Lu cette semaine (weekly)

  • tags: accompagnement

  • tags: professionnalité enseignant

    • le thème de la professionnalité enseignante a pris une importance décisive dans l’approche actuelle de la formation des enseignants en France,
    • aux processus permettant d’y accéder, qu’il s’agisse du rôle de la recherche, décisif si l’on prend acte de la responsabilité de l’université dans ces processus, mais aussi de de la manière dont les formations universitaires intègrent formation académique et formation professionnelle.
    • à la nature de la professionnalité enseignante, dans son caractère individuel, mais aussi collectif (travail en équipe, rôle de la communauté éducative…).
    • Cette forme permet un meilleur partage de la voix et de croiser les regards de ses pairs, ce que les rangées de pupitres traditionnelles ne permettent pas.
    • À vrai dire, la lecture constitue une étape essentielle de la démarche prescrite par les ateliers philo.
    • Son rôle premier n’est pas d’amener les enfants à mieux lire (bien que ce soit là une conséquence probable de l’exercice), mais de les conduire à vivre une première situation d’échange, celle de partager un texte, premier pas dans un processus qui, plus tard, les amènera à échanger et à partager leurs questions, leurs idées, leurs points de vue et leurs sentiments à propos d’une question ou d’un problème que la lecture du texte aura éveillé.
    • En effet, les récits sont des agents médiateurs entre les enfants et la culture dont ils font partie.
    • Sous les traits des personnages qui font partie des histoires, c’est une partie de la pensée des philosophes qui est présentée aux enfants.
    • Il importe donc que les textes choisis puissent présenter, sous une forme adaptée pour les enfants, la pensée des philosophes dont ils sont les héritiers en même temps que les éventuels successeurs.
    • il est préférable d’utiliser des histoires construites spécifiquement pour les enfants, dans lesquelles les problèmes discutés dans les grands textes classiques reçoivent un traitement philosophique adapté pour les enfants.
    • De cette façon, non seulement les histoires philosophiques informent-elles les enfants de la culture philosophique dont ils sont les héritiers, mais en plus, elles modélisent des attitudes et exemplifient la pratique d’habiletés susceptibles d’être renforcées lors de la discussion en communauté de recherche.
    • Lorsque cela est possible, c’est-à-dire si les enfants savent lire un peu, il importe d’inviter les enfants à lire à haute voix un passage (une phrase, un paragraphe…) de l’histoire qui leur est présentée.
    • Il ne s’agit plus simplement des informations que Facebook dit qu’il va prendre et ce qu’il va en faire ; il s’agit de tout ce qu’il ne dit pas, et qu’il fait tout de même
    • Nous n’avons même plus besoin de cliquer sur « J’accepte ». Ils modifient simplement la politique de confidentialité, et en restant sur Facebook, vous acceptez.
    • Aucune de vos données sur Facebook n’est sécurisée ni anonyme, quels que soient vos paramètres de confidentialité.
    • . Il y a des violations de confidentialité très sérieuses, comme la vente de listes des produits que vous recommandez à des annonceurs et des politiciens,
    • des données de vos amis pour apprendre des informations privées sur vous
    • Pire encore, Facebook agit ainsi sans vous le dire, et sans vous révéler les dommages que vous subissez, même si vous le demandez.
    • Facebook donne vos données à des « tiers » via les applications que vous utilisez, puis il affirme que c’est vous qui le faites, pas eux.
    • À chaque fois que vous utilisez une application connectée à Facebook, vous autorisez Facebook à échapper à sa propre politique de confidentialité avec vous et vos amis.
    • Il arrive la même chose à vos données, qui sont révélées à n’importe quelle entreprise sans contrôle de votre part. Et cela se traduit par les différentes manières dont vos données peuvent révéler des choses vous concernant à des entités que vous ne souhaitez pas mettre au courant.
    • Pas besoin de parler d’une hypothétique surveillance gouvernementale ici. L’un des premiers investisseurs de Facebook, Greylock, a un conseil d’administration en lien avec la CIA via une entreprise appelée In-Q-Tel.
    • Il ne s’agit pas de la façon dont les commerciaux vous adressent des publicités ciblées : le problème, c’est que vos données sont achetées et vendues pour cela.
    • Dans quel pays envisagez-vous de partir en voyage ? Êtes-vous d’accord pour confier toutes ces informations sur vous aux forces de l’ordre de ce pays ? Parce que, sachez-le : elles les achètent.
    • Le truc, c’est qu’il n’y a pas besoin d’approuver une théorie du complot pour être concerné. Mark Zuckerburg lui-même a été très clair publiquement avec ses investisseurs à propos de ses intentions :
    • 1) Être l’intermédiaire de toutes les communications personnelles.
    • 2) Rendre publiques toutes les communications privées au fil du temps.
    • En réalité, il y a une foule de violations de la vie privée qui ne peuvent être désactivées, comme permettre aux publicitaires d’utiliser votre liste de contacts, couper la façon dont Facebook suit ce que vous lisez sur Internet, ou empêcher Facebook de collecter d’autres informations sur vous. Vous ne pouvez pas les désactiver !
    • Et vous en manquez plein aussi. Même si ceux de vos amis vous arrivent, cela ne veut pas dire que les vôtres leur parviennent.
    • À combien de messages Facebook pensez-vous avoir oublié de revenir plus tard, combien en manquez-vous simplement ? Est-ce comme ça que vous voulez traiter vos amis ?
    • Vous aviez juste un message d’erreur à propos de « contenu inapproprié ». Ouais, c’est ça ! Inapproprié pour qui ?
    • Facebook n’est pas une plate-forme neutre – nous devons être conscients des objectifs des gens qui sont derrière.
    • une théorie appelée le « Désir Mimétique » qui, parmi d’autres choses positives, peut utiliser les groupes sociaux des gens pour manipuler leurs désirs et leurs intentions (je suis un fan de Thiel quand il parle des startups – mais on oublie souvent que beaucoup de gens ne connaissent pas tout ceci).
    • Il suffit de quelques personnes pour classer comme offensant un article d’actualité, et il est supprimé du flux de tout le monde.
    • C’est de la censure facile et pas chère.
    • ces faux gros-titres renforcent nos convictions et nous sommes contents de les partager.
    • vous pensez que vous êtes en contact avec eux, mais vous ne l’êtes pas. Au mieux, vous êtes en contact avec une version filtrée de vos amis.
    • vous forcez vos amis et votre famille à accepter la même chose. Même ceux qui ne sont pas sur Facebook, ou qui vont jusqu’à utiliser des faux noms.
    • Si vous avez déjà utilisé la synchronisation des contacts Facebook, ou si vous avez déjà utilisé Facebook sur votre téléphone, alors Facebook a récupéré la totalité de votre liste de contacts.
    • Puis ils utilisent tout ça pour créer des « profils fantômes » des gens que vous connaissez et qui ne sont pas sur Facebook
    • Il suffit de publier quelques photos avec son visage (ils peuvent l’identifier sur des photos), et voilà, ils peuvent ajouter les données de géolocalisation tirées des photos à son profil fantôme
    • Donc en gros, on a tous balancé accidentellement nos amis qui voulaient préserver leur vie privée. Facebook nous a piégés.
    • La technique du « like fantôme » est simplement une utilisation standard des techniques statistiques en marketing de base de données.
    • En Europe, Facebook est légalement obligé de partager toutes les informations qu’il a sur vous, mais il refuse
    • Au travers de son labyrinthe de redéfinitions des mots comme « information », « contenu » et « données », vous permettez à Facebook de collecter toutes sortes d’informations sur vous et de les donner à des annonceurs.
    • Avec votre permission seulement, disent-ils, mais la définition de « permission » contient l’utilisation d’une application ou qui sait quoi d’autre.
    • Vous voyez comment ça marche ? Vous dites à Facebook que c’est « uniquement pour vos amis », mais vos amis peuvent le révéler à un « tiers ». Et la plupart des applications qu’ils utilisent sont des « tiers ».
    • Donc en fait, tout ce que vous marquiez en « amis seulement » n’a pas grande importance. En étant sur Facebook, il y a bien plus d’informations à votre propos qui sont collectées, combinées, partagées et utilisées.
    • ls disent qu’ils « anonymisent » ça, mais en réalité il n’y a qu’une étape pour le dés-anonymiser.
    • En plus, ils permettent à toutes les applications Facebook d’avoir un accès complet à vos informations – avec votre nom et tout. Et même si vous n’utilisez jamais d’application sur Facebook, vos amis le font.
    • Lorsqu’ils utilisent ces applications, ces amis partagent toutes vos informations pour vous. Il y a toute une industrie derrière.
    • Certaines choses ont bien un bouton « off », mais rappelez-vous que c’est temporaire, et comme Facebook l’a fait dans le passé, ils les réactiveront sans vous en avertir.
    • Avec le temps, ils ont passé les paramètres de confidentialité à « public par défaut ». De cette façon, si vous vouliez toujours garder Facebook mais seulement pour vos amis, vous deviez trouver manuellement plus d’une centaine de paramètres sur d’innombrables pages cachées. Ensuite, ils ont abandonné ces paramètres pour forcer les informations à être publiques de toute façon.
    • En gros, Facebook donne aux annonceurs le droit d’utiliser vos recommandations, mais vous n’avez aucun contrôle dessus.
    • Mais dans la plupart des cas, ces « recommandations » ne sont pas découvertes – les gens pensent qu’elles sont vraies.
    • C’est encore plus effrayant, car Facebook est largement utilisé pour la promotion politique, et la recommandation de produits.
    • Les gens savent que j’ai déjà collecté des fonds pour le soutien d’enfants malades du cancer, donc cela ne les étonnera peut-être pas de voir une publicité où je recommande un programme chrétien d’aide aux enfants pauvres en Afrique. Mais je ne soutiens absolument pas les programmes qui ont une tendance religieuse, car ils sont connus pour favoriser les gens qui se convertissent.
    • L’usage de Facebook exige de vous suivre à la trace, de connaître ce que vous achetez, vos informations financières comme les comptes bancaires et les numéros de carte de crédit.
    • Ils utiliseront le fait que vous êtes restés sur Facebook comme « la permission » d’échanger avec toutes sortes de banques et institutions financières afin d’obtenir vos données d’eux.
    • ls diront que c’est anonyme, mais comme ils dupent vos amis pour qu’ils dévoilent vos données aux tiers avec des applications, ils créeront des échappatoires ici aussi.
    • Facebook insiste aussi pour suivre à la trace votre emplacement via le GPS de votre téléphone, partout et tout le temps.
    • Ils sauront tout ce qui peut être révélé par votre emplacement et ils l’utiliseront pour faire de l’argent.
    • Les données relatives à votre géolocalisation et vos moyens financiers ne sont pas seulement sensibles, elles permettent à des entreprises tierces (extérieures à Facebook) de dés-anonymiser des informations vous concernant.
    • Donc supprimer votre compte Facebook (pas simplement le désactiver) est nécessaire pour arrêter tout ça, puis il y a quelques autres étapes à suivre pour tenter de réparer les dégâts :
    • Préparation (facultative)
    • Supprimer votre compte
    • Précautions supplémentaires
  • « Parcourue par des logiques de flux et de valorisation des flux, notre époque serait marquée ou se démarquerait – si l’on peut dire – par une « explosion » des volumes de données numériques, reflétant le monde jusque dans ses moindres événements sous une forme éclatée, segmentée, distribuée, décontextualisée, déhistoricisée , ou, pour le dire autrement, sous forme de données individuellement a-signifiantes mais quantifiables, opérant comme de purs signaux en provenance du monde connecté, métabolisables à grande vitesse par les systèmes informatiques. L’enregistrement systématique et par défaut de quantités massives de données numériques et les nouvelles possibilités d’agrégation de ces données (datamining) met à disposition des autorités publiques et des entreprises privées une nouvelle sorte de « savoir », fondé sur des données triviales, pas nécessairement privées par nature, mais qui, en raison de leur quantité (plus que de leur qualité), nous exposent individuellement et collectivement à une série de risques inédits, irréductibles aux enjeux de protection de la vie privée et de protection des données à caractère personnel. C’est de quelques-uns de ces risques inédits que nous voudrions esquisser ici une amorce de diagnostic. Disons tout de suite que ces risques inédits ne tiennent pas tant à une plus grande visibilité, ou à une perte relative d’anonymat ou d’intimité des individus qu’à : 1) un court-circuitage des capacités d’entendement, de volonté et d’énonciation des individus, et donc de la fonction-personne, par des systèmes informatiques capables prendre de vitesse, littéralement, et de neutraliser ceux des effets de l’incertitude radicale qui seraient suspensifs des flux (de données, d’objets, de capitaux, de personnes,…) ; 2) une hypertrophie de la sphère privée (l’intensification de la personnalisation algorithmique des environnements et interactions numériques) ; 3) une raréfaction des occasions d’exposition des individus à des choses qui n’auraient pas été pré-vues pour eux, et donc un assèchement de l’espace public (comme espace de délibération, de formation de projets non rabattus sur la seule concurrence des intérêts individuels), ces choses non pré-vues, étant précisément constitutives du commun, ou de l’espace public. »

    tags: données big data idéologie liberté choix possibles

  • tags: éditorialisation de soi

  • tags: trace

    • un exemple de la manière dont les pratiques quotidiennes et les processus scientifiques se rejoignent ?
    • Mais de quelle manière la lecture de traces peut-elle être différenciée de la lecture d’un texte ? Comment cette lecture se démarque-t-elle de l’interprétation de signes textuels et iconographiques ?
    • Découvre-t-on les traces ou celles-ci naissent-elles lors de l’acte de lecture ?
    • Les conventions et les usages culturels entrent-ils en jeu dans l’acte de lecture des traces ?
    • Les traces sont-elles donc des faits sociaux, tel un indice judiciaire qui doit être reconnu comme une preuve, ou font-elles partie du monde muet des choses ?
    • le postulat de Saussure, selon lequel la valeur d’un signe naît uniquement dans sa relation aux autres signes
    • l’approche de Cassirer, qui soutient qu’il nous faut concevoir la réalité comme une variété des formes symboliques par lesquelles tout ce qui nous est donné devient une construction interprétative
    • différentes expressions caractérisant une tendance qui consiste à libérer les signes des liens qu’ils entretiennent avec ce qui n’en a précisément pas les caractéristiques
    • De fait, les actes de « représenter »5, de « lire », d’« interpréter » acquièrent dans le contexte de la lecture des traces une signification qui ne s’épuise pas dans les systèmes de signes à eux seuls.
    • « Spur » [la « trace » en Allemand, NdT], en latin « vestigium », vient du vieux haut-allemand « spor » et signifie à l’origine l’empreinte de pied.
    • « Spüren » (« ressentir »)6, i. e. l’acte qui consiste à relever et à suivre une piste, est intimement lié à cette signification
    • Ce n’est donc pas la formation d’une trace, mais plutôt l’emploi qui en est fait après sa genèse qui est à l’évidence la forme d’activité « correspondant » à la trace.
    • seule l’utilisation qui est faite d’une trace la constitue comme telle ?
    • Les acceptions techniques de ce terme renvoient elles aussi au fait de « suivre une piste »
    • , « Spur » (la trace) désigne le respect d’une direction précise et bien définie.
    • De l’acte consistant à chercher une piste, nous sommes ainsi arrivés à une opération réglementée, voire, pour reprendre l’exemple de l’écartement des voies des trains, à une norme !
    • utilisait Spur pour parler d’une quantité infime, d’une bricole, dans le sens de ce qui n’est repérable et perceptible qu’à l’état de « Spurenelement » (oligoélément)
    • voire de ce qui fait défaut
    • on peut voir que quelqu’un ou quelque chose est passé.
    • La présence de la trace témoigne de l’absence de ce qui l’a formée.
    • Les traces ne donnent pas à voir ce qui est absent, mais plutôt l’absence même.
    • Les lecteurs de traces sont en effet mus par des intérêts particuliers et ils poursuivent des objectifs spécifiques.
    • L’attention, nécessaire lors de la lecture de traces qui sont toujours imperceptibles dans un premier temps, est par conséquent toujours une « attention ciblée ».
    • sans signature physique, il n’y a pas de trace.
    • elles sont perceptibles dans et sur un matériau donné. Les traces font partie du monde des choses.
    • Ce n’est que parce qu’il existe une continuité dans la matérialité, la corporéité et la sensorialité du monde qu’il est possible de laisser ou de lire des traces
    • pensé selon les termes d’une relation de cause à effet
    • La trace authentique […] dérange l’ordre du monde
    • Les traces correspondent à l’irruption d’un au-delà inconnu au sein d’un ici-bas familier.
    • 7On ne fabrique pas une trace, on la laisse, et ce sans intention aucune.
    • dès lors qu’une trace est sciemment laissée et mise en scène en tant que telle, il ne s’agit plus d’une trace.
    • Seul ce qui n’est pas intentionnel, ce qui est involontaire, incontrôlé, arbitraire, grave ou dessine ces lignes de rupture qui peuvent être lues comme des pistes.
    • C’est justement ce qui échappe à notre attention, à notre contrôle ou à notre vigilance qui, à partir de nos actes, prend la forme d’une trace :
    • Pour que de « simples » choses deviennent des traces, il importe que l’on soit animé par des intérêts ciblés et guidé par une perception sélective de l’environnement.
    • L’inattention de celui qui laisse des traces et l’attention de celui qui les lit, qui les trouve et les identifie, constituent les deux facettes de la trace.
    • Une chose qui ne peut que faire l’objet d’une seule interprétation et ne peut avoir qu’une signification n’est pas une trace, mais plutôt le signe de quelque chose.
    • C’est la raison pour laquelle les traces sont polysémiques : cette caractéristique est constitutive de la trace, en ce sens il est impossible d’en faire abstraction.
    • L’« essence » de la trace est en effet « d’avoir été ».
    • un décalage temporel entre l’acte consistant à laisser une trace et celui consistant à la lire
    • la trace exprime quelque chose par le biais de l’interprétation narrative,
    • Cela vaut grossièrement pour la réceptivité d’un matériau qui doit être « souple », c’est-à-dire dont la structure interne doit être suffisamment molle pour permettre la formation d’une trace
    • Identifier une trace signifie que l’on peut opérer une distinction entre ce qui est une trace et ce qui n’en est pas une
    • Les traces doivent s’assembler, à la manière de fragments, pour donner une forme pleine.
    • souvent, ce sont plusieurs choses qui s’assemblent pour former une trace.
    • Les traces représentent en somme le lieu où les choses muettes « se mettent à parler » grâce à notre intuition
    • la méthode du relevé de traces soit tout d’abord apparue comme technique artistique dans le contexte de l’arte povera,
    • c’est-à-dire d’une pratique qui mène, le cas échéant, à un nouveau savoir, mais qui nous laisse découvrir, dans le même temps, les limites de ce dernier
    • La lecture des traces est un art scientifique du quotidien
    • De même, l’art de la prédiction et la mantique, c’est-à-dire l’art de l’interprétation dans des « situations où la visibilité est réduite »27 sont les modalités d’un comportement qui vise à suivre des traces pour s’orienter
    • Charles Sanders Peirce a introduit le concept d’« abduction » (dérivé du latin abductio, ou « action d’enlever ») comme troisième forme de conclusion possible après la déduction et l’induction.
    • . Il lui attribue par conséquent des fondements biologiques et souligne par ailleurs que selon lui, elle n’est pas seulement de nature cognitive, mais qu’elle est aussi accompagnée d’une émotion et d’une satisfaction physique
    • Est-ce donc à dire que la lecture de traces en tant qu’art scientifique archaïque et que technique d’orientation élémentaire se rapproche de la conclusion abductive
    • La formation des traces devient le modèle explicatif du fonctionnement de la mémoire
    • Platon associait déjà fermement le thème de la formation de la mémoire à celle des traces
    • Ce n’est que lorsque les traces latentes deviennent une aperception et qu’elles font l’objet d’une réflexion qu’elles parviennent à la conscience, constituant ainsi le contenu manifeste du souvenir
    • la formation des traces a une valeur ontologique et épistémologique.
    • Pour Plotin, le réel est aussi une trace ; il constitue, en ce sens, un ensemble de références
    • Ces traces représentent en retour l’ascension vers la connaissance que l’on comparera à l’Échelle de Jacob
    • Plotin mentionne déjà que la trace indique la voie à la connaissance. Or, ceci est ensuite interprété par Bonaventure et plus tard par Nicolas de Cues et Giordano Bruno, non seulement comme une explication positive des possibilités de notre connaissance, mais aussi comme une exposition négative des limites imposées à la connaissance.
    • Dans la perspective de méthodes sémiologiques, l’indexicalité est une possibilité d’analyse propre aux sciences humaines.
    • ce « paradigme de l’indice » incarne une sorte de contre-projet au type « galiléen » des sciences (naturelles), lesquelles sont basées sur l’abstraction et la généralisation.
    • La psychanalyse, l’histoire de l’art et le roman policier forment pour Ginzburg les trois pôles du paradigme de l’indice.
    • Freud interprète-t-il les propos de ses patients comme des symptômes, comme des traces inconscientes de traumatismes passés, justifiant la psychanalyse
    • ’historien de l’art Giovanni Morelli parvient à identifier à l’aide de détails picturaux mineurs, dont les artistes n’ont généralement pas conscience, « la signature individuelle » des peintres avec une telle précision qu’il parvient à découvrir des cas spectaculaires de falsifications d’œuvres d’art
    • personnage littéraire Sherlock Holmes reconstruit avec une surprenante intuition et l’instinct d’un renard le déroulement d’un crime à partir de minuscules indices laissés involontairement
    • Dans de nombreuses micro-études portant sur les recherches quotidiennes effectuées en laboratoire, on voit s’esquisser une « science dans l’action » qui, par son caractère interventionniste et sa tendance à mettre en scène ses objets, rappelle le fonctionnement d’un moteur de recherches, qui travaille souvent de manière fragmentaire et qui est destiné à produire des traces d’objets la plupart du temps invisibles
    • la visualisation scientifique, c’est-à-dire la représentation graphique de données de mesure, de résultats de simulation et de suppositions théoriques, joue non plus seulement un rôle d’illustration, mais aussi de construction de la connaissanc
    • En effet, les médias sont bien souvent à l’origine de notre idée de ce que « sont » les hommes et les femmes, des comportements que nous voulons reproduire ou, au contraire, éviter, et des modèles que nous souhaitons imiter pour remplir le rôle de genre qui nous a été attribué.
  • tags: sécurité informatique smartphone espionnage

  • tags: performance individualisme indicateur quantified myself

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Lu cette semaine (weekly)

  • tags: parcours différenciation acteur formation

    • Les parcours sociaux sont de plus en plus variés
    • considérer les parcours individuels comme encastrés dans des dimensions collectives
    • la politique éducative intègre depuis longtemps l’employabilité des jeunes
    • modéliser les parcours
    • La formation tout au long de la vie est encore plus marquée par la différenciation des parcours.
    • Au-delà des caractéristiques individuelles identifiables (origine sociale, formation, emplois occupés…), ces parcours sont aussi conditionnés par l’environnement de travail,
    • la qualité du travail (performance, santé…) dépend largement des ressources psychosociales mobilisables
    • Cette socialisation secondaire reste cependant parfois incomplète, et les institutions tentent aussi d’y remédier.
  • tags: circulaire de rentrée 2017-2018

    • refondation de l’École est devenue alors l’une des priorités de l’action publique.
    • renforcement de la formation des enseignants et personnels d’éducation
    • mise en place des parcours éducatifs
    • permettre à chaque élève de construire progressivement un parcours cohérent, souple et sécurisé répondant à ses besoins et à ses aspirations
    • Afin de reconnaître pleinement le travail des personnels de l’éducation, leurs carrières sont modernisées et revalorisées dans le cadre du protocole « Parcours Professionnels, Carrières et Rémunérations » (PPCR)
    • Dans la continuité de l’engagement pris en 2012, nous portons pour la rentrée 2017 le projet d’une école exigeante et attentive au parcours de chaque élève (1), d’une école pleinement porteuse des valeurs de la République (2) et ouverte sur le monde contemporain (3), grâce à des équipes pédagogiques mieux accompagnées (4).
    • Quant au dispositif « Plus de maîtres que de classes », qui vise à prévenir et à lutter contre la difficulté scolaire et réduire ainsi les écarts de réussite, il sera, à la rentrée prochaine, déployé dans toutes les écoles primaires de l’éducation prioritaire.
    • Ce dispositif implique la création de formations dédiées pour tous les acteurs permettant d’améliorer les compétences didactiques des enseignants, notamment les pratiques professionnelles induites par la co-intervention et le co-enseignement.
    • L’action des Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED), distincte de celle des enseignants du dispositif « Plus de maîtres que de classes », sera donc soutenue par un pilotage renforcé de ces réseaux.
    • En plus des 24 heures hebdomadaires d’enseignement, les Activités pédagogiques complémentaires (APC) permettent d’aider les élèves lorsqu’ils rencontrent des difficultés dans leurs apprentissages, les accompagnent dans leur travail personnel ou leur proposent toute autre activité prévue par le projet d’école.
    • conçu comme un continuum.
    • qu’il s’agisse de la construction de progressions pédagogiques cohérentes ou encore des échanges sur des gestes professionnels communs favorisant la meilleure acquisition des fondamentaux.
    • Cette collaboration favorise l’émergence d’une culture pédagogique commune entre les premier et second degrés, condition nécessaire pour améliorer la réussite de tous les élèves
    • Projets éducatifs territoriaux (PEDT)
    • accompagner tous les élèves pour leur réussite scolaire
    • préparer les élèves à devenir des citoyens engagés et responsables
    • vaincre le décrochage scolaire
    • L’octroi d’une dotation horaire supplémentaire de trois heures à la rentrée scolaire 2017 permet de répondre efficacement aux besoins de chaque établissement et favorise la diversification des modalités d’enseignement.
    • L’organisation du temps scolaire est repensée pour mieux tenir compte des rythmes de vie et d’apprentissage des élèves.
    • valorisant en particulier l’interdisciplinarité.
    • une banque de ressources est mise à leur disposition sur Éduscol.
    • . Le livret scolaire unique du CP à la 3e est un des instruments nécessaires de cette information
    • un plan remplacement permettra à la fois de mieux gérer les absences des enseignants, de mieux organiser leur remplacement et de mieux informer les élèves et leur famille.
    • Au collège, l’accompagnement personnalisé constitue dorénavant un temps privilégié pour réfléchir aux processus d’apprentissage et explorer avec les élèves différentes modalités d’enseignement.
    • Une réflexion est menée sur le travail personnel des élèves,
    • La mise en œuvre du parcours Avenir, proposé depuis la rentrée scolaire 2015, à tous les élèves de la classe de 6e à la classe de terminale se poursuit. P
    • des parcours d’excellence,
    • L’application Folios permet de rendre compte des parcours éducatifs suivis par les élèves. Chaque élève peut devenir acteur de son parcours et garder la trace de son travail et de ses activités, y compris de ses engagements dans et hors de l’école, dans un compte personnel.
    • (parcours Avenir, parcours d’éducation artistique et culturelle, parcours éducatif de santé, parcours citoyen).
    • Le référentiel de l’éducation prioritaire fournit des repères fiables aux équipes pour permettre de conforter et développer les orientations pédagogiques les plus efficaces pour la réussite de tous qu’il s’agisse d’enseigner plus explicitement en s’attachant à clarifier les enjeux des tâches scolaires,
    • d’aider les familles en situation de précarité économique.
    • . C’est ainsi qu’afin de concourir à la démarche de promotion de la santé (éducation, prévention et protection), tous les élèves bénéficient d’un parcours éducatif de santé (PES) de la maternelle au lycée.
    • , le parcours d’éducation artistique et culturelle a pour objectif de lutter contre les inégalités d’accès aux arts et à la culture. S’appuyant notamment sur le partenariat avec les acteurs du monde de l’art et de la culture, ou encore avec les collectivités territoriales, la structuration de ce parcours repose sur un pilotage territorial fort.
    • Afin d’accompagner les territoires les moins pourvus de ressources culturelles, l’École a développé des dispositifs en lien avec le ministère de la culture et de la communication à l’exemple de l’opération « Création en cours ».
    • . Les Pôles d’enseignement pour jeunes sourds (PEJS) permettent de regrouper dans un secteur géographique donné les ressources nécessaires à leur accompagnement, dans le cadre d’un parcours continu et cohérent de l’école maternelle au lycée.
    • Le pilotage renforcé de la scolarisation des élèves allophones nouvellement arrivés, avec la mobilisation des corps d’inspection et l’appui des Centres académiques pour la scolarisation des enfants allophones nouvellement arrivés (Casnav), doit permettre l’accueil sans délai et l’accompagnement de tous ces enfants et adolescents, en portant une attention particulière aux situations de grande précarité, aux mineurs non accompagnés, aux enfants de réfugiés et de demandeurs d’asile et aux effets psychologiques de ces situations.
    • , une nouvelle impulsion a été donnée au dispositif « Ouvrir l’école aux parents pour la réussite des enfants » (OEPRE).
    • Il s’agit ainsi d’aider ces derniers à acquérir la langue française, à connaître le fonctionnement et les attentes de l’école ainsi que les valeurs de la République.
    • Afin de prévenir le décrochage scolaire, les alliances éducatives et le parcours aménagé de formation initiale, expérimentés dans plusieurs académies l’an passé, sont généralisés cette année.
    • Les réseaux « Formation Qualification Emploi » (Foquale) de l’éducation nationale renforcent l’offre de formation (service civique alterné, clause sociale de formation, structures de retour à l’école, etc.) proposée aux jeunes en situation de décrochage.
    • es Équipes mobiles de sécurité (EMS)
    • ce d’Assistants chargés de prévention et de sécurité (APS)
    • La pédagogie de la laïcité et le parcours citoyen
    • , le parcours citoyen met en cohérence la formation de l’élève sur le temps long de sa scolarité, dans les premier et second degrés, mais aussi sur l’ensemble des temps éducatifs de l’élève, scolaire et périscolaire.
    • L’ensemble de la communauté éducative a la responsabilité de construire et de faire vivre le parcours citoyen, en assurant la convergence, la continuité et la progressivité des enseignements, des dispositifs et des projets, dans les écoles et les établissements scolaires, au sein des conseils de cycle, des conseils école-collège, des conseils pédagogiques et des Comités d’éducation à la santé et à la citoyenneté (CESC), dans les académies, au sein des Comités départementaux d’éducation à la santé et à la citoyenneté (CDESC) et des Comités académiques d’éducation à la santé et à la citoyenneté (CAESC). Ce parcours s’appuie sur la participation active de l’élève à la vie sociale et démocratique de la classe et de l’école ou de l’établissement (Conseil de vie collégienne, Conseil de vie lycéenne, association sportive, etc.).
    • la remise du livret citoyen constitue une étape importante du parcours citoyen de l’élève.
    • être poursuivie et les ressources proposées notamment sur le portail « Valeurs de la République » de Réseau Canopé – « Outils pour l’égalité filles-garçons » et « Éduquer contre le racisme et l’antisémitisme » – largement diffusées. La production de ressources et les campagnes d’information sont favorisées.
    • impose une éducation renforcée aux médias et à l’information, incombant en particulier aux professeurs documentalistes.
    • le développement de l’esprit critique chez les élèves, adossé au travail de formation au décryptage du réel et à la construction, progressive, d’un esprit éclairé, autonome et critique est une ambition majeure de l’École.
    • Grâce aux enquêtes locales de climat scolaire pour l’école (cycle 3),
    • a lutte contre le harcèlement et le cyber harcèlement
    • 2.4. Une relation plus forte avec les parents au service de la réussite des élèves
    • Dans le cadre de la deuxième phase de mise en œuvre du « Plan 500 000 formations », le réseau des Greta se mobilise. Il contribue à la politique nationale de formation en veillant à être en phase avec les besoins du monde économique, tout en prenant en compte la diversité des publics accueillis, notamment les plus fragiles.
    • C’est le sens de son engagement dans le dispositif cléA qui vise l’acquisition d’un « socle de connaissances et de compétences professionnelles »
    • dans le développement d’une offre de formation appuyée sur les blocs de compétences
    • en lien avec le déploiement du compte personnel de formation.
    • pour favoriser l’accès progressif à la certification
    • Ces actions s’inscrivent pleinement dans la politique publique en matière de qualité de la formation professionnelle, au travers du label qualité Eduform.
    • Les évolutions législatives et réglementaires relatives à la VAE permettront une promotion et un développement de cette modalité d’accès à la certification 
    • la possibilité de prendre en compte dans cette durée des périodes de formation en milieu professionnel
    • l’abaissement de la durée d’expérience exigée à un an
    • grâce aux blocs de compétences, d’accéder de façon progressive à la certification et la conservation sans limitation de durée des unités acquises doivent favoriser l’accès à la certification.
    • Cet objectif doit se concrétiser dans le cadre du déploiement de la carte académique des langues vivantes étrangères et régionales.
    • Les enseignements internationaux de langues étrangères (EILE)
    • Ces enseignements sont dispensés durant le temps scolaire, en sus des 24 heures d’enseignement obligatoires, et ouverts à partir du CE1 à tous les élèves volontaires, quels que soient leur origine, leur nationalité et leur niveau linguistique de départ
    • Le processus actuellement en cours de finalisation avec les pays concernés se mettra en place progressivement afin de réunir toutes les garanties d’une transition réussie. Il s’agira également de consolider la réforme déjà mise en place avec le Portugal.
    • à favoriser la mobilité et à nouer des partenariats avec des écoles et des établissements étrangers.
    • asion du 30e anniversaire du programme européen ERASMUS+, les sont l’occasion de rassembler l’ensemble des partenaires pour valoriser les projets menés.
    • place du numérique dans les enseignements et les pratiques éducatives.
    • dans un cadre de référence des compétences numériques, couvrant la scolarité obligatoire ainsi que le lycée et publié à la rentrée
    • logique de développement professionnel tout au long de la carrière.
    • r un accompagnement renforcé des néo-titulaires pendant deux ans grâce aux journées de formation organisées à leur intention dans les plans académiques de formation.
    • M@gistère
    • « Focus : savoirs et démarches pour enseigner dans le premier degré ». Construite comme un ensemble de modules d’auto-formation très courts, cette collection doit permettre de répondre aux besoins des enseignants.
    • La formation des formateurs est une priorité.
    • Afin de développer leur expertise et une culture partagée, un parcours M@gistère à leur destination, centré sur les formations de proximité, est en cours de préparation
    • un parcours M@gistère de formation de formateurs éducation prioritaire sera mis à disposition des académies afin qu’elles puissent assurer elles-mêmes, en fonction des besoins, la formation de nouveaux formateurs pour les Rep+ et Rep
    • L’ensemble de ces formations veille à la bonne prise en compte des apports de la recherche.
    • élaboration d’une cartographie des ressources en recherche de l’éducation dans chaque académie.
    • les Lieux d’éducation associés (LEA) qui constituent un exemple de mise en synergie d’équipes de recherche et d’enseignants, avec le réseau des ESPE ou encore avec les laboratoires de recherche, conforte la pertinence des démarches pédagogiques adoptées et des dispositifs mis en place par les acteurs de l’éducation.
    • Le développement des Instituts Carnot de l’éducation (ICé) est étendu avec le soutien du programme d’investissements d’avenir.
    • des travaux du Conseil national pour l’innovation et la réussite éducative (CNIRE)
    • 4.4. Le PPCR et l’évaluation des enseignants

       

      Les personnels enseignants et d’éducation

    • Les mesures au bénéfice des personnels enseignants, d’éducation et psychologues de l’éducation nationale se traduisent en termes d’amélioration de la rémunération et du déroulement de la carrière.
    • La carrière est rendue plus lisible et transparente avec des durées d’échelon fixes et connues de tous.
    • La création d’une classe exceptionnelle ouvre de nouvelles perspectives de carrière : à partir de septembre 2017,
    • les personnels enseignants pourront accéder à ce troisième grade qui constitue un levier supplémentaire au service d’une politique promouvant le parcours et l’engagement professionnel des personnels.
    • prioritairement accessible aux personnels enseignants qui auront exercé en éducation prioritaire
    • occupé des missions ou responsabilités particulières, pendant au moins huit ans
    • tenir compte de parcours professionnels remarquables.
    • modifier les finalités de l’évaluation professionnelle
    • plus et mieux faire participer les personnels d’inspection
    • L’objectif est d’en faire un véritable outil de politique de ressources humaines.
    • à la formation continue, au suivi et au conseil individuels et/ou collectifs
    • dans le second degré, les personnels de direction au pilotage pédagogique
    • à l’accompagnement des personnels enseignants dans le cadre de leur exercice et de leur parcours professionnels.
    • quatre rendez-vous de carrière pour faire le point de manière approfondie et objectivée sur son parcours.
    • Des accélérations de carrière ou des perspectives de promotion plus rapides permettront de reconnaître et valoriser les parcours et l’engagement professionnel.
    • privilégier la suite de la carrière, en faisant plus particulièrement porter l’effort de revalorisation sur le milieu de cette carrière.

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Lu cette semaine (weekly)

  • « Saviez-vous que les partis politiques établissent des stratégies de démarchage à partir des données très personnelles des citoyen·ne·s ? »

    tags: micro-ciblage ciblage comportement électoral base de données des intentions

  • Position critique de la notion d’accompagnement. Définitions des différents registres d’intervention et de deux registres transversaux : entre soutien et intervention, persuasion et suggestion, entre mandat et demande, entre primat de l’action et devoir d’ingérence dans un contexte de perte des accompagnements traditionnels inscrit dans le temps long et l’espace communautaire et le remplacement par un soucis de rentabilité économique et de paix sociale

    tags: accompagnement registre d’accompagnement différenciation des pratiques

    • L’accompagnement évince le guidage, le conseil, le bilan, le secours, et même l’aide, qui reste valorisée si elle est « entraide mutuelle » ou « relation d’aide ». Seul « coach » semble résister à la déferlante, mais il est de toute façon défini par ses professionnels comme étant avant tout un accompagnement
    • l’explosion du travail et des métiers relationnels dans la société
    • une psychologisation des problèmes sociaux d’une part
    • des processus de formalisation et d’objectivation de l’interaction avec autrui
    • la catégorisation des conduites d’autrui d’autre part
    • Toute une série de tâches relationnelles, par exemple du côté du care (prendre soin de) ou de la médiation, autrefois assurées dans un cadre non professionnel (famille, voisinage, communautés), ont donné lieu à l’émergence de descriptions, de mises en forme susceptibles de faire métier
    • demande sociale
    • demandes individuelles (en lien avec la solitude, le chômage, les mobilités obligées)
    • demandes collectives des associations confrontées à la montée de la précarité, des syndicats, des professionnels
    • demandes institutionnelles
    • Et le besoin d’euphémisation de la dureté du monde social fait celui du mot « accompagnement » pour penser le travail relationnel
    • penser l’accompagnement, par les divers registres d’action du travail relationnel, pour récupérer le caractère tranchant des oppositions de postures, des divergences éthiques, des oppositions cognitives, qui peuvent différencier des pratiques possibles, des intentions, des gestes.
      • Pour chaque registre, nous avons précisé :

         

         

      • le sens de l’action, la source de sa légitimité ;

      •  

      • le statut symbolique de l’autrui visé.

      •  

       

      Précisons l’usage de ce tableau

  • Dans la pratique professionnelle concrète, ils aboutissent cependant à des gestes différents, à des manières d’être différentes en situation.
  • Le registre de l’« intervention » est proche de la « persuasion », mais il implique l’idée d’action efficace sur des comportements ou des situations et pas seulement d’action symbolique sur des images
  • entre le soutien et l’intervention
  • Persuasion-suggestion et intervention tendent à être des régimes transversaux.
  • Le tableau des douze registres permet cependant de nommer des tensions qui parcourent actuellement les métiers et qui peuvent aussi être l’objet de dissensions entre prestataires et destinataires.
  • Bien sûr, les « accompagnants » perçoivent naturellement leur activité comme engageant d’abord le registre 10, celui du soutien. Mais ils font bien d’autres choses.
  • les travaux de Fassin (2004) sur les lieux d’écoute mettent en évidence diverses formes de violence symbolique, liées à des a priori culturels et à l’imposition de normes de conduite et de parole propres aux classes moyennes.
  • une autre facette : le poids des exigences de résultats sur les pratiques
  • Diminution de l’écoute humaniste au profit d’une écoute (peut-on dire ?) standardisée, comptage du temps (contraire à ce que l’idée d’hospitalité implique de « sans compter »), tri des clientèles « rentables », c’est-à-dire celles qui permettent à l’action d’être jugée efficace par les évaluateurs externes ou les tutelles, maniement de formes plus ou moins subtiles de punition et de contrainte
  • oncerne les registres où l’on intervient pour le bien d’autrui, au nom d’une mission qui a été confiée à l’agent par une organisation, une institution, la société
  • La priorité au mandat
  • La priorité à la demande
  • requiert l’existence d’une demande (donc l’abstention en cas de non-demande
  • Les registres « analytique », « assistanciel », « du soutien » et « du commerce », pour des raisons propres à chacun et de manière spécifique, donnent la priorité à la demande.
  • Les autres registres, notamment ceux de l’éducatif, de l’intervention, ou le registre sécuritaire, au mandat.
  • Les registres qui donnent la priorité à la demande doivent résister aux actuelles tentatives de rationalisation institutionnelle ou économique, qui tendent à considérer les attentes de l’expression de la demande ou le respect strict de la demande d’autrui comme un luxe, une démagogie, une perte de temps ou un manque d’efficience et d’efficacité
  • Ils doivent aussi résister aux assauts de l’idéologie punitive qui tend également à suspecter les demandes. Paresse, mauvaise volonté, « attendre que cela tombe tout cuit », « pensée magique », « ne pas faire un effort », « ne penser qu’à ses droits et oublier ses devoirs », « ne pas chercher à s’intégrer » sont ainsi des figures de la mauvaise demande
  • lle n’arrive pas à se formuler. Il faut donc aider à son émergence
  • « clinique de la
  • non-demande
  • de nombreux « dispositifs » de soutien aux populations précarisées sont de forme contractuelle et formulent des exigences : on n’aide pas « pour rien », on ne fait pas de « l’assistanat », on aide seulement les bons usagers ou les étrangers compliants, ceux qui font des efforts concrets pour être employables, qui donnent des « garanties », qui ont montré qu’ils sont « actifs »…
  • Les choses changent. Certains registres d’action sont en fait en perte de vitesse. Le registre qui devient dominant (Demailly, 2008) est celui de l’intervention. Pourquoi?
  • D’abord le travail d’accompagnement, comme tout travail, est soumis à un processus de rationalisation. Il se met à la cadence commune.
  • la possibilité théorique de brièveté
  • de non-réciprocité
  • exiger que le travail relationnel soit performant au jour le jour
  • efficient, efficace, mesurable, évaluable
  • Et le rendre évaluable implique de le normer, de le standardiser, de l’instrumenter.
  • deuxième dimension du changement, l’intervention devient le registre relationnel dominant dans le travail professionnel de relation (aux dépens donc de l’assistanciel et du soutien) à cause de l’importance même du travail relationnel pour la bonne marche de l’appareil de production.
  • La « société de la connaissance », « de la communication » et « de la gestion » est en son envers une société de la relation
  • les politiques de la relation y jouent un rôle essentiel
  • soutenir les énergies disponibles pour le travail productif.
  • Le registre dominant de l’intervention se caractérise par le primat qu’il donne au mandat sur la demande et la place qu’il accorde à l’action, à l’action effective, de transformation, éventuellement avec une certaine contrainte, du comportement d’autrui ou de son environnement.
  • Les métiers où figure le mot accompagnement sont dévolus aujourd’hui à
  • faire fonctionner les liens nécessaires à un appareil productif (dans lequel par ailleurs la concurrence des Moi est encouragée, voire exacerbée)
  • faire émerger les compétences et subjectivités « adaptées » : soutien à la flexibilité du travail et de l’emploi, parcours d’insertion ; maintien du désir de travail (ce qui n’est qu’apparemment paradoxal)
  • maintenir la paix sociale dans les lieux où le vivre ensemble risquerait de voler en éclats
  • assurer les fonctions sécuritaires, par la stigmatisation des individus irrécupérables, classés comme dangereux pour eux-mêmes ou pour autrui.
  • forcément dans des positions ambiguës
  • deux normes puissantes : le devoir d’agir et le droit/devoir d’ingérence.
  • Le devoir d’agir est lié à la valorisation de la responsabilité individuelle, de l’autonomie, de l’initiative, de l’action, du résultat. Il vaut à la fois pour l’accompagnant, pour l’accompagné et pour l’État.
  • Le devoir d’ingérence est de plus en plus inscrit dans les droits internationaux et nationaux. Il légitime le fait d’agir publiquement sur autrui pour son bien (indépendamment de ce que peut penser et désirer cet autrui), et valide comme normale et souhaitable la recherche de visibilité théâtrale des gestes d’intervention.
  • tags: enseignement transformations management positionnement profession professionnalité professionnalisation déprofessionnalisation cadre symbolique

    • des normes entraient en concurrence concernant le métier d’enseignant, celles qui référaient le contenu du travail aux normes professionnelles telles qu’elles existaient historiquement, centrées sur la qualification
    • en émergence, qui appelaient à une redéfinition du métier d’enseignant, en proposant de mieux prendre en compte les exigences organisationnelles, le point de vue de l’établissement.
    • l’existence de « systèmes locaux de légitimité » a pour moi été un analyseur.
    • j’avais appelé « les agencements symboliques de mobilisation professionnelle »
    • Par cela, j’entendais ces systèmes de représentations et de croyances qui remplissent plusieurs fonctions
    • mobiliser la profession à l’interne en fabriquant des mythes
    • assurer la protection des professionnels dans la quotidienneté du travail
    • légitimer la place de la profession dans la société
    • intervenir dans le champ social pour y maintenir ou à l’inverse y transformer la définition des problèmes à résoudre
    • négocier sa reconnaissance sociale
    • servir les intérêts spécifiques du sous-groupe porteur. Ces systèmes symboliques s’appuient sur des alliances en plusieurs cercles
    • J’y distingue un modèle managérial (qui s’est mis à concerner les chefs d’établissement et les cadres de l’administration publique), aux dépens de l’ancien modèle déclinant, bureaucratique.
    • Et pour les enseignants, un nouveau modèle « managérialisé » qui est promu, aux dépens de l’ancienne conception artisanale du métier.
    • le modèle du « professionnel de service public » qui rejoint l’intuition présentée dans le livre coordonné avec Bourdoncle. Ces enseignants existent aussi.
    • Le professionnel de service public ne renoncerait pas à défendre en conscience ce qu’il pense être l’intérêt général démocratiquement parlant
    • À la différence de l’artisan, il serait soucieux d’innovation, plus que de bonne routine, d’effets positifs de son travail plus que du respect des normes
    • Il serait donc favorable à l’autoévaluation et à l’hétéro évaluation, envisagées comme des supports de réflexivité et d’amélioration de sa pratique et de la pratique de l’équipe
    • La construction d’une innovation demande, outre quelques enthousiasmes individuels, un terreau favorable
    • Une professionnalisation ne se comprend pas sans les cadres symboliques dans laquelle elle est inscrite.
    • on ne peut plus imposer aux élèves des contenus de savoirs et des méthodes pédagogiques simplement parce que la République en a décidé ainsi, il faut le négocier
    • Le savoir scolaire a aussi connu une forte instrumentalisation
    • les élèves travaillent pour les notes
    • pour l’emploi futur
    • pour éviter le déclassement
    • t s’ils ne croient pas à l’emploi futur, ils n’ont plus beaucoup de raisons de travailler à l’école
    • Je crois cependant que la forme scolaire, comme cadre symbolique de socialisation de l’enfance, existe toujours, même si le métier est plus difficile, car tout le monde reste d’accord sur le fait que il faut bien apprendre à lire, écrire, compter, penser, vivre en commun, connaître un peu la société dans laquelle on vit…
    • La déstabilisation symbolique se fait sous le double impact, d’une part du management néo-bureaucratique, qui oblige à planifier, découper, contractualiser avec l’État
    • d’autre part de l’entreprise et des processus de dévalorisation des savoirs universitaires à l’aune des savoirs de l’entreprise.
    • dans une première acception le penser, sur le plan individuel, comme effondrement de l’adéquation sociale de la professionnalité de l’individu
    • Mais les déprofessionnalisations sèches, c’est-à-dire sans recomposition d’une nouvelle professionnalité, ne se produisent que rarement, car les individus finissent, pour beaucoup d’entre eux, par négocier, s’adapter, reconstruire des marges d’initiative, d’autonomie et des savoirs faire, même par rapport au nouveau management public et à ses ruses. Certains dans la souffrance.
    • les techniques, les objectifs, les éthiques, le sens du travail, sont le lieu d’une évolution trop rapide et trop profonde pour que les individus puissent réinventer un rôle et des mythes supports qui leur conviennent.
    • La déprofessionnalisation peut être prise dans un deuxième sens, comme déclin de l’autonomie professionnelle du groupe
    • du mandat confié par la société à une profession pour qu’elle définisse et gère un certain « bien » et s’en porte garante
    • Les plus jeunes semblent s’adapter et recomposer de nouvelles professionnalités, même si les jeunes maîtres de conférences sont aussi touchés par la lourdeur des tâches annexes.
    • L’expérience devient un outil de formation quand elle peut être dite, débattue, et cela de manière progressive, dans une certaine durée temporelle, qui permet de rectifications, des allers et retours, des reprises, des expérimentations.
    • Il faut donc des lieux et des moments réguliers pour débattre de l’expérience
    • Et que la parole y soit suffisamment libre, pour que l’échec soit racontable, les difficultés, les découragements, les désaccords.
    • Il ne faut pas que le formateur qui encadre ces moments passe trop vite à une parole normative, ni à une formalisation trop rapide
    • le savoir d’expérience, principale ressource de ces personnes souvent peu diplômées, parvenait, parce qu’on leur laissait du temps pour ce faire, à se construire en capacité d’agir, en réflexions et en savoirs, par le biais de la discussion collective
    • Plus globalement, il est évident qu’une formation professionnelle axée uniquement sur les contenus académiques d’enseignement ne suffit plus.
  • tags: formation initiale enseignant représentation identité professionnelle

    • l’hypothèse que l’identité est construite en relation avec les représentations sociales que les enseignants possèdent de leur profession (Bullough & Young, 2002 ; Gohier et al., 2001 ; Baillauquès, 1996 ; Knowles, 1992)
    • Selon Abric (2001), la fonction identitaire sert à la construction et au maintien de l’identité d’un groupe social ; un objet existe pour un individu ou un groupe et par rapport à eux.
    • la manière dont les individus ressentent leur environnement est également influencée par la société dans laquelle ils se trouvent : « un groupe, aussi nouveau soit-il, n’est jamais imperméable aux courants de pensée de la société globale dans laquelle il est inséré et aux valeurs que ces courants véhiculent »
    • influencé non seulement par son groupe d’appartenance mais également par la société
    • Les sentiments de compétence et d’appartenance ainsi que les représentations de la profession, sont alors déterminants dans le processus de la construction identitaire.
    • Ces représentations sociales permettent, selon eux, d’élaborer des identités sociales gratifiantes
    • C’est cette fonction identitaire qui influence la comparaison sociale dont l’objectif est de sauvegarder une image positive de son groupe d’appartenance.
    • La représentation sociale est « une forme de connaissance socialement élaborée et partagée, ayant une visée pratique et concourante à la construction d’une réalité commune à un ensemble social » (Jodelet, 1989, p. 36)
    • Pour Roux-Perez (2001), les enseignants véhiculent un ensemble de valeurs et de croyances, partagées avec d’autres, compatibles avec leurs pratiques professionnelles ou personnelles et repérables à travers leurs représentations du métier, des autres et d’eux-mêmes.
    • Cette référence à l’autre souligne le rôle que joue autrui dans la construction identitaire des futurs enseignants.
    • La motivation est un facteur déterminant dans les représentations sociales des stagiaires car elle permet de comprendre ce qui pousse un individu à entrer en formation et peut déterminer par la suite son choix de rester ou de quitter la profession
    • La dynamique de transformation identitaire apparaît lorsque l’individu est face à une dissonance à laquelle il faut trouver une solution afin de maintenir une identité positive de soi.
    • Ceci résulte du fait que l’individu appartient à un groupe qu’il valorise négativement, et souhaite intégrer un groupe de référence qu’il valorise positivement.
    • Le sujet remet alors en question sa situation actuelle (résistance d’ordre psychologique) qu’il considère être éloignée de l’identité qu’il souhaite construire.
    • La deuxième résistance est la résistance d’ordre sociologique.
    • Ici, le sujet qui souhaite maintenir des relations interpersonnelles va tenter de réduire des conflits identitaires. Il va alors se distancier de la profession même si c’est pour lui la profession idéale, dans le but de respecter les normes de ce qu’il considère être son groupe d’appartenance.
    • Cette distanciation permet au stagiaire de se (re)construire une identité positive : il devient par exemple « spécialiste en géographie » et non « enseignant de géographie ».
    • Nous pouvons alors évoquer l’implication professionnelle de forme affective (Meyer & Herscovitch, 2001).
    • C’est cette image d’une « profession noble » qui permet aux individus inscrits dans la logique de la continuité identitaire de construire une identité sociale gratifiante.
    • la formation théorique censée transformer la représentation du métier d’enseignants peine à déconstruire les représentations négatives liées à l’identité construite.
    • la période passée sur le terrain ne semble que valider la mauvaise vision qu’ils ont de l’enseignant
    • Le stage est alors vécu comme une « période à endurer » et non comme un moment d’apprentissage « C’était stressant, on comptait les jours » (stagiaire en fin de formation).
    • Ce stress provient de l’impossibilité du stagiaire à trouver sa place au sein de son institution d’accueil et de son sentiment de ne pas être considéré comme appartenant au groupe enseignant.
    • En effet, les futurs enseignants ressentent un manque de soutien du personnel enseignant qui ne traite pas les stagiaires comme des futurs enseignants mais plutôt comme des « gens de passage ».
    • également exploités 
    • Ce manque d’encadrement révèle selon nous l’existence d’un partenariat ambigu entre le centre de formation et les institutions associées :
    • Il apparaît que la formation n’est pas garante de la construction identitaire et de l’appartenance au corps enseignant.
    • Nous avons montré que les représentations sociales d’enseignants stagiaires sur leur profession restent profondément dépendantes de l’environnement social
  • tags: identité professionnelle

    • une pression individualiste et consumériste
    • La sphère marchande fait progressivement irruption dans l’espace scolaire : projets, flexibilité, polyvalence, mais aussi reddition de comptes, compétitivité, nouveaux modes de gouvernance et de management, etc.
    • à partir de l’activité, du statut et de l’expérience (Tardif et Lessard, 1999)
    • Ainsi, l’identité peut être documentée de différentes manières
    • des tâches à accomplir et des épreuves à surmonter (Barrère, 2003)
    • des identifications subjectives, des valeurs et significations accordées à la profession par les sujets (Roux-Perez, 2006)
    • d’une articulation entre transaction biographique (négociations avec soi-même pour gérer capacités acquises et projection dans l’avenir) et transaction relationnelle (négociations complexes avec des autrui significatifs pour se faire reconnaître dans des rapports sociaux situés dans un temps et un espace donné) (Dubar, 1992)
  • tags: chiffrage

  • tags: information cycle de l’information veille

    • s’informer pour survivre
    • rechercher, percevoir et interpréter les différences (dans l’environnement) qui font une vraie différence (pour notre comportement)
    • Acquérir implique un effort. S’informer coûte.
    • du temps et de l’effort de cerveau humain
    • Par définition l’information nouvelle contraste avec celle que nous possédions déjà, elle se distingue du déjà-vu et du déjà-su
    • Souvent l’information neuve empêche ce que la relation communautaire rend si agréable : penser comme ses ancêtres, comme ses voisins, comme ses camarades
    • ce qui veut dire que notre quête connaîtra, elle aussi, des limites.
    • cela veut dire que le processus de l’information n’est parachevé ni quand cette dernière est disponible sous forme de données stockées quelque part (comme dans un disque dur), ni quand elle circule sous forme de messages, mais quand elle est littéralement in-formée, mise en forme
    • connaissances
    • il n’y a pas d’information en soi, il y a toujours de l’information pour quelqu’un en particulier qui est dans un certain rapport au monde.
    • « Vraies » : pose d’autres problèmes.
    • considérer comme vraie une information à la fois vérifiable – cohérente avec l’ensemble de ce que nous pouvons comprendre, sanctionnée par l’expérience– et dont nous savons à quelles conditions elle pourrait être fausse.
    • Pertinentes
    • :suppose un rapport avec des besoins.
    • Toute démarche d’information suppose donc quatre préalables:
    • Une stratégie générale.
    • Il faut donc commencer par bien concevoir ce que l’on a besoin de savoir.
    • Une analyse des risques informationnels.
    • Une évaluation des besoins et moyens d’information.
    • Ceci suppose de fixer un coût supportable (en termes de financement, de personnel, de temps, d’énergie) par rapport à un résultat attendu.
    • Dernière étape l’organisation de sa propre procédure de traitement de l’information
    • La conséquence la plus évidente est que s’informer consiste à passer des compromis.en fonction de critères du raisonnable ou du vraisemblable
    • fixer l’aiguille à un point raisonnable entre deux pôles
    • quantité de données
    • spécificité de la demande
    • communicabilité
    • valeur novatrice de l’information.
    • normalisation de la recherche
    • individualisation
    • privilégier l’information pure
    • métainformation
    • maîtriser la technique de la documentation
    • l’utilisation des réseaux humains
    • s’adapter au flux médiatique
    • règles propres l’univers numérique
  • tags: apprentisage neurosciences

    • Le rôle de l’attention et ses pièges
    • Le mouvement cérébral qui va nous permettre d’orienter notre action en fonction d’un objectif, d’un centre d’intérêt… Grâce à elle, nous captons, par nos cinq sens, les différentes informations en provenance soit de notre environnement, soit de notre ressenti émotionnel ou psychologique.
    • l’attention peut être sélective
    • L’ “effet maître” consiste à bien orienter l’attention des apprenants et donc à bien définir la tâche en question.
    • Stanislas Dehaene cite plusieurs types d’activités qui participent au renforcement des capacités d’attention :
    • La méditation
    • L’entraînement au contrôle de la motricité
    • La pratique d’un instrument de musique.
    • Un organisme passif n’apprend pas. L’apprentissage est optimal lorsque l’enfant alterne apprentissage et test répété de ses connaissances. Cela permet à l’enfant d’apprendre à savoir quand il ne sait pas
    • Une étude scientifique a montré que le nombre de tests via des exercices compte plus dans la mémorisation que le nombre d’heures passées à étudier.
    • 3. Le retour d’information
    • Un retour d’information efficace est immédiat
    • Le rôle fondamental de l’erreur
    • L’erreur ou l’incertitude sont normales – elles sont même indispensables.
    • Les punitions face aux erreurs ne font qu’augmenter la peur, le stress, et le sentiment d’impuissance inutilement. Les punitions et la méthode autoritaire sont néfastes aux apprentissages.
    • La motivation positive et les encouragements stimulent l’apprentissage. Les meilleurs encouragements résident dans le regard des autres et la conscience de progresser, ils ne sont pas synonymes de récompenses.
    • Répétition et automatisation
    • L’automatisation des connaissances est essentielle. L’automatisation est le fait de passer d’un traitement conscient, avec effort à un traitement automatisé, inconscient.
    • Lors d’un nouvel apprentissage, notre cerveau a recours à un traitement explicite, c’est-à-dire une situation, ou plutôt un stade où le cortex préfrontal est fortement mobilisé par l’attention.
    • Le point culminant d’un apprentissage est le” transfert de l’explicite vers l’implicite”
    • pour mémoriser une information, notre cerveau a besoin de trois passages au minimum,
    • pour intégrer une nouvelle habitude, il a besoin de 21 jours.
    • L’importance du sommeil
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    Lu cette semaine (weekly)

      • Les liens entre l’expérience et les apprentissages des humains ont de tout temps été pointés par des auteurs scientifiques de tous horizons (Danvers, 2009)
      • il est quasi impossible de conduire des travaux sur la construction de l’expérience sans les situer dans une pensée à portée philosophique, anthropologique, spirituelle, et donc dans des débats qui dépassent les contours des disciplines scientifiques et même celui du champ scientifique lui-même.
      • produire une connaissance des modes de construction de l’expérience du sujet quand il est engagé dans son activité
      • comprendre comment les ressources pour apprendre se construisent à partir du flux des activités et au fur et à mesure des situations
      • entrée par l’activité de l’apprenant dans une perspective d’aide à la construction de formations
      • une série de concepts utilisés
      • situations
      • contexte
      • rôles
      • construction
      • activité
      • enquête
      • événement
      • orientation
      • habitudes d’orientation
      • action
      • émergence du concept d’interprétation (habitudes d’interprétation, apprentissages interprétatifs, activité interprétative).
      • philosophie pragmatique de Dewey
      • psychologie ergonomique
      • Knowles, Vigotsky, Kolb, Jarvis
      • courants d’analyse de l’activité professionnelle
      • es philosophes, que des théoriciens de l’activité
      • Theureau
      • Barbier
      • Pastré
      • Le paradigme ergologique n’a par exemple pas été pris en compte (Schwartz, 2012)
      • on ne peut étudier la construction de l’expérience sans prendre en compte son statut dans le sens commun et la pensée non scientifique
      • s’en tenir strictement aux principes défendus par Bachelard (1934) dans ses travaux sur le nouvel esprit scientifique et d’opérer l’habituelle et nécessaire distinction entre point de vue de l’opinion et point de vue scientifique
      • L’individu et le collectif sont en permanence en quête du sens de leur existence donc du sens de l’expérience.
      • celle de la place de la construction de l’expérience dans l’état actuel de l’organisation sociale et de ses transformations.
      • Nous évoquerons cinq aspects de ces reconfigurations
      • le statut social de l’expérience en lien avec les âges de la vie
      • le rapport virtualisé et médiatisé à l’expérience
      • l’expérience en contexte de crise et d’instabilité
      • la culture de l’évaluation et la mise sous surveillance de l’expérience.
      • le statut des collectifs
      • Le statut social de l’expérience et les âges de la vie
      • Mais qu’en est-il finalement du statut social du rapport à l’expérience en fonction des âges ?
      • Alors qu’on valorise l’expérience en s’attachant à favoriser sa valorisation/validation et en la reconnaissant comme source légitime de construction de savoirs
      • le rapport social à l’emploi des plus de cinquante ans est un déni permanent de leur expérience et un démenti de la valorisation sociale et politique des acquis de l’expérience
      • ce n’est sans doute pas tant parce qu’ils manqueraient d’expérience, que parce que leur expérience grandissante aurait un coût salarial trop important, incompatible avec les principes de fonctionnement économique actuels
      • Alors que l’expérience de vie s’allonge, l’expérience de vie au travail tend donc à se raccourcir, compte tenu des contraintes du marché du travail
      • et, dans le même temps la durée de la vie au travail requise pour bénéficier d’une pension de retraite s’allonge elle aussi
      • Alors que la population de personnes très âgées augmente, sa mise à l’écart des activités de la vie sociale va grandissant
      • Un rapport médiatisé, « virtualisé » et dématérialisé à l’expérience
      • Pourtant, le rapport à l’expérience et notamment à sa communication se trouve profondément transformé par l’usage qui en est fait par les médias.
      • La téléréalité, les mises en scène du vécu et le retour des acteurs sur leur vécu qu’elle implique
      • les modes d’échanges nouveaux rendus possibles par les rapports
      • les échanges virtuels entre les individus
      • Ces transformations se répercutent sur les modes de sociabilité, les relations interpersonnelles, professionnelles, institutionnelles.
      • Ces technologies nouvelles offrent un potentiel irréductible d’action à l’acteur dans la société contemporaine (Martucelli, 2010) tout autant que des limites au processus de transmission de son expérience.
      • L’expérience en contexte de crise et d’instabilité dans une société du risque
      • Nous vivons au temps de la très grande vitesse.
      • Le rapport à l’expérience s’inscrit dans cette tendance. Si la vie est mouvement, les configurations nouvelles dans lesquelles s’inscrivent les activités sociales et notamment professionnelles sont profondément modifiées si on les saisit sous l’angle du rapport au temps.
      • le processus de construction de l’expérience implique cette possibilité d’un arrêt.
      • Le processus d’accélération et cet empêchement à s’arrêter et à faire « retour sur l’expérience » sont des traits marquants de notre société alors même que les bienfaits associés à l’attitude réflexive y sont donc fortement valorisés.
      • « sécurisation de l’activité » qui est un axe de réflexion majeur si on s’intéresse aux conditions qui favorisent le développement de l’expérience
      • société du risque (Beck, 1986) semble de plus en plus marquée par le rapport à l’incertitude.
      • On peut considérer, dans certains cas, cette accélération du mouvement comme une véritable construction sociale et politique
      • c’est ainsi que changer de métier plusieurs fois dans sa vie releva d’une injonction sociale et d’une préparation des mentalités avant de devenir une quasi-réalité aujourd’hui.
      • la routine, l’habitude tout autant que l’instabilité, le risque constituent des ressources pour la construction de l’expérience.
      • une vie dépourvue de routines durables et sans habitudes, […] est en réalité une expérience absurde »
      • Les collectifs stables sont donc propices à la transmission de l’expérience.
      • Il est symptomatique à cet égard qu’un des problèmes de la formation d’adultes aujourd’hui soit la transmission intergénérationnelle des savoir-faire professionnels.
      • Mais la construction de l’expérience bénéficie aussi du surgissement de l’événement.
      • L’événement est irruption et rupture
      • Les concepts d’expérience réactive et d’expérience pro-active proposés par Jarvis (2012) s’entendent dans un rapport des acteurs aux événements.
      • Plus l’événement perturbe les équilibres antérieurs, plus il serait susceptible d’entraîner des apprentissages, issus tout à la fois d’expériences pro-actives et réactives.
      • En même temps, l’extrême variabilité du contexte et des situations peut produire un état de crise permanent qui s’apparente à un état de guerre perpétuelle.
      • Si construire l’expérience, c’est poser des modalités de survie, vivre ce n’est pas non plus exclusivement ressentir le sentiment de survivre.
      • L’expérience peut se construire dans les situations d’indétermination, quand le sujet est confronté à une rupture qui fait problème dans le cours de l’activité
      • Les modèles du stage et de l’alternance (Durand, 2012) comme moyens actuels de professionnalisation et de formation reposent sur le principe du changement du contexte d’exercice habituel de l’activité qui souligne le rôle de l’environnement dans la construction des expériences
      • L’émotion qui résulte de la surprise parfois générée par ce déplacement de contexte est considérée comme formatrice.
      • rapport d’étonnement : il s’agissait alors de garder des traces de la surprise et d’y revenir à l’occasion d’échanges collectifs
      • comme le rappelle Jarvis (2012) c’est pour partie l’ignorance qui suscite le comportement d’apprentissages.
      • L’ignorance peut générer à la fois désir de connaitre et peur de ne pas savoir.
      • Construire l’expérience c’est aussi s’inquiéter, enquêter, douter, et finalement risquer une nouvelle hypothèse interprétative pour saisir différemment la situation qui se présente et qui nous a confrontés à notre ignorance.
      • notre société est donc caractérisée par des injonctions et des logiques contradictoires
      • injonction ou appel à la sécurisation des parcours professionnels
      • en même temps à la flexibilité, à la mobilité, à l’adaptation permanente
      • Faut-il sécuriser l’activité pour permettre à l’expérience de survenir ou compter sur l’action de l’imprévu et du changement ?
    • tags: transition professionnelle

    • comment un islandais a été convaincu dun meurtre qu’il n’avait pas commis

      tags: mémoire aveux preuve crime

    • tags: mot de passe sécurité informatique

    • tags: copyright

      • En réalité, le tout premier système de protection de la création des auteurs a été créé au Royaume-Uni au tout début du 18ème siècle.
      • Il garantissait à l’auteur le droit de contrôler, voire de se faire payer, la reproduction de son œuvre, d’où l’expression Rights in copies ou en raccourci Copy Right désignant ce droit.
      • C’est donc la toute première acception du mot copyright.
      • le droit exclusif pour les auteurs d’exploiter leurs écrits pour une période limitée (article 1er, section 8, point 8)
      • 51 systèmes juridiques de copyright américains puisque chaque État fédéré possède sa propre législation, chapeautée par une loi fédérale (le Titre 17 du Code fédéral de États-Unis).
      • C’est donc la seconde acception du mot copyright puisque les deux systèmes juridiques sont sensiblement différents.
      • Celle-ci est venue d’une convention internationale de droit d’auteur qui a connu son heure de gloire, mais est aujourd’hui largement en perte de vitesse : la Convention de Genève, signée en 1952.
      • À l’époque, le système de copyright américain conditionnait la protection des œuvres d’auteur à leur dépôt au Copyright Office. Les États-Unis imposèrent donc dans cette convention un formalisme minimum, plus léger certes qu’un dépôt
      • C’est à partir de cette disposition que l’habitude a été prise de toujours apposer cette mention de copyright sur les publications, notamment dans l’édition de livres ou de périodiques : c’était le seul moyen de garantir la protection des œuvres ainsi publiées dans tous les pays signataires de cette convention.
      • la mention de copyright n’a pas de valeur juridique contraignante dans les 167 pays du monde ayant signé la Convention de Berne, et n’en a jamais eue en France.
    • tags: esprit critique compétences transversales formation critical thinking pédagogie critique

      • Elle est présente par exemple dans le référentiel de compétence des enseignants, cela juste après l’item « transmettre les valeurs de la République »
      • programme d’Enseignement moral et civique (EMC)
      • socle commun de compétences, de connaissance et de culture
      • la réalisation de cours de Zététique 
      • livre de Sophie Mazet, Manuel d’auto-défense intellectuelle
      • la page internet – « On te manipule »
      • recoupe des réalités qui ne sont peut-être pas homogènes.
      • une compétence transversale regroupant un ensemble de savoir-faire qui pourraient être transférés à n’importe quel contenu
      • Elle s’intégrerait à un ensemble de compétences facilitant l’employabilité appelées soft skills.
      • loin de faire l’unanimité parmi les chercheurs en sciences cognitives.
      • ‘isoler des compétences critiques qui seraient les mêmes indépendamment des domaines d’expertise scientifique ou professionnelle.
      • Ce qui semble donc caractériser un expert, c’est l’importance des connaissances structurées qu’il possède dans un domaine donné 
      • Ces connaissances comprennent également des connaissances conditionnelles qui lui permettent de transférer les apprentissages théoriques dans la pratique.
      • une perspective philosophique sur cette notion nous révèle à quel point celle-ci est problématique et donne lieu à différentes conceptualisations reposant sur des présupposés philosophiques
      • deux courants pédagogiques de formation de l’esprit critique
      • Le Critical thinking
      • es courants qui s’inscrivent dans le cadre de la pensée critique s’intéressent particulièrement au fait de former les élèves à la maîtrise de procédures de raisonnement qui leur évite les paralogismes.
      • se rapprocher des thèses en psychologie cognitive qui admettent que la pensée critique repose sur un ensemble de compétences cognitives formelles innées
      • Cette nature humaine se caractérise par des structures cognitives universelles qui sont à la base de la rationalité scientifique. De fait, une éducation émancipatrice se doit d’amener les élèves à développer leur rationalité.
      • Le premier est celui qui combat les excès du constructivisme social en sciences sociales ainsi que les travers du post-structuralisme.
      • le socio-constructivisme à une pénétration du relativisme de l’épistémologie constructiviste en éducation.
      • l’oeuvre dans la « Zététique »
      • La pédagogie critique : émancipatrice ou subversive ?
      • La pédagogie critique entend prendre sa source d’inspiration dans la pédagogie de Paulo Freire.
      • Pour lui, l’éducation n’est jamais neutre et l’éducation possède une visée politique qui lui est inhérente.
      • La pédagogie critique doit lutter contre les rapports sociaux de domination de classe, de sexe et de race
      • Ces rapports sont présents dans le langage qui n’est pas lui-même neutre
      • Cela passe en particulier par la mise en place d’une relation pédagogique dialogique entre l’enseignant et les élèves qui est tournée vers une praxis visant la transformation sociale
      • il s’agit de remettre en cause le système social inégalitaire en lui-même et non pas d’en palier les problèmes.
      • La pédagogie critique donne lieu à un ensemble de ramifications, que sont, par exemple, la pédagogie féministe, ou encore la pédagogie post-coloniale.
      • Il s’agit à la fois de déconstruire les rapports sociaux inégalitaires et de permettre aux dominés d’acquérir les capacités de changer leur situation.
      • Elle amènerait, par exemple, à remettre en question la possibilité de l’objectivité scientifique en déconstruisant les savoirs-scolaires et en les considérant comme construits socialement en fonction d’orientation idéologiques.
      • la formation à l’esprit critique ne peut être abordée comme un fait positif qui pourrait être traité indépendamment d’une réflexion philosophique conceptuelle.
      • D’un côté, dans la lignée de la philosophie des Lumières, la formation à la rationalité scientifique apparaît comme critique parce qu’elle éclaire le jugement et permet de lutter contre les formes de manipulation.
      • De l’autre côté, dans la lignée de l’Ecole de Francfort, les sciences sociales apparaissent comme des savoirs critiques, car elles mettent en lumière comment, au cours de l’histoire et dans les différentes sociétés, les inégalités sociales ce sont construites, et comment la rationalité technoscientifique a pu être instrumentalisée à cet effet.
    • tags: enseignement explicite inégalité sociale tâches complexes

      • sciences de l’éducation
      • mettent en doute
      • constituer une solution satisfaisante à la difficulté scolaire et aux inégalités sociales.
      • psychologie cognitives
      • importance de la répétition pour automatiser les compétences de haut niveau
      • surcharge cognitive que provoquent les situations d’apprentissage trop complexes
      • sociologie de l’éducation
      • les malentendus socio-cognitifs que peuvent générer des pratiques pédagogiques où l’élève est mis en situation de recherche sans que l’enseignant explicite préalablement ce qu’il attend
      • Les enseignants auraient en réalité tendance à s’appuyer implicitement sur des compétences d’autonomie acquises dans le milieu familiale.
      • étude de l’effet enseignant et des pratiques pédagogiques les plus efficaces
      • enseigner plus explicitement
      • expliciter : « quoi » (l’objet de l’enseignement)
      • « comment » (les stratégies cognitives d’apprentissage),
      • « pourquoi » (dans quel but),
      • « quand » (à quel moment utiliser ces connaissances)
      • présenter la matière de manière structurée
      • expliciter tandis que les élèves sont en situation de recherche.
      • méthode intégrative
      • méthode modulaire
      • apprendre à partir de situations complexes
      • partisans d’un découpage des tâches pour éviter la surcharge cognitive
      • cette opposition recouvre celle qui existe entre l’apprentissage stratégique de Jacques Tardif et la pédagogie explicite de Clermont Gauthier
      • formuler une interrogation qui croise la question de l’acquisition des compétences intellectuelles de haut niveau (comme l’esprit critique) et les classes sociales.
      • Néanmoins, se pose la question de l’articulation d’un enseignement explicite, adapté pour l’automatisation des compétences de bas niveau, et l’acquisition des compétences de haut niveau.
      • Est-il possible de faire acquérir explicitement les compétences de haut niveau intellectuel ?
    • tags: fonction tutorat

      • Parmi les tâches les plus mentionnées dans la littérature en lien avec cette fonction, on trouve l’aide des apprenants à connaître l’environnement en termes de services disponibles, de règles et procédures administratives, les personnes ressources, les programmes, etc.
      • Parmi les tâches les plus mentionnées dans la littérature en lien avec cette fonction, on trouve l’aide des apprenants à connaître l’environnement en termes de services disponibles, de règles et procédures administratives, les personnes ressources, les programmes, etc.
      • Cette fonction regroupe deux types de tâches : celles en lien avec la bonne exécution des travaux demandés aux étudiants et celles ayant trait à l’animation du groupe.
      • Cette fonction comprend deux aspects de soutien : l’aspect contenu (discipline) et l’aspect méthodologique
      • Cette fonction concerne tout ce qui a trait aux relations interindividuelles de nature à souder le groupe en maintenant sa cohésion et en contribuant à la création d’un sentiment d’appartenance
      • et d’un environnement d’apprentissage amical et accueillant
      • Cette fonction vise à rendre l’appareillage technique transparent afin de permettre à l’apprenant de se concentrer sur la tâche académique
      • Denis, comme Dionne et collaborateurs, estime que le plan métacognitif touche le processus d’autorégulation et que le rôle de régulateur est au cœur des relations tutorales
      • De ce fait, pour Abrioux et Denis, l’évaluation devient un moyen de stimuler l’intérêt de l’apprenant et d’encourager ses progrès dans la maîtrise des connaissances
      • rédiger des commentaires, fournir des rétroactions et synthétiser les apports des interactions dans une perspective d’évaluation formative
    • tags: tutorat accompagnement

      • l’accompagnement se construit à la frontière de logiques diverses : former, enseigner, aider, conseiller ou même gouverner.
      • Ainsi, malgré un apparent consensus social, le mot ne désigne ni une notion stabilisée dans ses significations, ni un territoire bien délimité dans ses usages.
      • Dans des travaux menés précédemment (Paul, 2004), on a inventorié les pratiques se déclarant relever de l’accompagnement : counselling, coaching, sponsoring, mentoring coexistent avec tutorat, conseil ou consultance, parrainage ou encore compagnonnage.
      • Le terme accompagnement est donc, à proprement parler, un terme générique. Or on peut conseiller, orienter, aider, former… sans pour autant accompagner.
      • dire que l’accompagnement est « protéiforme » (Paul, 2004), ce n’est pas seulement évoquer la plasticité posturale qu’il requiert, c’est surtout souligner sa capacité de mimétisme.
      • Il couvre, tout en les différenciant, les idées aujourd’hui déliées de conseiller/demander conseil/tenir conseil
      • Être sponsor, c’est donc parier sur l’avenir d’un enfant et son sens de la communauté.
      • Par analogie, le parrain est celui qui préside à l’introduction dans le monde ou dans un cercle.
      • Ici se joue une dimension relationnelle d’engagement réciproque et de projection sur l’avenir avec un gage d’appartenance.
      • Chargé donc d’opérer un déplacement, un changement, le coach est d’abord défini comme entraîneur, répétiteur ou professeur particulier.
      • Quant à Délivré (2002), il le définit comme une série d’entretiens individuels entre une personne (le coaché) et un professionnel (le coach) qui ont pour but d’aider la personne à atteindre un objectif et réussir sa vie personnelle ou professionnelle.
      • Mentor désignait une personne sage et expérimentée servant de conseiller, terme qui a eu tendance à être par la suite confondu avec celui de précepteur
      • Le mentor aujourd’hui est en général chargé d’accompagner un étudiant à accomplir le passage vers la vie professionnelle et à comprendre les valeurs de l’entreprise à laquelle il va appartenir.
      • Le titre de tuteur tend à remplacer d’anciennes appellations telles que maître formateur ou d’application dans le domaine de la formation, maître d’apprentissage ou de stage.
      • Le tutorat se trouve alors à la croisée de deux logiques, productive et éducative, et défini comme dispositif de formation en situation de travail.
      • Par conséquent, c’est moins la relation entre un professionnel expérimenté et un novice en apprentissage qui permettra de saisir sa spécificité que le dispositif auquel il appartient.
      • La philosophie du compagnonnage réside dans cette veille constante à ne pas dissocier les trois composantes de sa mission : apprendre, pratiquer et transmettre.
      • Les compagnons entre eux sont des pairs tandis que l’accompagnement concerne deux personnes de statut inégal mais qui, néanmoins, vont devoir fonctionner au sein d’une relation conjuguant disparité des places et parité relationnelle.
      • En quoi ces formes relèvent-elles d’un fond commun ? Elles sont toutes fondées sur une base relationnelle forte (puisque conçue comme sa plus simple expression : deux)
      • dans laquelle la fonction de l’un est de faciliter l’apprentissage ou un passage de l’autre.
      • Il s’agit bien d’être avec et d’aller vers.
      • Ainsi l’accompagnement jouerait donc sur deux tableaux. Il participerait à la fois à la valorisation d’un être-avec et à celle d’un être-ensemble.
      • le coaching et l’idée de maïeutique
      • le tutorat et l’apprentissage
      • le counseling et la relation d’aide
      • le compagnonnage et l’idée de transmission.
      • le mentorat et la solidarité intergénérationnelle
      • l’accompagnement d’une double dimension de relation et de cheminement.
      • Ainsi la définition minimale de toute forme d’accompagnement est : être avec et aller vers, sur la base d’une valeur symbolique, celle du partage.
      • on ne chassera pas aussi facilement l’idée qui se profile : celle d’appartenance, question incontestablement nostalgique renvoyant à l’idée d’un sens partagé et de communauté.
      • Le terme accompagnement renvoie ainsi à quatre idées.
      • celle de secondarité : celui qui accompagne est second, c’est-à-dire « suivant » (et non « suiveur »).
      • Sa fonction est de soutenir au sens de valoriser celui qui est accompagné
      • Le terme d’accompagnement renvoie ensuite à l’idée de cheminement incluant un temps d’élaboration et des étapes qui composent la « mise en chemin ».
      • En trois, vient l’idée d’un effet d’ensemble : quelle que soit la dissymétrie relationnelle, l’action vise à impliquer les deux éléments à tous les stades de ce cheminement.
      • Enfin, c’est l’idée de transition, liée à une circonstance, une actualité, un événement, une situation qui vient dire que tout accompagnement est temporaire : il a un début, un développement et une fin.
      • Dans cette organisation, la dimension relationnelle est première. La dimension opérationnelle lui est subordonnée.
      • La coopération ne peut donc se constituer en objectif à atteindre mais en principe guidant l’action.
      • est par essence une « com-position » : chaque binôme constitue une matrice relationnelle différente.
      • S’il y est bien question de direction, ce n’est pas au sens hiérarchique mais au sens d’orientation.
      • De la même manière, s’il est question de conduite, c’est logiquement moins au sens de diriger l’autre que de l’aider à déterminer ses agissements, attitudes, comportements, autrement dit sa conduite, ses manières d’agir en fonction d’un contexte donné, d’une circonstance déterminée.
      • Il s’agit donc fondamentalement d’aider autrui à faire les choix qui orientent sa vie.
      • L’idée de cheminement prévaut sur celle d’un but à atteindre.
      • S’il y a non-prédictibilité, c’est que la mise en mouvement produit de la mise en mouvement, autrement dit enrichissement des données de base.
      • On pressent que la conception actuelle de la pratique pourrait porter préjudice à l’idée qu’elle recèle au moins en trois points :
      • l’injonction à devoir être accompagné se fait au détriment d’une instauration de la relation librement consentie ;
      • la primauté accordée à la production de résultats définis a priori se fait au détriment de l’élaboration des choix par la personne concernée : son investissement en résulte ;
      • la préconisation de mesures déterminant des durées standards et correspondant à des enveloppes budgétaires se fait au détriment du temps qui est nécessaire à une personne donnée.
      • C’est dans le champ du travail social que l’usage du mot accompagnement a fait son entrée professionnelle.
      • inscrite dans le code de l’action sociale, elle vient réinterroger les pratiques en instaurant l’idée d’un principe d’adhésion comme condition de la relation d’accompagnement là où il n’y a en fait qu’obligation et injonction.
      • tout en usant du terme accompagnement, on ne se trouve pas aujourd’hui soumis aux exigences qu’on prête au coaching, à savoir la focalisation sur le résultat à atteindre au détriment du respect du projet de la personne.
      • Le terme accompagnement doit évidemment beaucoup à son association aux soins palliatifs. Dans le registre de la santé, il s’y déploie en tant qu’accompagnement relationne
      • Le tuteur vient, ici comme ailleurs, remplacer le maître d’apprentissage et désigne un « formateur de terrain ».
      • Il en résulte une modification conséquente de la fonction qui a pour objet l’aide à la construction, par le stagiaire, du sens de son expérience en sollicitant sa réflexivité.
      • Cette posture évoque celle du « compagnon réflexif » (Donnay, 2008)11 laquelle suppose un repositionnement du formateur vis-à-vis du savoir, pour qu’il soit lui-même un praticien réflexif, capable d’explicitation et de formalisation de son savoir-agir, tout en permettant à l’autre de « se penser par lui-même ».
      • Dans l’éducation, on est passé du soutien scolaire à l’aide aux devoirs puis accompagnement à la scolarité, donnant la primauté au processus sur le contenu.
      • Honoré développe, dès 1980, l’idée que former n’est pas enseigner, car la formation attentive à l’expérience et au projet, suppose de créer les conditions « d’un espace de plus en plus relationnel » et « d’un temps de plus en plus intentionnel ».
      • d’aider un adulte en formation à construire son expérience.
      • C’est dans le secteur du travail et de l’emploi, de la gestion des compétences et des ressources humaines, que les activités de conseil se sont multipliées, en conseil psychologique, familial, professionnel, éducatif, d’orientation.
      • Les nouveaux dispositifs (VAE, bilan de compétences, outplacement, aide à la création d’entreprise ou accompagnement à la retraite) valorisent le sujet-acteur et les notions de sens, d’identité ou de reconnaissance, sur fond de remise en question du lien social.
      • En prise sur la réalité actuelle, tout en s’appuyant sur un fondement anthropologique, ce conseil est défini par l’auteur comme une démarche de délibération en vue de l’action.
      • entreprise
      • Le premier, définissant le coach comme entraîneur, est basé sur l’atteinte d’objectifs, la réussite, et une certaine forme de directivité.
      • Le second s’inscrit dans une démarche de réflexivité par un soutien méthodique non directif.
      • C’est ainsi que, paradoxalement, alors que l’on reconnaît la dimension déterminante de la relation, la définition de l’accompagnement passe insensiblement d’une relation duelle privilégiée à « un ensemble de moyens d’assistance pédagogique » (Danvers, 2003).
      • Le développement historique du mot a donc contribué à le dévitaliser de sa dimension relationnelle forte entre deux êtres humains qui se choisissent réciproquement, pour insister sur l’idée d’action commune.
      • Ce qui importe est donc de s’interroger sur les contextes ou les situations dans lesquels sont inscrits les problèmes. Plutôt que d’apporter des réponses ou de trouver une solution, il s’agit d’accompagner la personne à se questionner afin de construire le problème.
      • On ne saurait alors banaliser l’emploi récurrent du terme dispositif pour nommer les actions des professionnels en matière d’accompagnement. Il faut se référer à Foucault (2001) pour apercevoir le lien entre dispositif et gouvernementalité ou « gouvernement des hommes ».
      • Un dispositif18 résulte alors toujours du croisement du pouvoir et du savoir. Il renvoie à toutes ces praxis qui disposent de l’homme, c’est-à-dire exigent de lui sur un mode de commandement, dans le but de gérer, contrôler, orienter les comportements
      • Par conséquent, nous ne nous trouvons plus aujourd’hui ni dans le paradigme de la relation d’aide au sens roggérien du terme ni, à proprement parler, dans les sphères des étayages
      • on est passé à une visée de professionnalisation, impliquant développement des compétences et acquisition de nouvelles attitudes cognitives telles que la réflexivité et la problématisation.
    • tags: réidentification transparence

      • affaire des logs d’AOL, en 2006, nous avait déjà montré que la réidentification des utilisateurs depuis leur historique de navigation était possible
      • Or, en couplant les historiques de navigation dont ils disposent (même parcellaires) avec des données provenant de médias sociaux, comme Twitter, cela pourrait leur permettre de faire des corrélations leur permettant une réidentification des internautes.
    • tags: travail collaboratif outils numériques

    • tags: travail collaboratif outils numériques méthode d’organisation

    • tags: controverses négationnisme économique

      • Or, à la différence du langage mathématique, on ne redéfinit pas les termes du langage naturel par un coup de baguette magique. La dénotation change mais la connotation demeure.
      • Entre le doute méthodique inspiré du génie révolutionnaire et le doute pathologique de l’idéologue, la frontière est difficile à tracer.
      • La discussion rationnelle sert à délimiter la portée et la limite des articles sans qu’il soit besoin de recourir aux anathèmes.
      • le livre n’hésite pas à compléter l’argumentation par l’exhibition des symboles hiérarchiques les plus extérieurs de réputation scientifique : classement des revues, impact factor, classement des chercheurs, médaille John Bates Clark, prix Nobel. Il ne s’agit pas de dénier toute valeur informative à ces signes mais de rappeler que si ce sont eux qui doivent emporter l’adhésion alors ils fonctionnent comme arguments d’autorité.
      • Elles sont crédibles, comme toujours, sous réserve que les hypothèses de mesure soient remplies (dans le cas d’espèce l’absence de biais de sélection).
    • tags: vérité philosophie enquête

      • L’enquête philosophique est ce qui vous permet de rechercher la vérité et d’avoir pour idéal la connaissance.
      • Lorsque je dis que je privilégie le modèle de l’enquête sur le modèle de la connaissance on peut penser que je m’inscris dans ce modèle socratique de questions et de réponses.
      • En effet, la connaissance doit répondre à trois conditions nécessaires et suffisantes
      • 1) quand quelqu’un sait quelque chose il croit quelque chose, c’est la condition de croyance
      • 2) cette croyance doit être vraie, c’est la condition de vérité
      • 3) cette croyance doit être justifiée par des raisons, c’est la condition de justification.
      • Pourquoi le modèle proprement pragmatiste de l’enquête ajoute-t-il une dimension supplémentaire ?
      • Lorsque l’on essaie d’enquêter, on s’interroge de très près sur les conditions de possibilité de la connaissance, certes, mais on essaie aussi, ce qui est plus original, de s’interroger sur les conditions de possibilité du doute qui peut affecter nos croyances.
      • L’enquête philosophique a beaucoup à gagner à comprendre ce mécanisme de va-et-vient qui s’opère en permanence entre des croyances que nous pensons être vraies, et suffisamment justifiées, et les doutes que nous pouvons avoir à l’égard de ces croyances.
      • L’enquête doit être en mesure de nous renseigner un petit peu plus sur les mécanismes d’acquisition de formation de nos croyances, et d’interroger les conditions de possibilité du savoir et du doute.
      • Le deuxième élément très important de l’enquête est qu’une enquête remet en cause une forme d’idéal classique de la connaissance comme s’appuyant sur l’infaillibilité, ou sur des certitudes dogmatiques, ou encore sur certains principes de nécessité et d’apodicticité.
      • revoir un petit peu ce modèle impérial du savoir et nous oblige aussi à revenir à un style plus socratique
      • nous devons en permanence essayer de nous assurer que les croyances que nous avons correspondent bien à ce qui est
      • Nous devons impérativement suivre une éthique intellectuelle qui est telle que si nous rencontrons quelque chose qui va à l’encontre de ce que nous croyons, alors nous devons réviser cette croyance.
      • Je conçois la métaphysique comme l’étude la plus générale de ce qui est, au sens de la métaphysique générale, et au sens aussi de l’examen, que je crois possible, de la nature des propriétés du réel.
      • Dans la première phase de l’enquête métaphysique il faut s’assurer que les problèmes sur lesquels nous réfléchissons ne sont pas des pseudo-problèmes.
      • Il faut donc faire passer nos énoncés métaphysiques au test du sens et du non-sens. Il existe des conditions d’assertabilité de nos énoncés en métaphysique auxquels il faut en effet se soumettre.
      • Le deuxième moment de l’enquête métaphysique est cette fois un peu moins thérapeutique.
      • déterminer non seulement ce qui est
      • ce qui est concevable
      • ce qui est possible
      • déterminer le champ des possibilités
      • langage ordinaire met à sa disposition
      • ’utiliser les moyens de la logique formelle
      • Il faut nous appuyer, dans cette phase de l’analyse conceptuelle, sur un certain massage énergique des intuitions que nous pouvons avoir sur la substance, le changement, le libre-arbitre. Nous avons des intuitions, qui sont souvent contradictoires, et il faut jouer sur ces intuitions, les faire travailler.
      • Le troisième niveau de l’enquête consiste à essayer de déterminer si les analyses que nous avons pu tirer au clair sur le plan de l’a priori peuvent rencontrer un certain nombre de données qui nous sont fournies par les sciences empiriques, par exemple la biologie ou la psychologie cognitive.
      • La question est de savoir si les faits sociaux sont différents d’autres types de faits.
      • Il y a donc une hiérarchie à instaurer entre les types de faits
      • mener une réflexion sur la modification qui est en train de s’opérer sur ce que c’est véritablement qu’un fait.
      • Pierce a toujours dit que le principe social était enraciné dans la logique. Il était convaincu que le pragmatisme impliquait le réalisme
      • Il faut veiller au fait que la vérité est une chose sérieuse – et non pas quelque chose qui peut muter comme James le pensait –, c’est-à-dire que ce n’est pas simplement quelque chose qui est utile, qui se paie, qui se vérifie, mais quelque chose qui reste indépendant de ce que nous pensons.
      • Nous avons besoin, en politique, d’une conception beaucoup plus forte de la vérité
    • tags: entreprise droit fabrique

      • Alors que l’entreprise est devenue une institution centrale de nos sociétés, elle n’a aucune épaisseur juridique, explique J.-P. Robé.
      • Ce qui existe pour les juristes, c’est une suite de contrats permettant de disposer de locaux, d’embaucher des salariés, de louer ou d’acheter des machines, d’emprunter de l’argent, de vendre des produits à des distributeurs, etc
      • La « société » a une existence juridique, mais ce n’est pas le cas de l’ « entreprise ».
      • de nombreux droits sont apparus en réaction à l’entreprise, soit pour permettre son bon fonctionnement (droit des sociétés commerciales, droit de la distribution, droit boursier, etc.), soit pour en limiter les dégâts (droit du travail, droit de la consommation, droit de l’environnement, etc.)
      • Les grandes entreprises profitent pleinement de ce dumping juridique généralisé pour choisir leur environnement légal ; et les États de se trouver alignés sur une étagère de supermarché, contraints de mener des politiques libérales sous peine d’être boudés, attendant anxieusement d’être choisis par des entreprises essentiellement soucieuses de marges bénéficiaires.
      • une « véritable “privatisation” de l’État » (p. 117), dénonce J.-P. Robé, qui prend la forme de subventions, d’aides à l’implantation d’usine, de financements de faveur et de voyages présidentiels à finalité commerciale sous l’égide de services diplomatiques reconvertis en VRP internationaux.
      • J.-P. Robé montre avec force que les entreprises détournent à leurs fins propres les droits devant garantir l’autonomie de l’individu vis-à-vis de l’État.
      • le système juridique hérité des Lumières, qui devait initialement contraindre l’État à servir l’individu, le contraint aujourd’hui à servir l’entreprise.
      • Mais il a la particularité de conférer la « personnalité morale » à la société en question, qui devient un nouveau sujet de droit, indépendant et autonome.
      • Au milieu du 19e siècle, l’industrialisation et l’internationalisation des entreprises aidant, les systèmes juridiques ont été mis en concurrence et le droit des sociétés s’est progressivement libéralisé.
      • C’est ainsi que les entreprises se vont vues accorder les mêmes avantages juridiques que les individus, mais à une échelle démesurée.
      • ce nouvel ordre juridique permet à la société commerciale d’accumuler des droits de propriété colossaux et d’exercer des pouvoirs étendus sur l’ensemble du corps social.
      • Le droit de propriété, qui devait à l’origine assurer la liberté des citoyens, est devenu un moyen de les assujettir.
      • l’État n’a pas le monopole du droit et la société civile peut engendrer des systèmes juridiques autonomes, notamment sous la forme d’entreprises.
      • Depuis une trentaine d’années, ces droits régissant en interne les entreprises sont interprétés largement au bénéfice de leurs actionnaires.
      • J.-P. Robé a des mots très durs contre la théorie de l’agence [2], qui postule que les actionnaires sont propriétaires de l’entreprise et peuvent en disposer à leur guise.
      • les entreprises sont au service des intérêts des actionnaires et c’est à l’État de prendre en charge les autres intérêts affectés par leur action.
      • Les entreprises sont évaluées à l’aune de leurs profits financiers, non de leur utilité sociale, et tant pis si ces profits se font au prix d’externalités désastreuses pour les employés, le public et l’environnement.
      • Alors que le droit de propriété et la liberté contractuelle sont normalement limités par le principe de responsabilité personnelle (les citoyens font ce qu’ils veulent avec leurs biens, mais ils sont pleinement responsables de leurs actions), les actionnaires entendent jouir des privilèges de la propriété sans être responsables des dommages causés par l’entreprise.
      • l’entreprise n’étant pas un objet de droit, elle n’est pas susceptible d’être la propriété de qui que ce soit.

      • Les actionnaires ne sont pas propriétaires des actifs de l’entreprise ; ils « ne sont propriétaires que des actions, ce qui est très différent »
      • Et s’ils souhaitent se comporter en propriétaires des actifs et peser sur la manière dont ces actifs sont utilisés, alors leur responsabilité ne peut plus être limitée à leur apport financier.
      • « le droit réel est, pour l’essentiel, une production privée » (p. 388), il faut le ramener dans le giron des législateurs publics
      • Discutant de l’entreprise comme ordre juridique autonome, J.-P. Robé rappelle que les salariés sont souvent les premières victimes de la financiarisation des entreprises
      • Henri Ford l’avouait lui-même : « on a cru que les entreprises existaient pour le profit. C’est faux. Les entreprises existent pour rendre service » [3]
    • tags: smart city

      • le scénario que prévoyait la Smart City, qui était plutôt celui d’un contrôle et d’une optimisation des fonctions de la ville par les grands acteurs de la ville. Comme le souligne le nouveau programme de travail de la Fing sur le sujet, « AudaCities »,
      • la tension que provoque une forme de technologisation de la ville semble incompatible avec sa diversité sociale.
      • En envisageant le citoyen comme un produit et un consommateur, elle génère à la fois de la dépendance et de l’exclusion.
      • Si la technologie a toujours modelé la ville, à l’image de la voiture, cette intégration est toujours une sur-intégration, comme si la technologie envahissait toujours tout le réceptacle urbain.
      • La technologie renforce-t-elle la dichotomie entre la ville et ses marges, à l’image de la cartographie du vote des dernières élections américaines, opposant villes démocrates et campagnes républicaines, villes intégrées et marges reléguées ?
      • Pour elle, la Smart City semble plutôt un moyen d’avoir prise sur cette évolution, d’avoir un moyen d’action sur quelque chose qui nous échappe beaucoup.
      • Pour Dominique Alba, on a besoin de comprendre notre territoire et de le réinventer sans cesse. Reste que l’action publique demeure souvent limitée.
      • Le problème de la Smart City est que l’instrumentation des bâtiments ou des flux de circulation n’est qu’une réponse technologique au besoin de donner une capacité de partager les espaces d’une manière humaine.
      • Pour Paul Citron, ce collectif a formé un laboratoire urbain pour tester de nouveaux modèles de mise à disposition de l’immobilier, tester son modèle social, son acceptabilité…
      • « L’occupation temporaire est un modèle intéressant pour réfléchir aux projets urbains. Ça permet à la fois de donner une valeur d’usage à des bâtiments qui n’en ont plus et ça permet d’être dans d’autres modèles économiques et d’échanges.
      • Les actions de Constantin Petcou s’inspirent d’André Gorz selon qui, afin de dépasser les crises actuelles (climatiques, ressources, économiques, financières, démographiques…), nous devons « produire ce que nous consommons et consommer ce que nous produisons ».
      • « Mais si on parle beaucoup de la Smart City, force est de constater qu’on parle assez peu des pauvres », rappelle Paul Citron. A qui sont réservées ces solutions technologiques ? En ville, les réseaux concernent-ils tout le monde, même les plus pauvres… Quels vecteurs de démocratisation proposent ces nouveaux outils ?
      • On propose des produits finis à des habitants qui n’ont pas d’espace pour bricoler. Ouvrir une capacité de résistance, de résilience, dans un monde qui semble en proposer de moins en moins, c’est certainement ce qui explique le succès de l’urbanisme transitoire que propose le plateau urbain.
    • tags: identité numérique fabrique média audience

      • Dans Les Fabriques de soi ?, Gustavo Gomez Mejia, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université François-Rabelais, analyse la façon dont nos identités en ligne sont influencées et déterminées par les sites du web contemporain.
      • selon Gustavo Gomez-Mejia, que ce web contemporain entraîne une standardisation de notre identité et rend impossible l’expression d’une personnalité propre.
          
      • Ce compte est systématiquement identifié par un numéro généré par la machine.
      • Si la façade est personnalisable (on choisit son nom d’utilisateur sur Facebook et Twitter), l’architecture du site reste déterminée par la machine.
      • Les concepts utilisés pour définir les formes de ces espaces « personnels » (mur/journal, chaîne, espace) aident à nous faire accepter cette standardisation.
      • Nous avons le sentiment d’avoir composé notre propre journal sur Facebook, bien qu’il soit similaire à tous les autres dans sa conception.
      • Les réseaux sociaux sont de plus en plus considérés comme des médias à part entière.
      • « les internautes deviennent productifs au sens médiatique du terme ».
      • Le rythme auquel nous publions est façonné par cette logique. Les fils d’actualité nous amènent à reconnaître ces derniers comme pourvoyeurs d’informations à produire ou à consommer.
      • L’organisation en flux des publications sert à capitaliser leur valeur d’actualité. Ainsi, les posts brefs s’enchaînent et l’ami devient un abonné.
      • Les fils nous entraînent à vérifier régulièrement nos comptes, en quête de nouvelles.
      • Le web contemporain met l’accent sur la popularité des publications, poussant de fait les internautes à penser leurs productions selon leur potentiel de popularité.
      • l’ensemble est comptabilisé systématiquement et érigé comme preuve irréfutable du succès d’un contenu.
      • C’est par ce biais que les réseaux sociaux entretiennent la posture de « fan ». Les internautes sont réunis en bases de fans de n’importe quel produit, marque ou personnalité.
      • Les internautes s’expriment de façon standardisée et dans des formes qui sont tournées vers les partenaires industriels des réseaux sociaux.
      • Les sites jouent énormément de l’amphibologie, c’est-à-dire le double sens, des termes « profils », « aimer », « partager » ou encore « amis ».
    • tags: trump télé-réalité

      • Le besoin de divertissement en addiction au voyeurisme.
      • La présentation de la complexité de la nature humaine en réduction de chaque individu à un ou deux stéréotypes simplistes.
      • Les téléspectateurs en télé-acteurs ayant parfois droit de vie ou de mort médiatique, par leurs votes, sur les participants à ces émissions.
      • Le goût du public pour la compétition en encouragement à la violence symbolique et glorification des “méchants”.
      • De fait, la télé-réalité se distingue de la télévision traditionnelle en pervertissant quatre de ses fondamentaux. Elle dénature :
      • orsque le vrai et le faux ne peuvent plus être distingués, les autocrates trompent les peuples sans risque d’être exposés.
      • C’est pourquoi le terme de “télé-réalité” est un oxymore au sens où ces programmes ne créent que des réalités alternatives.
      • maximiser les réactions émotionnelles du public en lui présentant des individus ou groupes caricaturaux. Cette technique favorise également le positionnement de Donald Trump en héros
      • Cette stratégie est parfaitement adaptée à la dissolution du paysage médiatique et la cristallisation de la défiance démocratique dont souffre aujourd’hui l’Amérique.
      • Enfin, Trump confère une nouvelle vocation à l’engagement politique de ses supporters. Il ne les invite pas, comme d’autres leaders, à s’investir au quotidien pour des causes qu’ils défendent. Il les enjoint à attaquer des personnalités qu’il dénonce comme ses ennemis.
      • En deuxième lieu, Donald Trump schématise ses positions idéologiques et oppositions politiques par des combats avec des personnes ou communautés qu’il réduit à des stéréotypes primaires.
      • En premier lieu, dès l’annonce de sa candidature en juin 2015, il transforma la campagne électorale en source de divertissement.
      • Si le constat sur la désintermédiation associée au premier phénomène est bien connu,
      • Mais le réseau de micro-blogging n’est qu’un vecteur de son expression publique parmi d’autres4.
      • e “Trust Barometer” annuel récemment publié par Edelman révèle des données alarmantes sur le second
      • En troisième lieu, le nouveau Président a rompu avec tous les codes de la politique moderne en faisant preuve d’une violence verbale et symbolique sans précédent.
    • tags: crédulité argumentation preuve esprit critique méthodologie science

      • le rapport étroit et paradoxal entre le développement de la crédulité et celui de la liberté d’expression.
      • En se servant du terme de « post-vérité », on semble dire que les gens sont devenus indifférents à la vérité, ce que je ne crois pas du tout.
      • il y a quatre catégories d’acteurs qui font circuler des informations fausses 
      • ceux qui le font en sachant qu’elles le sont, simplement pour mettre du bordel dans le système
      • ceux qui le font par militantisme idéologique afin de servir leur caus
      • ceux qui le font pour servir des intérêts politiques, économiques ou même personnels
      • enfin ceux qui le font en croyant qu’elles sont vraies, et c’est à leur propos que se pose le plus la question de la post-vérité.
      • La thèse que je défends est que les évolutions technologiques et la libéralisation des marchés amplifient des éléments préexistants qui sont de grands invariants de l’être humain.
      • Ensuite parce que nous voyons le monde à travers nos représentations culturelles.
      • Les informations qui nous parviennent sont traitées dans des catégories de langage et de pensée qui nous rendent bien des services, mais qui peuvent nous conduire à des interprétations inexactes dès que nous sortons de notre contexte social.
      • Ce secret, c’est notre médiocrité commune, notre avarice intellectuelle et cognitive, notre disposition à la crédulité.
      • Notre cerveau est formidable, mais il est limité quant à ses capacités d’abstraction, de mémorisation, d’anticipation des probabilités, de traitement des problèmes.
      • Le régime de la connaissance que permet le progrès de la science est un régime exceptionnel et celui de la croyance est notre régime normal.
      • Si l’on reprend toute l’histoire des idées, on voit donc que c’est la prise de conscience de ces limites et notre capacité à trouver des méthodes et des techniques pour les mettre à distance qui a permis à la connaissance de progresser.
      • cela ne signifie pas que nous sommes fondamentalement irrationnels, seulement que nous ne sommes pas des sujets omniscients, que notre rationalité est limitée.
      • D’abord parce que notre conscience est incarcérée dans un présent éternel (mes souvenirs ne sont que des reconstructions et mes anticipations du futur ne sont que des croyances)
      • dans un espace restreint
      • Si l’on place un individu devant chacune des quatre faces peintes dans des couleurs différentes d’une pyramide, chaque individu attribuera à la pyramide la couleur de la face devant laquelle il est placé.
      • il ne faut pas sous-estimer leur rationalité subjective, leur force argumentative.
      • La meilleure défense est de les soumettre au marché de l’information le plus exigeant, c’est-à-dire celui de l’information scientifique et d’appliquer la pensée méthodique.
      • Se demander, chaque fois qu’une idée ne nous apparaît pas bien assurée, d’où elle vient et quelles sont les sources, de quelles informations je dispose pour l’évaluer, si j’ai bien établi des informations multiples et contradictoires afin de pas tomber dans les biais de confirmation, si j’ai explicité mes a priori intellectuels et culturels, même s’ils ne sont pas nécessairement faux, si j’ai envisagé la possibilité d’erreurs de raisonnement, si je n’ai pas laissé pas mon croire être contaminé par mon désir.
      • on apprend des méthodes d’administration de la preuve.
      • Quand on a montré que tout discours, y compris scientifique, est une construction sociale (ce qui est bien sûr exact, puisqu’il est produit par des acteurs sociaux), et la sociologie y a contribué, on oublie facilement que le discours scientifique est soumis à un mode de sélection très exigeant.
      • Comme on le voit, même s’il existe sur le marché un produit cognitif très argumenté et en adéquation avec la réalité, et c’était ici le cas, encore faut-il faire l’effort de le chercher.
      • Elles relèvent en général de la logique du nudge (architecture du choix) qui est une stratégie douce et non liberticide, ce qui convient à mes options philosophiques.

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    Participer individuellement en communauté d’apprentissage

    Je suis en train de préparer une certification de formateur. J’en reviens donc à réfléchir à nouveau à ma pratique de tuteur formateur en ligne. Et justement je viens de lire le travail de Florence Thiault sur Communauté de pratique et approche connectiviste : le cas du MOOC DocTice.

    Lors des débuts des , j’avais émis quelques réserves sur ces nouveaux objets. A la relecture, il n’y a rien que je remette en cause, sauf bien sûr que ce n’est pas en soi le dispositif qui est à réfléchir mais l’apprentissage en ligne.

    Par rapport à la lecture de l’article, voici quelques points de vue et hypothèses sur le sujet qui sont peut être traitées ailleurs mais je n’ai pas les références :

    • La question des inscriptions aux moocs. Je trouve qu’il serait intéressant de faire une étude longitudinale sur chaque participant genre big data. Il s’agirait de voir les participations et de voir s’il existe des profils de participation et aussi de voir dans quels collectifs ces personnes sont inscrites. J’aimerais également voir s’il y a un effet manade dans ces inscriptions ? En faisant cela je pense qu’on découvrirai une masse de personne à quantifier déjà engagées par ailleurs dans le monde du numérique… Leurs motivations seraient alors à rechercher dans le cadre plus large de leur politique de présence (car c’est une politique, même inconsciente !)
    • La question du désir. Dans l’inscription à un dispositif en ligne, dans la participation et dans l’intensité de l’ dans la formation, il y a à mon avis une question que l’on oublie souvent : celle du désir, du désir de connaissances cognitives mais aussi du désir de l’autre. Et ce désir est construit sur une aura que l’on prête aux individus. On doit pouvoir retrouver dans les participations aux cop ces notions de désir de l’autre (en dehors de toute sexualisation consciente bien sur) qui font qu’on va participer ou non. Et c’est surtout un désir qui a pour objet une représentation de l’autre et non la personne en elle-même. Cette représentation est documentée (recherche faite sur la personne, entendu-dire, réputation…) ou alors elle est en acte. Une personne fait un commentaire sur un forum que l’on trouve intelligent, on va alors s’attacher à suivre cette personne avec plus d’attention. J’ai toujours été étonné par la réduction de la distance que permet… la distance via le numérique.
    • La connaissance/la reconnaissance. Ce travail sur le désir est à envisager dans le cadre de la connaissance/reconnaissance de l’autre/de soi. J’ai par ailleurs toujours été fasciné par le sens biblique du terme connaissance. Pourquoi en est on venu à avoir cette signification ? Lier désir et connaissance, ça doit vouloir dire quelque chose quand même !
    • Pourquoi s’engager. La question du temps est importante dans l’engagement d’une personne dans un dispositif de formation. Je vois aussi d’autres raisons. Je crois qu’il doit exister un effet première fois présent à chaque fois que l’on lance une formation. Pour cela, il faut que chacun, animateurs et participants, soit conscient de cette première fois et se sentent complètement libre de découvrir un territoire neuf.  Chacun est très impliqué dans la réussite. Pour les animateurs, cela ne doit plus être la même chose quand il s’agit de relancer une deuxième cession. L’implication ne peut plus être la même car il y a eu prise de recul, automatisation de certaines choses… Il y a perte de spontanéité et de connivence avec les formés aussi. La connaissance permet peut être le passage à l’industrialisation mais on perd l’implication forte de soi. Cela je le vois dans le passage entre première année et deuxième année du tutorat à Limoges. Il serait aussi intéressant de voir comment perdure les liens qui se sont noués à cette occasion, dans le temps.

      Une autre raison à envisager dans la différence dans le temps entre les années qui s’enchainent. Les publics qui y vont en premier sont toujours ceux qui veulent découvrir autre chose. Ceux sont des avides (sens positif). Les publics qui suivent sont peut être plus prudents et recherchent une certaine efficacité au détriment de la seule découverte. A voir aussi la recherche de motivation entre désir de relations et désir de connaissances (motivations intrinsèques/extrinsèques).

      Sur la question de l’engagement enfin et sur la raison pour laquelle il y a un fort taux d’inactivité dans les MOOC, je pense que la réponse est dans le degré d’engagement. Il est plus facile de liker un contenu que de le commenter, et plus facile de s’inscrire que de travailler. Mais on retrouve aussi la même chose dans l’achat ou le prêt de livre. On achète ou on emprunte relativement facilement un livre mais est-ce qu’on le lit ? Sans oublier que s’inscrire c’est aussi d’abord projeter un désir. Je voudrais bien… faire un MOOC, lire un livre… Il y a donc aussi projection d’une part de soi dans une inscription. C’est donc aussi un acte identitaire. Après, il faut passer à l’étape suivante et ça c’est pas gagné !

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    Lu cette semaine (weekly)

    • tags: documentation de soi identité fascisme totalitarisme

      • la prise de conscience que les données dont nous parlons sont avant tout celles de notre servitude volontaire
      • la formation à l’explicitation des enjeux de la surveillance (« Surveillance:// » de Tristan Nitot en est un exemple magnifique)
      • le soutien politique (et législatif) au déploiement du logiciel libre
      • le déploiement de solutions alternatives à la toute puissance des GAFAM (comme l’initiative Dégooglisons internet le permet déjà, et comme le permettrait encore davantage la création d’un index indépendant du web combiné à la mutualisation déjà effective de ressources en Creative Commons)
      • la multiplication d’outils effectivement respectueux de notre vie privée dans le traitement technique des données qui y circulent (c’est la cas de DuckDuck Go, de Qwant, et de quelques autres)
      • Doctrine n°2 : La vie privée est un droit constitutionnel dont les états et les grandes firmes technologiques doivent être garants. Et là vous aurez toujours quelqu’un pour commencer à parler des exceptions, toujours un « oui mais » : « oui mais s’il s’agit de pédophilie ? De terrorisme ? D’empêcher un pilote d’avion mentalement déséquilibré de causer la mort de centaines de personnes ? A quel moment commence le « principe d’une surveillance de précaution » et quel aspect du droit fondamental à la vie privée doit-il fouler au pied ? » Et on ne s’en sort pas. 
      • Doctrine n°1 : La vie privée est une anomalie et si vous n’avez rien à vous reprocher vous n’avez rien à cacher. Soit le scénario d’une surveillance totale et globale de chacun de nos comportements par les grandes firmes tech en lien avec les états. Un projet au mieux de nature totalitaire et au pire de nature fasciste
      • l’enfer c’est ce que quelques autres savent de nous et de ce qu’ils sont capables de faire de ce savoir.
      • d’un côté ceux qu’il est possible de contrôler et de manipuler (les « sur-documentés ») et de l’autre ceux contre qui il faut diriger la haine des premiers (les « sous-documentés », les « undocumented »).
      • ; c’est ainsi également que la toute puissance du discours totalitaire est d’autant plus efficiente qu’elle s’applique à des communautés ciblées parce que sur-documentées (et sur-documentables)
      • Deuxio, sa haine viscérale est adressée à des communautés et à des minorités (rien de nouveau sous le fascisme ordinaire …) mais elle se caractérise en cela qu’elle stigmatise principalement ces communautés du fait de leur absence de papiers (les fameux « Undocumented Men ») et qu’elle utilise, pour conduire et guider cette haine, les outils et les métriques ne pouvant s’appliquer qu’à une population « sur-documentable ».
      • C’est à dire que son rapport au pouvoir est d’abord un rapport à la manière dont est documentée l’image du pouvoir

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    Lu cette semaine (weekly)

    • tags: externalité internalité conte

      • C’est absurde mais cela illustre parfaitement la faiblesse centrale du concept d’externalité : définissant une interdépendance entre deux personnes (ou entreprises) ne passant pas par la médiation d’un marché, son champ d’application est infini.
      • Troisième arrêt. Voici maintenant un cas exemplaire d’externalité négative, s’apparentant à une pollution
      • Quelle est la morale (économique) de cette histoire ? Sabu et Yoshi, plutôt que de rester enfermés dans leurs logiques de calcul personnel, comme les homo-économicus qui peuplent la théorie économique des externalités, ont trouvé une solution dans la coopération où ils sont gagnant tous les deux.
      • Ce qui est intéressant ici, ce n’est pas seulement l’opposition individualisme / coopération mais le fait qu’ils aient réussi à s’extraire d’une situation à priori bloquée, qu’ils aient en quelque sorte modifié les règles du jeu dans lequel ils s’étaient enfermés.
      • L’application de ce modèle aux ressources naturelles aboutit à préconiser leur privatisation ou leur gestion par une instance centralisée.
      •  Les prisonniers du fameux dilemme ne peuvent modifier les contraintes que leur impose le procureur, ils sont en prison. Tous les utilisateurs de ressources naturelles ne se trouvent pas dans une telle incapacité de modifier leurs contraintes. Tant que les individus sont vus comme des prisonniers, les directives politiques s’intéresseront à cette métaphore. Il serait préférable de se pencher sur la manière de renforcer la capacité des acteurs concernés à changer les règles contraignantes du jeu afin de parvenir à d’autres résultats que d’implacables tragédies. »
      •                 Mais puisque tout ceci, quand même, reste une histoire, laissons le mot de la fin à Yoshi : « Mmmm ! J’avais tort ! Respirer, en solitaire, le fumet des anguilles, ce n’est rien comparé au plaisir de les déguster avec un ami »
    • tags: automatisation économie de l’attention travail

      • lors que l’économie du partage repose sur l’échange entre humains, sur une meilleure mise en relation des gens entre eux, son avenir pourrait être bien différent.
      • évolutions de l’économie collaborative… ce secteur pourrait être la prochaine victime de l’automatisation
      • Le partage de domicile ou de bureaux lui aussi va s’autonomiser avec le développement de serrures numériques, de conciergeries autonomes, des services numériques personnalisés qui se reconfigurent et se personnalisent pour s’adapter aux allées et venues, sans avoir plus besoin d’hôtes ou d’office managers…
      • Mais avec des robots qui apprendront plus vite que les humains (parce ce qu’ils sont en réseau, qu’ils peuvent traiter une plus importante masse de données, augmenter le rythme si besoin), le combat peut sembler perdu d’avance…
      • La question n’est d’ailleurs peut-être pas tant celle de la destruction ou de la création d’emplois que la transformation des façons de travailler, comme nous le soulignions dans Questions Numériques.
      • L’automatisation nécessite de revisiter la définition de l’emploi,
      • En effet, en partant du principe que la technologie, la numérisation et l’intelligence artificielle accélèrent les transformations, les relations entre performance et valeur deviennent plus complexes et donnent lieu à des opportunités potentiellement exponentielles de création de valeurs.
      • Le retour sur le rendement amélioré (ROIP) – similaire au rendement sur investissement (ROI) – mesure la valeur de l’amélioration des performances dans un emploi donné.
      • En effet, les robots managers permettent d’éviter les disputes (car malgré tous les progrès sur l’informatique émotionnelle, les robots n’ont pas d’émotions et ne se vexent jamais), de favoriser les retours « objectifs » (en quantifiant les performances), et de prendre de meilleures décisions (pour autant qu’elles ne soient pas encore trop complexes à prendre).
      • Les algorithmes peuvent aussi aider les employeurs à savoir comment leurs employés se portent, ce qui les intéresse, ce qui les ennuie,
    • « Ils envahissent nos applications de messagerie, répondent à nos questions, nous rendent service : les chatbots sont partout. Mais derrière leur omniprésence se profile un nouvel écosystème du web, plus fermé, avec Facebook en première ligne. »

      tags: chabot

      • Le smartphone nous a incités puis habitués à utiliser des applications pour accéder à l’ensemble de nos pratiques numériques mobiles
      • Aujourd’hui la surcharge informationnelle et la complexité à occuper cet écran encouragent les grandes firmes à dépasser l’applification[+] NoteLe fait de passer d’un site web ouvert à une application mobile généralement conçue pour fonctionner dans un système d’exploitation spécifique. Voir aussi la thèse de Tim Berners-Lee .X [1] et à proposer à leurs utilisateurs des modalités d’entrée en contact de plus en plus interactives et engageantes.
      • « les humains passent en moyenne 50 minutes par jour sur une app de messagerie ». C’est donc là qu’interviennent les chatbots.
      • Ainsi, ces plateformes conversationnelles peuvent tout faire ou presque : jouer, informer, rechercher, émettre, alerter ou rappeler, connecter, passer une commande sur internet …
      • e tout évidemment en nous maintenant confortablement installés dans la plateforme sociale.
      • La plateforme a en effet ouvert ses API (interfaces de programmation applicative) aux développeurs tiers, qui peuvent ainsi créer leurs propres bots, capables de contacter directement les utilisateurs,- comme le ferait un «  ami ».
      • commander un VTC ou des sushis ? Avec les bots d’Uber et d’AlloResto, c’est plus rapide, plus simple et ça ne nécessite pas l’installation de l’application. C’est la conversation avec le bot dans Messenger qui se charge de tout ;
      • acheter le jean de vos rêves ? Dans Telegram il suffit d’envoyer à Tap2Bot une photo du vêtement souhaité, et vous voilà sur un site de vente en ligne. Regarder un film ? TapBot sait déjà vous en proposer quelques-uns ;
      • Les plateformes conversationnelles investissent en effet le marché des petites annonces.
      • Après le phénomène d’applification engendré et accentué par le développement du modèle applicatif des plateformes mobiles (Android et iOS),
      • nous assistons à un mouvement de « chatbotisation » du web.
      • il faut comprendre que les géants du web sont en passe de devenir le web, ou plus précisément de devenir des OTT.
      • ls favorisent donc un contact direct avec l’utilisateur, en court-circuitant les primo-intermédiaires économiques ou techniques.
      • Ainsi, les chatbots se substituent aux applications mobiles, aux sites, mais également aux navigateurs et aux moteurs de recherche. Ils sont la voie pour « devenir le web » en offrant aux utilisateurs la possibilité de réaliser leurs pratiques numériques les plus courantes au sein d’une seule plateforme de messagerie : communication, information, commerce, consommation de services et de contenus…
      • Un coup dur pour les modèles applicatifs des systèmes d’exploitation mobiles (OS) tels que le Google Play Store et App Store,
      • Les boutiques de bots fleurissent d’ailleurs déjà. Mais une fois de plus les fournisseurs de contenus et de services se retrouvent « intermédiés » par une plateforme qui leur sert de cadre techno-économique, à l’image des boutiques d’applications et des comptes sur les réseaux sociaux.
    • tags: Thérapie d’approche cognitivo-comportementale

      • Celle-ci applique des principes dérivés de la recherche scientifique afin de traiter et modifier certains comportements humains.
      • la personne confronte son anxiété en s’exposant aux images mentales, objets et/ou situations générant chez elle de la peur jusqu’à ce qu’elle diminue
    • tags: biais cognitif endogroupe exogroupe autorité épistémique prestige social biais de fréquence automatisme mental heuristique de jugement pensée tribale

      • Les humains au sein d’un même groupe ont tendance à penser, sentir, et désirer les mêmes choses.
      • La plupart de nos intuitions sont acquises socialement et associées aux valeurs de notre tribu, ou endogroupe : nous développons alors une méfiance intuitive qui tourne facilement à la haine pour tous les autres dans notre exogroupe.
      • Pour ces derniers, il est souvent difficile de se rendre compte qu’ils ont simplement intégré une nouvelle tribu, et qu’ils n’ont pas œuvré aussi dur qu’ils le pensent pour choisir leurs nouveaux modes de vie et de pensée.
      • Les phrases « je déteste tous les immigrés », et « je déteste tous les ploucs qui ont voté pour Trump » sont ancrées dans le même biais cognitif pour la préférence de l’endogroupe et le dégoût de l’exogroupe.
      • Il faut maintenant comprendre comment cette pensée tribale est ancrée dans des biais plus profonds qui nous poussent à ignorer le contexte au sein duquel nous formons nos opinions,
      • En sciences cognitives, nous avons identifié des « heuristiques de jugement » profondément ancrées dans la pensée humaine : des raccourcis mentaux automatiques, intuitifs, et rapides qui nous induisent en erreurs statistiques.
      • La tendance à ignorer les causes situationnelles en ne regardant que les attributs personnels d’un seul coupable humain est très commune ; il s’agit d’une heuristique de jugement bien étudiée que nous appelons l’erreur fondamentale d’attribution.
      • nous avons une tendance intuitive vers l’ignorance du contexte,
      • nous sommes automatiquement biaisés vers la quête d’une causalité humaine, singulière, personnifiée
      • il faut comprendre que l’esprit humain est très inefficace dans sa perception des indices contextuels et situationnels tels que les forces historiques, sociales, et économiques
      • Il est aussi très inefficace à percevoir ses propres raccourcis mentaux et sa psychologie tribale.
      • Les mécanismes de coercition qui font tenir nos sociétés sont horizontaux, pas seulement verticaux. En d’autres termes, nous nous maintenons subjugués les uns aux autres par nos automatismes intuitifs de base et notre pensée tribale !
      • Demandez-vous encore : pourquoi aimez-vous ce que vous aimez ? Comment avez-vous développé vos goûts musicaux, vos préférences vestimentaires, vos valeurs morales et politiques ?
      • En anglais, dumbfounding décrit un état de stupéfaction dans lequel on se retrouve sans mot.
      • Les humains s’accrochent presque toujours à une position morale ou esthétique qui fait écho à ce qui est culturellement acceptable dans leur groupe.
      • Faute d’explication, ils feront appel à leur ressenti le plus profond et ne sauront plus quoi dire.
      • 1. Nous ne pensons presque jamais rationnellement à nos croyances, et aux conditions dans lesquelles nous les avons acquises. Une fois acquises, nous ne les revisitons plus.
      • 2. L’inspection des indices de contexte requiert un effort mental difficile, et nous ne sommes pas doués dans ses opérations.
      • 3. Nous « sous-traitons » nos pensées, croyances, goûts, ressentis, et comportements à notre endogroupe, et nous performons cette opération de manière automatique.
      • Nous pouvons maintenant conclure cette introduction à l’Effet Trump avec une description simple des biais cognitifs qui gouvernent la sous-traitance de l’information à l’endogroupe.
      • il existe effectivement des mécanismes invariants de pouvoir dans la gérance collective du comportement
      • Mais il n’existe que rarement des personnages maléfiques qui parviennent à tirer les fils de marionnettes qui font bouger nos corps.
      • L’Effet Trump décrit plutôt les mécanismes invariants du pouvoir épistémique.
      • l’épistémologie est la branche du savoir qui examine la connaissance, sa construction et son apprentissage.
      • On parlera ici d’autorités épistémiques : c’est-à-dire des indices spécifiques qui possèdent le pouvoir d’attirer notre attention et de guider notre pensée et notre ressenti automatiquement, intuitivement, et inconsciemment.
      • La recette de ces indices d’autorités épistémiques est courte et simple. Il n’y en a que trois :
      • 1. les autres, dans notre endogroupe (le biais de l’endogroupe) ;
      • 2. des membres spécifiques de notre groupe imbus de prestige (le biais du prestige (.pdf)) ;
      • 3. le confort des nombres (le biais de fréquence (.pdf) ; la preuve sociale).
      • Pour être plus précis, nous possédons des mécanismes intuitifs pour localiser des informations pertinentes au contexte, et pour découvrir presque instantanément de qui nous devons apprendre. La clé de cette recette est de trouver la personne, ou “figure d’autorité” avec le plus de pouvoir épistémique.
      • Nous ne modelons pas simplement nos attentes sur les attentes des autres dans notre endogroupe, mais surtout sur nos perceptions intuitives des personnes que nous percevons comme imbues de prestige et de haut statut social
      • Notre soif de servitude au prestige possède les mêmes origines dans l’évolution de l’espèce que les systèmes de dominance que l’on observe encore chez nos cousins primates.
      • C’est plutôt par consensus implicites que nous maintenons nos régimes de pouvoir.
      • L’âge et l’expertise
      • nous ignorons les aînés quand nous détectons une expertise supérieure – ou prestigieuse ! Les “gens branchés”
      • Réputation et commérage
      • Le commérage nous permet de surveiller la réputation des autres.
      • La force du nombre
      • En psychologie sociale, nous appelons cet effet la preuve sociale.
      • En anthropologie cognitive, nous parlons d’un biais de fréquence.
      • elle doit s’appuyer sur un cadre d’idée qui soit déjà répandue et acceptée. Si
      • Il faut donc travailler avec ses automatismes.
      • La pleine conscience, certaines techniques de méditation, et la thérapie cognitivo-comportementale nous apprennent à remarquer nos pensées, nos émotions et nos compulsions quand elles surgissent, et à rester en pause avant d’agir.
      • Identifier notre endogroupe est plus difficile : nous sommes beaucoup trop biaisés vers l’illusion que nous nous constituons nous même en tant que sujets individus. Mieux vaut attendre de le remarquer.
      • En apprenant à remarquer et reconnaître nos idées et pulsions, nous pouvons apprendre à reconnaître les figures de désir et d’autorités qui surgissent dans nos intuitions.
      • Vous pourrez remarquer alors que votre conscience la plus profonde est toujours structurée vers une ouverture à l’autre, et que c’est bien cela qui fait de l’Humain un être si précieusement altruiste.
    • tags: biais cognitif

      • L’étude de ces biais montre à quel point notre expérience du monde, nos pensées et nos comportements sont nettement moins libres qu’on ne l’imagine.
    • tags: biais déterminisme algorithmique information

      • ‘heure de la mobilisation fasse aux Fake News en France,
      • le 27 février et jusqu’à la fin de l’élection présidentielle Google lancera « Crosscheck », une plateforme sur la quelle les internautes pourront « signaler » des informations douteuses ou poser des questions sur un sujet, et différentes rédactions
      • Facebook de son côté, après avoir annoncé il y a quelques jours des modifs sur son algorithme visant à atténuer certains effets de personnalisation, tout en état partenaire du projet « Crossckeck », lance ce lundi son propre outil baptisé « CrowdTangle
      • prendre le problème sous un autre angle et tenter de comprendre la succession de biais cognitifs, culturels et sociologiques qui participent à la construction et au partage de ces différentes « fausses informations » tout autant qu’à nos éventuelles « bulles de filtre ».
      • autres, ce numérique là dispose d’un certain nombre d’invariants qui sont autant de fonctions et de caractérisations précises de ses modes d’agir et qui façonnent en retour la manière dont nous interagissons avec lui.
      • absolument rien à voir avec les plateformes ou avec le numérique mais que les plateformes ou le numérique permettent souvent « d’augmenter » avec un simple effet de corrélation
      • puis les biais cognitifs (culturels et sociologiques) directement reliés au numérique ou aux plateformes avec, cette fois, un lien de causalité directe. 
      • La spirale du silence est une théorie sociologique qui dit la chose suivante : 
      • La tyrannie des agissants est un phénomène décrit par Dominique Cardon, qui explique la chose suivante
      • la tyrannie des agissants amplifie et accélère les possibles spirales de silence sur certains sujets de société, permettant alors parfois de faire complètement basculer l’opinion.
      • On se tait devant la parole raciste, sexiste ou misogyne parce que l’on a l’impression que c’est cette parole qui est le point de vue dominant.
      • Et si l’on a cette impression c’est en partie lié à l’environnement numérique qui nous la fait éprouver.
      • Dans un environnement entièrement déconnecté de tout paramètre numérique (un café, une réunion de famille, une réunion publique) ces phénomènes sont aussi observables.
      • cette tyrannie des agissants ou ces effets de spirale de silence sont immédiatement rationnalisables et quantifiables par l’expérience, de manière empirique directe.
      • Je « vois »
      • A l’échelle d’environnements numériques
      • s’en ajoute au moins un troisième : les audiences invisibles décrites par danah boyd.
      • je ne vois pas les gens auxquels je parle ou qui parlent autour de moi.
      • Et si je dis « doublement » impossible c’est parce qu’un autre paramètre intervient qui est celle fois celui du déterminisme algorithmique 
      • Donc une sorte de cake de biais cognitifs et comportementaux composé de 4 étages : tout en bas la tyrannie des agissants, juste au dessus, comme causalité effective, la spirale du silence, au dessus d’elle, les audiences invisibles et tout en haut la bulle de filtre ou en tout cas le filtrage algorithmique. 
      • La « tyrannie des agissants » s’appuie elle-même sur une dichotomie plus profonde entre « endogroupe » et « exogroupe » que l’on nomme également « la pensée tribale ».
      • L’approche anthropologique, poursuit-il, fait qu’à certaines étapes de notre vie, nous changeons d’endogroupe, sans nécessairement en avoir immédiatement conscience et que chaque communauté dispose toujours de ses propres endo et exo-groupes qui s’affrontent plus ou moins violemment sur certains sujets.
      • L’autre point clé est celui qui veut que nous ayons tendance à « ignorer le contexte au sein duquel nous formons nos opinions.« 
      • Nous avons donc ici un autre « cake » composé cette fois de deux étages :
      • celui de la « tribu » réelle dans laquelle nous forgeons nos opinions et des endo et exogroupes qui constituent les lignes d’affrontement et de conflit au sein de ladite tribu,
      • les communautés tribales artificiellement augmentées et construites qui participent de notre rapport à l’information et aux autres au sein des grande plateformes de réseaux sociaux.
      • s’il renvoient au rapport à l’information d’un individu, se travaillent d’abord à l’échelle du groupe et/ou des dispositifs techniques (plateformes, algorithmes). 
      • Une heuristique de jugement c’est « un raccourci cognitif utilisé par les individus afin de simplifier leurs opérations mentales dans le but de répondre aux exigences de l’environnement« ,
      • Cela nous permet de gagner du temps mais cela est surtout la cause de nombreux biais et erreurs dans nos prises de décision.
      • un point clé est que l’humeur, notre humeur, joue un rôle fondamental dans la mise en place des ces heuristiques.
      • Or, à l’échelle des plateformes sociales, on sait deux choses : d’une part, à l’échelle de la psychologie individuelle, que certains sentiments se propagent plus facilement que d’autres
      • d’autre part, à l’échelle du modèle économique des plateformes, que c’est précisément la joie (ou l’humeur joyeuse) qui va nous installer dans un contexte cognitif facilitant, par exemple, les achats pulsionnels, ou nous rendant en tout cas plus réceptifs aux différentes sollicitations publicitaires
      • a) L’erreur fondamentale d’attribution. 
      • b) Le biais de confirmation et la dissonance cognitive.
      • privilégier les informations qui confirment ses propres opinions ou sa vision du monde,
      • négliger ou ignorer celles qui les contredisent.
      • nulle part davantage qu’au sein de cette plateforme nous ne sommes en permanence soumis à des situations de dissonance cognitive, et que notre équilibre mental impose en quelque sorte le recours à ce biais. 
      • c) L’écho de croyance.
      • On parle aussi de l’effet retour de flamme (les individus confrontés à des preuves en contradiction avec leur croyance ont tendance à les rejeter et à se refermer davantage sur leur croyance initiale) ou de la persistance des croyances discréditées comme corollaires du biais de confirmation.
      • d) Le biais d’auto-complaisance.
      • La biais de cadrage c’est la tendance à être influencé par la manière dont un problème est présenté.
      • e) L’effet cigogne (ou illusion de corrélation).
      • Là où les réseaux et les plateformes sociales « en rajoutent une couche » sur ce biais de cadrage, c’est dans la manière qu’elles ont de jouer et d’influer sur notre humeur, et ce faisant
      • g) Biais d’ancrage.
      • Il désigne la difficulté à se départir d’une première impression et pousse à se fier à l’information reçue en premier dans une prise de décision.
      • Là encore, du côté des plateformes sociales mais aussi et particulièrement des moteurs de recherche, ce biais d’ancrage est une clé de compréhension déterminante.
      • Sa traduction en termes de « Fake News » est double : d’un côté on a de fausses informations qui instrumentalisent sciemment cet effet, qui jouent délibérément sur la zone de flou entre corrélation évidente et causalité apparente
      • A l’échelle des réseaux sociaux ce biais d’ancrage se décline différemment mais revêt une importance tout aussi cruciale puisque l’information qui nous sert de « première impression » est souvent celle qui bénéficie de la plus forte viralité au sein de la plateforme alors même que cette viralité est précisément construite sur un empilement de biais cognitifs facilitant sa propagation.
      • f) Biais de cadrage
      • D’où l’importance non pas de stigmatiser le rôle de ces plateformes sociales ou de ces moteurs de recherche mais d’expliquer que leur régime de vérité est celui de l’engagement ou de la popularité et en aucun cas celui d’une quelconque vérité objectivable ou d’une information factuellement vérifiable. 
      • h/ biais de représentativité.
      • « des informations personnalisantes plutôt que statistiques« 
      • Et là encore le lien avec réseaux sociaux et moteurs de recherche est clair et évident tant les informations remontées (dans une recherche) ou affichées (sur notre « mur ») relèvent avant tout d’effets de personnalisation
      • i/ biais ou heuristique de disponibilité
      • e « un mode de raisonnement qui se base uniquement ou principalement sur les informations immédiatement disponibles, sans chercher à en acquérir de nouvelle concernant la situation.« 
      • D’abord parce que la « délégation de mémoire » et l’activation de cette mémoire de travail stockée dans le Cloud est un élément essentiel de la compréhension fine des écosystèmes connectés c
      • Ensuite parce que sur un sujet donné, le rappel, la réactivation des informations immédiatement disponibles sera contraint par des facteurs non pas objectivables mais une fois de plus liés à des logiques de personnalisation
      • j/ résistance au changement (biais de status quo)
      • k) effet de faux concensus.
      • l/ Illusion de savoir.
      • si l’on se fie à des croyances erronées plutôt que de chercher à recueillir de nouvelles informations, c’est précisément parce que l’on a l’impression d’être en permanence déjà sur-informés.
      • m/ Surconfiance (ou effet Dunning-Kruger)
      • « les individus les moins qualifié dans un domaine surestiment leurs compétences » alors qu’en corollaire, « les personnes les plus qualifiées auraient tendance à sous-estimer leur niveau de compétence et penseraient à tort que des tâches faciles pour elles le sont aussi pour les autres. »
      • n/ le biais de conformité.
      • o/ Effet de simple exposition.
      • En d’autres termes plus nous sommes exposés à un stimulus (personne, produit de consommation, lieu) et plus il est probable que nous l’aimions.« 
      • Naturellement c’est le plus souvent dans le cadre de la publicité que l’on fait appel à lui.
      • p/ Effet de Halo ou de notoriété.
      • des personnes étaient jugées plus intelligentes que d’autres uniquement sur la base de leur attrait physique. »
      • En effet nombre de ceux qui composent ces tyrannies des agissants bénéficient d’un effet de halo du fait de leur notoriété (e-reputation), de leur habilité langagière et rhétorique, mais également d’indices quantitatifs triviaux (nombre de followers, de RT).
      • q/ Effet Barnum
      • A l’échelle des réseaux sociaux cet effet Barnum jour un rôle important. D’abord parce que chacun d’entre nous, qu’il le veuille ou non, se construit un personnage « aimable » au travers des traces indiciaires de sa présence en ligne.
      • ‘en retour nos « amis » ont pour fonction de valider chacun de ces traits de personnalité à grands coups de commentaires et de « like ».
      • Mais l’effet Barnum s’applique également à la nature globale des informations les plus échangées et renvoie à une autre notion qui est celle de la « kakonomie », décrite dans ce billet : 
      • « La kakonomie est régulée par une norme sociale tacite visant à brader la qualité, une acceptation mutuelle pour un résultat médiocre satisfaisant les deux parties, aussi longtemps qu’elles continuent d’affirmer publiquement que leurs échanges revêtent en fait une forte valeur ajoutée. » 
      • Plus la conversation est « relâchée », plus le sujet est « vague » et plus les interactions sont possibles et non-clivantes. Et plus donc, ledit contenu informationnel voit mécaniquement sa représentativité, son affichage (Reach) augmenter. 
      • r/ Effet râteau et illusion des séries
      • L’effet râteau est un biais cognitif de jugement qui consiste à exagérer la régularité du hasard. Il revient à considérer qu’une répartition aléatoire, dans le temps ou dans l’espace, doit s’étaler selon des intervalles plus réguliers qu’ils ne le sont empiriquement.
      • « L’illusion des séries est la tendance à percevoir à tort des coïncidences dans des données au hasard. Cela est dû à la sous-estimation systématique par l’esprit humain de la variabilité des données.« 
      • nous sommes en permanence en train « d’exagérer la régularité du hasard » et de « sous-estimer la variabilité des données ».
      • Je m’explique. Même si les chiffres varient on considère généralement que sur Facebook nous n’avons accès qu’à une infime partie des contenus réellement publiés par nos amis ou par les pages auxquelles nous sommes abonnés, en gros entre 6% pour les estimations les plus basses et 20% pour les plus hautes.
      • ce petit pourcentage de publications visibles est lui-même contrôlé par une série de déterminismes algorithmiques dont la variabilité confinerait souvent à l’aléatoire du point de vue de l’utilisateur s’il pouvait avoir à sa disposition la globalité des publications disponibles.
      • est cognitivement difficile d’accepter la nature aléatoire de ce « bain » social et informationnel supposé nous permettre de prendre en temps réel le pouls du monde et de notre sphère sociale proche
      • nous rationalisons de deux manières. D’abord en ignorant ou en feignant d’ignorer que nous ne voyons qu’une toute petite partie des publications effectivement disponibles. Ensuite en considérant que ces publications visibles obéissent à une logique qui n’est pas aléatoire mais orientée en fonction de « l’importance » desdites publications. 
      • Car la majorité desdits amis n’a pas beaucoup posté sur l’affaire Fillon, mais l’algorithme de Facebook a identifé d’une part que cette affaire occupait un espace médiatique très important (ça c’est pas très difficile) et il a d’autre part constaté que ces contenus vous intéressaient. Il vous a donc présenté toute une série de publications sur cette affaire en les surexposant en termes de fréquence, dont celles de vos amis.
      • s/ biais de négativité
      • La biais de négativité consiste à prendre davantage en compte les informations « négatives » au détriment des « positives
      • d’un côté il tente de favoriser les contenus « joyeux » pour influer sur notre humeur et libérer un maximum de temps de cerveau disponible à destination des annonceurs et de son modèle d’affaire
      • de l’autre il sait parfaitement que la colère et l’indignation étant les sentiments qui se partagent le mieux, certains contenus tristes, révoltants, « désagréables et douloureux » mettant en oeuvre ce biais de négativité vont aussi bénéficier de logiques de viralité et d’interaction très fortes et qu’il faut donc « équilibrer » et personnaliser en permanence ces deux faces de nos humeurs et de nos personnalités.
      • Il s’agit d’établir une corrélation claire entre certains de ces biais cognitifs et la manière dont certaines plateformes dans certains contextes peuvent en effet contribuer, d’une part, à les instrumentaliser à des fins économiques (pour faire tourner leur régie publicitaire ou leur propre modèle d’affaire au regard des données personnelles collectées et accessibles),
      • et d’autre part à augmenter les effets de ces biais.
      • Les médias sociaux restent une source d’information importante mais loin d’être dominante :
      • Pendant les trois derniers mois précédant l’élection, les Fake News favorisant le candidat Trump ont été partagées plus de 30 millions de fois contre seulement 8 millions de fois pour celles favorisant Clinton
      • l’américain moyen a vu et se souvient de seulement 0,92% des Fake News favorables à Trump et de 0,23% de celles favorables à Clinton avec seulement la moitié des personnes s’en rappelant qui indiquent les avoir crues
      • pour que les Fake News soient en capacité d’influencer le résultat de l’élection, un article « Fake » aurait besoin d’avoir le même effet de persuasion que 36 campagnes publicitaires télévisuelles.
      • La plupart des américains (indépendamment de leur niveau d’éducation ou de leurs idées politiques) pensent que les Fake News sont une source de confusion
      • mais ils se sentent capables de les identifier facilement
      • ce qui ne les empêche pourtant pas d’en diffuser eux-mêmes
      • l’audience des Fake News est réelle mais extrêmement minoritaire
      • l’audience des Fake News stagne lors des pics d’audience des vrais sites d’info
      • il n’y a pas de « bulle de filtre des fake news »
      • le rôle joué par Facebook est déterminant en termes de trafic et d’audience
      • Globalement le « niveau de confiance général des français envers les médias » n’avait pas été aussi bas depuis … 2002. 2002 c’est la réélection de Jacques Chirac à la présidence de la république française et l’arrivée d’un certain Nicolas Sarkozy au ministère de l’intérieur.
      • Compris que ce que les gens vont y chercher, « sur l’internet« , ce n’est ni de la confiance, ni de la vérité, mais une zone de confort cognitive qui leur permet … de voir la vie en biais.
    • tags: abandon foad affectivité solitude dispositif socio-technique

      • Nous avons cherché à comprendre en quoi et comment la dimension affective de la communication participait à l’abandon en formation à distance
      • une démarche caractéristique des humanités digitales
      • leur rôle est à la fois de comprendre (approche théorique) et d’entreprendre (approche pratique), d’observer (approche descriptive), mais aussi de créer (approche pragmatique) avec les instruments de la connaissance  »
      • conçu une méthode opérationnelle (au stade encore expérimental) [1] visant à réduire l’abandon.
      • les taux d’abandon, systématiquement supérieurs à distance par rapport à ceux en présence, rappellent que les étudiants ne vivent pas la formation à distance de la même manière que celle en présence, en particulier lorsque l’enseignement se fait exclusivement ou quasi-exclusivement à distance.
      • l’abandon peut avoir un impact économique non négligeable
      • L’abandon peut donc avoir des conséquences économiques, à la fois immédiates (l’étudiant qui a abandonné ne s’inscrira pas dans les années suivantes) et à plus long terme (réputation, image de l’université). De plus, les citoyens moins diplômés sont plus souvent chômeurs [3], ce qui peut avoir un impact à plus grande échelle.
      • la formation à distance n’est pas l’autodidaxie. Il s’agit alors de tenir compte de la nécessité de différentes formes de communication entre l’étudiant et le dispositif [4] de formation dans son ensemble : pédagogique, sociale, cognitive, affective, etc.
      • Notre travail présente certaines originalités par rapport à d’autres études sur l’abandon.
      • un modèle intégratif de différentes théories sur la dimension affective
      • comprendre l’individu dans la globalité affective de son être
      • la solitude (et occultent d’autres formes d’affectivité), bien que ce sentiment aura effectivement un impact majeur –nécessaire mais pas toujours suffisant– sur la décision d’abandonner
      • pas seulement de tenir compte du ressenti affectif de l’individu, mais aussi de l’ensemble des relations qu’entretient l’individu et qui peuvent avoir un impact sur sa dimension affective et sur sa décision d’abandonner ou non.
      • La dimension affective de la communication, régulièrement appelée « dimension socio-affective » dans le travail de thèse, est l’ensemble des sentiments [9] ressentis par l’individu lors d’une relation sociale, qu’elle soit en présence ou à distance.
      • les sentiments avaient une origine tant intrinsèque (l’individu en « communication » avec lui-même) qu’extrinsèque au sujet (l’individu en relation avec son monde extérieur et en particulier les humains),
      • Il convient alors de prendre en compte la dimension communicationnelle pour comprendre le rôle de l’affectivité dans l’abandon en formation à distance.
      • Ceci passe à la fois par l’identification des individus en interaction avec le sujet (étudiant analysé) dans le dispositif de formation à distance (enseignants, autres étudiants, éventuellement personne administratif)
      • par l’analyse des communications entre eux.
      • L’intention est également questionnée
      • nous souhaitions vérifier l’existence d’un contrat de communication entre les différents partis
      • Ceci nous a amené à mobiliser les notions d’intercompréhension et d’agir communicationnel (Habermas, 1987).
      • L’ensemble des sentiments retenus pour caractériser la dimension affective, au nombre de neuf, sont issus de lectures qui concernent les sentiments et leur rôle dans un contexte d’apprentissage (Dussarps, 2014, p. 58-59)
      • sentiment de reconnaissance
      • sentiment d’auto-efficacité (SAE)
      • sentiment d’appartenance
      • confiance en l’autre
      • solitude
      • sentiment d’autonomie (ou a contrario de dépendance)
      • anxiété
      • estime de soi
      • plaisir
      • Ces sentiments sont constitutifs d’un sous-système (le système affectif) d’un système plus général (l’individu, composé de quatre sous-systèmes psychologiques [10] : cognitif, métacognitif, affectif et conatif).
      • Compte-tenu de l’objet de notre étude (l’abandon en formation à distance), le dernier système (conatif) fut également étudié en partie : seuls la motivation initiale à suivre la formation et l’« output » (abandon ou persévérance) du système conatif ont été étudié
      • Il est classiquement question en communication des organisations de dysfonctionnements dans la transmission de l’information, le modèle structurel ou l’organisation.
      • Ces dysfonctionnements sont souvent décisifs pour comprendre l’origine de problèmes plus généraux.
      • Les dispositifs de formation à distance peuvent être observés de manière méthodologiquement similaire et présentent les mêmes défauts de communication.
      • Les dysfonctionnements sont le « catalyseur » de nombreuses causes d’abandon.
      • Le contrat de communication est parfois inexistant ou rompu.
      • En cindynique
      • on classe les risques selon leur criticité
      • fonction de leur fréquence d’apparition et de leur gravité
      • Nous avons ainsi observé que les étudiants ayant un motif essentiellement intrinsèque à suivre la formation (plaisir d’apprendre par exemple) étaient ceux qui abandonnaient le plus souvent (70 % d’entre eux), au cours du premier semestre (Dussarps, 2014, p. 364).
      • s’ils accumulent les difficultés d’organisation, administratives, etc., au cours de leur formation, et ce malgré un désir fort d’apprendre, ils se lassent et abandonnent facilement.
      • En revanche, ceux qui ont un motif extrinsèque (avoir le diplôme pour évoluer professionnellement ou trouver un emploi par exemple) et un objectif à réussir leur formation « s’accrochent » plus volontiers, du fait de la pression de l’enjeu.
      • Le second facteur d’abandon est la solitude au sein du dispositif 
      • La solitude n’est pas seulement l’absence de l’autre, mais la difficulté à entrer en relation avec l’autre lorsqu’on en aurait besoin ou une insuffisance dans la qualité des communications.
      • En résumé, les abandons sont généralement dus à la synergie de plusieurs facteurs, qui peuvent être affectifs ou avoir un impact sur l’affectivité.
      • En premier lieu, une motivation à suivre la formation intrinsèque et des dysfonctionnements ; en second lieu, la solitude de l’étudiant face à une absence de réponse, conjointe à d’autres facteurs affectifs, solitude qu’il réduit parfois à l’aide de ses pairs.
      • il nous semble que le principal moyen de réduire l’abandon n’est pas nécessairement d’avoir un dispositif parfait (nous avons pu voir que la « compensation » par les pairs pouvait réduire l’abandon), mais d’établir un contrat initial clair et fidèle, y compris en assumant les imperfections du dispositif.
      • mais aussi et surtout d’aider les apprenants à prendre conscience de ce qu’ils attendent de la formation et des ressources qui sont à leur disposition, prise de conscience qui se ferait lorsqu’ils répondraient au questionnaire.
      • En acceptant de suivre la formation dans ce contexte, ils passeraient une forme de contrat moral, un engagement, avec le dispositif de formation
      • l’institution de formation s’engerait à respecter le dispositif tel qu’il est décrit, quitte à assumer, par exemple, le fait que l’accompagnement soit très limité, ou que des retards de cours de l’ordre d’une semaine puissent survenir, ce qu’il faudra donc que les étudiants prévoient initialement
      • :

          

         Tableau 1 : Attentes des étudiants vs offre du dispositif. Exemple de synthèse suite à un questionnaire des attentes proposé avant l’inscription en formation.

    • tags: posture corps voix enseignant

      • Ces différentes conceptions de formation universitaire aux métiers de l’enseignement m’ont amenée à proposer un dispositif de formation « Posture, corps et voix de l’enseignant dans la classe », à visée clinique postulant une culture du singulier et de la différence, et prendre en compte :
      • le sujet, singulier, son histoire et son rapport au corps (Jourdan 2006) ;
      • le temps, c’est-à-dire l’évolution, les changements, les questionnements sur sa pratique ;
      • le réel, la contingence de toute situation d’enseignement-apprentissage. Les choix que les enseignants opèrent dans ces temps d’interactions didactiques ne relèvent pas tous de comportements rationnels caractérisés par la cohérence entre moyens utilisés et objectifs poursuivis. Aux côtés d’actes explicables, de l’ordre de la rationalité, d’autres relèvent d’une autre logique répondant à des mobiles inconscients.
      • Le corps est révélateur de ce que nous sommes, un garçon, une fille, notre âge, le temps qui passe, les rides, les cheveux blancs…
      • Le corps apparaît comme un point de passage de toutes nos expériences, lieu de nos émotions
      • Ainsi, le corps de l’enseignant n’est pas neutre. Il envoie des messages non verbaux, des signes, tout aussi lisibles qu’un texte parlé
      • Il y a également la voix de l’enseignant, peut-être la partie la plus intime du corps.
      • Le climat sonore que le sujet instaure : agressivité, chaleur, fermeté… Toutes ces manifestations du corps, apparemment insignifiantes, mais qui vont être lues et interprétées et qui parfois peuvent donner lieu à des situations de conflit.
      • Le statut assure l’indispensable distinction des fonctions et des places distinctes adulte / enfant ; enseignant / élève. Une place d’exception à assoir.
      • Ce « être vu » pose le problème de l’image de soi et de l’importance des enjeux narcissiques pour pouvoir se sentir en sécurité face aux élèves et soutenir sa place d’enseignant,
      • le corps est mis en scène pour capter l’attention des élèves, « une théâtralisation symbolique » dans laquelle « plutôt que d’être passivement exposé aux regards, l’enseignant opère une mise en scène active du corps. Il tente de s’assurer ainsi d’une prise de possession des regards enseignés, de métamorphoser l’exposition passive en captation ».
      • trouver la bonne distance qui est tout à la fois un rapprochement, une alliance, et une mise à distance, une « séparation »
      • Il faut garder la face, mais l’imprévu fait lâcher prise, le « je » entre en jeu, colère, emportement, éclats de rire, autant de manifestations d’émotion qui, dans l’instant, peuvent mettre l’enseignant en situation d’inconfort et de désarroi : corps dont nous ne sommes pas maîtres.
      • L’enjeu essentiel de nos formations est de solliciter l’enseignant dans sa singularité, dans sa différence, pour l’amener à construire une gestuelle professionnelle en harmonie avec ce qu’il est, ce qu’il désire, afin de se saisir de ses ressentis dans ce contact à l’autre.
      • Le premier temps est une prise de conscience de ce que l’on donne à voir quand on se déplace, quand on s’adresse à autrui.
      • Etre face à une classe exige d’habiter son corps et sa voix, ce qui touche autant l’émotionnel et l’affect que le cognitif et le rationnel de la transmission de savoir.
      • Le premier axe de travail est l’accueil des élèves, à chaque heure de cours. Accueillir l’élève, c’est lui faire sa place – singulière parmi les autres – lui permettre d’exister tel qu’il est, comme il est, sans jugement, là où il en est de ses apprentissages didactiques et de ses comportements sociaux.
      • Premier instant de la relation, le regard qui invite, qui menace, regard qui méprise, regard qui stimule
      • On se cherche tout d’abord à travers des déplacements, un travail sur soi, son tonus, sa verticalité, sa respiration, ses différents rythmes 
      • Il s’agit de prendre le temps de s’exercer à mettre en scène sa corporéité, sa personnalité, de jouer à paraitre
      • Le corps est ici un outil de travail à jouer comme étant le premier médiateur entre soi et les élèves, un corps qui met en scène le savoir dans un rythme, une respiration, des déplacements qui accompagnent cette transmission.
      • Un travail sur la voix, véritable caisse de résonnance de notre être, lieu de tous nos affects, traverse l’ensemble.
      • L’enjeu est d’apprendre à préparer « son instrument », à l’instar d’un musicien ou d’un sportif.
      • La voix c’est avant tout une affaire de soufflerie, il va donc s’agir d’apprendre à mettre en place dans le quotidien une respiration ventrale et non thoracique, apprendre à gérer l’air pour ne jamais être en apnée.
      • Reconstruire sa verticalité est primordial pour que la colonne d’air puisse s’inscrire physiquement dans le corps de l’enseignant.
      • Le deuxième temps technique est de faire aller la voix dans les résonateurs qui se trouvent principalement dans le crâne (fosse nasale, sinus, dents, voûte palatale….).
      • La troisième phase qui vient en dernier dans l’apprentissage vocal, est l’utilisation des éléments qui viennent tout de suite à l’esprit lorsque l’on parle de voix : les cordes vocales.
      • Les journées de formation se font dans cette alternance « corps – voix ». Chacun exerce son corps et sa voix avec sa singularité, au regard de ses perceptions de l’autre, de son imaginaire, de ce qui lui semble être.

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