautes puissent demander le déréférencement de liens pointant vers des données « inexactes » ou devenues « inadéquates, non pertinentes ou excessives » au regard des finalités du traitement et du temps écoulé.
      • La menace pesant sur le droit à l’information paraît d’autant plus forte que, pour assurer l’efficacité du droit au déréférencement, la Cour estime que les droits fondamentaux de la personne concernée« prévalent, en principe, non seulement sur l’intérêt économique de l’exploitant du moteur de recherche, mais également sur l’intérêt de ce public à trouver ladite information lors d’une recherche portant sur le nom de cette personne. »
      • « elle ne se trouve pas devant un choix entre deux principes antinomiques, mais devant un principe – la liberté d’expression – assorti d’exceptions qui appellent une interprétation étroite »
      • La CJUE donne, à l’inverse, priorité à la protection de la vie privée sur le droit à l’information. Mais elle tempère ce principe par la nécessité de tenir compte, dans certains cas particuliers, de « l’intérêt prépondérant » du public à accéder à l’information en cause.
      • la liberté d’expression et le droit à l’information ont la même valeur normative que les droits au respect de la vie privée et à la protection des données personnelles qui fondent le droit au déréférencement
      • Il permet d’obtenir la suppression de liens vers des informations portant atteinte à la vie privée, mais ne conduit ni à la désindexation des contenus par le moteur de recherche, ni à la suppression des informations par les éditeurs.
      • Dissociée du nom de la personne concernée, l’information demeure sur les sites sources et reste accessible par d’autres moyens.
      • exceptions à la protection des données personnelles, pour les traitements effectués « aux fins de journalisme » ou réalisés « à des fins historiques, statistiques ou scientifiques ».
      • La CJUE propose trois critères d’appréciation de l’équilibre entre les droits fondamentaux en cause
      • la nature de l’information concernée
      • « l’intérêt du public à disposer de cette information », qui dépend du «  rôle joué par cette personne dans la vie publique »
      • son impact sur la vie privée de la personne
      • L’appréciation des demandes de déréférencement soulève la question de la légitimité de donner à des acteurs privés, particulièrement à Google compte tenu de son poids sur le marché, la mission, normalement dévolue au juge, d’arbitrer entre des droits fondamentaux.
      • Google a identifié quatre critères majeurs d’appréciation des demandes de déréférencement.
      • La méthode retenue est celle du « faisceau d’indices »,
      • chaque critère devant être apprécié au regard de l’intérêt du public à accéder à l’information.
      • identité de la personne concernée et son éventuel rôle dans la vie publique
      • nature de l’information en cause
      • temps écoulé depuis sa publication
      • contexte de sa mise en ligne
      • absence d’inscription de l’information sur le casier judiciaire de la demanderesse
      • Leurs divergences concernent l’information sur les déréférencements effectués et, surtout, la portée territoriale de ces déréférencements
      • Mettant en avant le droit du public à l’information et la liberté d’expression des éditeurs, Google a fait le choix de mettre en ligne des statistiques anonymes sur les décisions rendues, d’informer les internautes de la suppression de certains résultats de recherche, et d’avertir les éditeurs concernés par de tels référencements
      • Plus préoccupé de la protection des données personnelles des demandeurs, le G29 estime que le droit européen n’impose pas de telles obligations d’information et que le souci de transparence allégué ne doit pas permettre d’identifier les auteurs de requêtes, ce qui neutraliserait l’effet des déréférencements.
      • La confrontation entre « droit à l’oubli numérique » et droit à l’information est encore plus évidente à propos de la portée territoriale des déréférencements. Initialement limités à la version du moteur de recherche du pays du requérant, les déréférencements sont désormais effectués par Google sur l’ensemble de ses déclinaisons européennes.
      • le G29 considère au contraire que les décisions de déréférencement doivent être mises en œuvre sur l’ensemble des extensions des moteurs de recherche, européennes ou non, y compris sur l’extension .com
      • Ce conflit entre Google et la CNIL est révélateur des difficultés de concilier protection des données personnelles et droit à l’information, voire de l’impossible équilibre entre ces droits fondamentaux concurrents.
    • tags: cerveau mémoire carte cognitive londres chauffeur de taxi

    • tags: carte cognitive gps noyaux caudés alzheimer

      • C’est ce qui soulève la question: est-ce qu’il y a un coût à tout ça? La réponse dépend en fait du type d’utilisation que nous en faisons.
      • Ceci peut être inquiétant, parce que nos études ont démontré que plus les gens ont de matière grise aux noyaux caudés, moins ils ont de matière grise à l’hippocampe. Ceci impliquerait qu’utiliser la stratégie stimulus-réponse (mode autopilote) pourrait être néfaste pour l’hippocampe.
      • On peut donc se déplacer avec une série de réponses à des stimulus, sans avoir recours à notre hippocampe.
      • Beaucoup de recherches démontrent qu’une partie du cerveau qui se nomme «hippocampe» est cruciale pour une cognition saine.
      • Une composante importante de la mémoire épisodique est la mémoire spatiale, c’est-à-dire la mémoire concernant l’endroit où s’est situé l’évènement dont nous nous souvenons.
      • La mémoire spatiale implique un apprentissage des relations entre les points de repère, ou points d’intérêt, de notre environnement, de façon à créer une carte cognitive. Une carte cognitive est une représentation mentale de notre environnement, un peu comme une carte routière.
      • Plus nous utilisons notre hippocampe en faisant attention aux points de repère dans l’environnement, plus il tend à grossir et développer de la matière grise.
      • lorsque nous arrêtons de stimuler notre mémoire spatiale en ne faisant plus attention aux points de repères dans notre environnement, l’hippocampe s’atrophie, ce qui constitue un facteur de risque pour des troubles cognitifs liés au vieillissement, tels que le trouble cognitif léger ou la maladie d’Alzheimer.
      • lorsque les gens arrêtent d’utiliser leur hippocampe pour fabriquer des cartes cognitives, ils le font en faveur d’autres structures du cerveau nommées «noyaux caudés»
      • Les noyaux caudés sont responsables d’une stratégie de navigation que l’on nomme «stimulus-réponse».
      • Avec la pratique, ce processus s’automatise, comme un mode autopilote..

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    Lu cette semaine (weekly)

    • tags: satire photographie construction sens

      • C’est Clément Chéroux qui introduisait en 1998 dans Etudes photographiques la notion apparemment paradoxale de caricature photographique, à propos de portraits utilisant des effets de déformation ou des photomontages
      • Un document d’enregistrement, théoriquement objectif, peut-il présenter des caractères qui en font une charge satirique?
      • La réception du portrait de Sarkozy montre que l’hyperexpressivité du visage constitue, en contexte, un moyen narratif qui confère à la photographie le pouvoir de la caricature.
      • En suivant Michel Melot, qui montre que la caricature est toujours une transgression de la norme2, on peut définir l’hyperexpressivité comme un écart par rapport à la norme du comportement social.
      • Or, si toute forme iconographique présente en effet une ambiguïté structurelle, due à l’absence de hiérarchisation de l’information, ses usages sociaux tendent précisément à limiter cette incertitude par une batterie d’instruments que tout lecteur occidental se doit de maîtriser.
      • Si toute image est a priori ambiguë, l’image sociale est au contraire cette image hyper-lisible qui va au-devant de l’interprétation, la fameuse « image qui vaut mille mots« .
      • Parmi les instruments qui guident la lecture, les lecteurs interrogent en premier lieu le filtre de l’énonciateur.
      • une image ne sera pas lue de la même manière selon son origine
      • L’autre élément d’interprétation est évidemment le contexte politique immédiat qui motive le choix de l’image en Une, soit l’éviction inattendue de Nicolas Sarkozy lors du premier tour de la primaire de droite
      • car la limite de l’expression caricaturale est bien son caractère hyperbolique, autrement dit l’aveu d’une prise de parti, qu’un réflexe journalistique préfère noyer dans les brumes de l’ambiguïté
    • tags: circulation de l’information réseau panique propagation même cartographie

      • La caméra plonge sur la Terre et nous montre les lumières des villes
      • file au-dessus d’un port maritime
      • on suit longuement le parcours d’une commande, lancée sur son clavier par un terrible pirate, jusqu’à la centrale nucléaire (Internet comme outil de commande et contrôle)
      • les images spectaculaires s’affichent en boucle sur les écrans de télévision
      • Le théorème “des quatre couleurs” 
      • Voici une question d’apparence simple : si l’on considère un ensemble de lignes de communications courant d’un relais à un autre, jusqu’à quel pourcentage de relais en panne peut-on conserver la communication ?
      • Si les relais sont situés le long d’une ligne de chemin de fer, la réponse est enfantine : une seule panne, et la ligne est coupée
      • À l’inverse, si chaque relais est relié à tous les autres, deux nœuds pourront communiquer quoi qu’il arrive aux autres
      • Cette comparaison par l’image de différents types de réseaux — centralisés, décentralisés, et distribués — reste un moteur puissant de l’imaginaire attaché à Internet,
      • Mais comment observer cet invisible ? Comment le rendre palpable, compréhensible ?
      • suivre la matérialité physique des réseaux
      • On peut aussi, comme l’anthropologue Alexandre Laumonier, lever le nez en l’air et s’interroger sur la raison d’être des antennes paraboliques placées sur des pylônes géants — et découvrir ainsi les systèmes employés par la finance “à haute fréquence” pour procéder à des arbitrages instantanés entre les Bourses de Londres et de Francfort.
      • Espionnage et finance : ces deux pouvoirs occultes par excellence sont donc observables à l’œil nu. Quelle leçon !
      • Commençons à une échelle plus humaine, par une étude des migrations qui fera l’objet d’un des tous premiers diagrammes de l’histoire de la visualisation de données
      • les chercheurs et chercheuses du laboratoire “textes, cartes et réseaux” ont pu accumuler les articles publiés dans les différents journaux des États-Unis au 19e siècle. Et, par des méthodes informatiques, identifier des articles ayant été copiés et recopiés (pas nécessairement à l’identique) d’un journal à l’autre.
      • On peut dès lors traiter le langage comme un matériau brut auquel on applique les méthodes issues du Projet Génome Humain.
      • La génétique appliquée aux textes donne naissance à une nouvelle science, la “culturomique”.
      • Au gène succède le mème, un concept décrit par le généticien anglais Richard Dawkins dans son livre Le Gène égoïste
      • idée d’une unité de transmission culturelle ou d’une unité d’imitation. “
      • On trouve des exemples de mèmes dans la musique, les idées, les phrases clés, la mode vestimentaire, la manière de faire des pots ou de construire des arches.
      • les mèmes se propagent dans le pool des mèmes, en sautant de cerveau en cerveau par un processus qui, au sens large, pourrait être qualifié d’imitation.
      • Ce que l’on comprend de la transmission des idées pourra-t-il nous éclairer sur la propagation des maladies ?
      • Quels parallèles invisibles relient, par exemple, la censure et les contrôles sanitaires ?
      • Brockmann introduit une géométrie où la distance en kilomètres est remplacée par une distance en heures de transport.
      • Ainsi, en partant de Conakry (Guinée), on voit que la route la plus probable vers l’Europe passe par l’aéroport Charles-de-Gaulle au nord de Paris ; l’Asie se cache derrière Dubaï, et les États-Unis derrière Dakar puis JFK à New-York.
      • Sur cette carte d’un type nouveau, une épidémie se décrit comme une onde de choc, partant du centre et s’étalant de proche en proche vers les points les plus éloignés.
      • L’outil permet de mesurer la propagation de l’épidémie vers chaque point du globe, en fonction de la vitesse à laquelle chaque destination peut être rejointe.
      • Dans sa pertinence — quelle probabilité a-t-on de croiser la route de l’épidémie en s’installant à tel ou tel endroit ? — et dans son impact : comment le réseau se reconfigure-t-il si l’on modifie une des voies de transport ?
    • tags: minorité intolérance

      • Taleb en tire une vérité : la minorité est souvent un groupe intransigeant, quand la majorité se révèle plus flexible.
      • . La forte demande d’une minorité pèse sur les coûts de distribution et la force des principes de cette minorité accélère l’effet de diffusion de la nouvelle règle.
      • Pour lui, cela signifie que la formation des valeurs morales dans la société ne provient pas de l’évolution du consensus : « non, c’est la personne la plus intolérante qui impose la vertu aux autres, précisément à cause de cette intolérance ».
      • Taleb déduit de ces réflexions logiques, une autre règle. Une minorité intolérante peut donc miner notre démocratie. Ce qui signifie que pour répondre à l’intolérance, il faut être plus intolérant encore que les minorités intolérantes. Pour Taleb, la société n’évolue pas par consensus, vote ou majorité. « Seules quelques personnes suffisent pour déplacer d’une manière disproportionnée l’aiguille. Tout ce dont ils ont besoin est une règle asymétrique quelque part. Et l’asymétrie est présente partout ».
    • tags: scénario pédagogique

      • explicitant le « savoir formaliser » nécessaire pour construire des scénarios pédagogiques en Information-documentation.
      • un « savoir formaliser »
      • ⇒ Objectif N°1 : Recenser les définitions et dégager les caractéristiques propres au concept de scénario pédagogique.
      • ⇒ Objectif N°2 : En déduire un niveau de formulation de ce concept.
      • ⇒ Objectif N°3 : Expliciter le « savoir formaliser » nécessaire à l’élaboration de scénarios pédagogiques en Information-documentation.
      • Au cours des années 1960, le terme « scénario » sera repris par le Docteur Eric Berne5 dans le champ de l’investigation psychique pour rendre compte des enchaînements répétitifs de séquences comportementales affectant le sujet
      • L’usage du terme « scénario » dans le champ de l’éducation est relativement récent.
      • Ce champ scientifique transdisciplinaire8 s’interroge sur les divers artéfacts informatiques susceptibles d’accompagner ou d’améliorer les processus d’apprentissage et d’enseignement.
      • L’ingénierie pédagogique pouvant se définir comme une méthodologie « soutenant l’analyse, la conception, la réalisation et la planification de l’utilisation des systèmes d’apprentissage, intégrant les concepts, les processus et les principes du design pédagogique, du génie logiciel et de l’ingénierie cognitive»
      • l’ingénierie de formation ou « démarche [permettant] de concevoir des formations de manière rationnelle »
      • un scénario pédagogique est un processus de conception pédagogique s’inscrivant dans un contexte pédagogique et institutionnel précis
      • Il est le moyen de mise en relation et de régulation des objets de structuration tel que les matériaux, les outils didactiques et les phases d’activité.
      • Le scénario pédagogique relève de l’enchaînement d’activités et d’interactions entre l’enseignant et les apprenants. Il constitue in fine le moyen d’expression de la créativité et de l’inventivité de son concepteur.
      • Ainsi, une unité d’apprentissage peut être de granularité variable :
      • Le niveau « micro » ou granularité la plus fine correspondant à une situation d’apprentissage durant laquelle les acteurs interagissent au sein d’un environnement défini et pendant une durée déterminée.
      • Le niveau « méso » ou « intermédiaire » relève du niveau intermédiaire de la granularité et correspond à une situation d’apprentissage durant laquelle diverses activités élémentaires sont organisées afin d’atteindre un ou des objectifs d’apprentissage, ce(s) dernier(s) étant déterminé(s) en termes de savoirs, savoir-faire et savoir-être.
      • Le niveau « macro » relève de la granularité la plus élevée et par conséquent à une situation d’apprentissage pour laquelle un ensemble de séquences pédagogiques va former une unité de structuration pédagogique logique à destination d’apprenants spécifiques.
      • nous pouvons aisément associer la granularité micro à la séance pédagogique info-documentaire, le niveau méso à la séquence pédagogique en Information-documentation et enfin le niveau macro au curriculum info-documentaire
      • La « finalité » relevant de la typologie du scénario, « prédictif » ou « descriptif ».
      • Le scénario « prédictif » est établi a priori en vue de la mise en place de la situation d’apprentissage afin de « rationaliser sa conception », « améliorer l’efficacité du déroulement des situations d’apprentissage », « responsabiliser les apprenants », ou encore « rationaliser l’évaluation des apprenants »
      • Le scénario « descriptif » consiste à décrire a posteriori le déroulement effectif de la situation d’apprentissage dans l’optique de « procéder à une évaluation didactique des situations d’apprentissage », « aider à l’évaluation des apprenants » et « contribuer à la constitution des profils, permettant d’individualiser l’apprentissage ».
      • Le degré de « contrainte » du scénario pédagogique, ce dernier pouvant être « contraint », « ouvert » ou « adaptable ».
      • Un scénario « contraint » vise la rationalisation de l’évaluation et décrit donc de façon précise les activités à réaliser en laissant par là même un faible degré d’initiative aux acteurs de la situation d’apprentissage (approche comportementaliste).
      • Le scénario « ouvert » décrit au contraire les grandes lignes des activités de l’apprenant et favorise la liberté d’organisation du parcours de ce dernier.
      • le scénario « adaptable » peut subir des modifications et être complété par les divers acteurs de la situation d’apprentissage.
      • Le degré de « personnalisation ».
      • Le degré de « formalisation » permettant de distinguer le scénario « informel », « formalisé » ou « automatisable ».
      • Le scénario « informel » relève d’un scénario conçu selon des règles empiriques dans l’objectif d’un enseignement-apprentissage.
      • Le scénario « formalisé » utilise un langage de modélisation pédagogique permettant le partage et la réutilisation du scénario entre pairs.
      • Le scénario « automatisable » utilise « un langage de modélisation pédagogique « calculable » afin d’assurer l’automatisation partielle ou totale lors des différentes phases de son cycle de vie (création, exploitation, évaluation) 
      • Le degré de « réification » permettant de distinguer d’une part le « scénario abstrait » ou « scénario-type » qui permet d’organiser le déroulement des activités lors d’une situation d’enseignement-apprentissage
      • d’autre part le « scénario contextualisé » ou « scénario concret » qui « décrit précisément les composants rées associés au scénario abstrait en termes d’affectation des rôles à des personnes physiques, de planification, de mise à disposition des ressources de connaissances, services ou outils »
      • nécessite un « savoir formaliser ».
      • Etape N°1 – Identification et délimitation des savoirs, savoir-faire et savoir-être info-documentaires à faire acquérir aux apprenants.
      • Etape N°2 – Réflexion sur les situations d’apprentissage permettant au professeur documentaliste de se représenter celles qui se rapportent aux savoirs en jeu au sein du scénario pédagogique.
      • Etape N°3 – Explicitation du déroulement du scénario pédagogique. Cette étape consiste à ordonner chronologiquement et de manière cohérente les séances en son sein en tenant compte de l’apprenant et de son apprentissage.
      • Etape N°4 – Description et analyse du scénario pédagogique. Cette dernière étape de scénarisation est primordiale et exigeante car nécessite la formalisation par l’enseignant des tâches à confier aux apprenants en identifiant ou en élaborant les consignes et les modalités de travail, les matériaux et les outils didactiques ainsi que la production. Le professeur documentaliste devra alors et a posteriori analyser chaque séance pédagogique relevant de son scénario en identifiant les obstacles et les éventuelles remédiations à apporter et en dressant in fine un bilan.
      • L’identification et la délimitation des savoirs, savoir-faire et savoir-être.
      • La réflexion sur les situations d’apprentissage.
      • L’explicitation du déroulement du scénario pédagogique visé.
      • Et enfin, la description et l’analyse dudit scénario pédagogique.

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