Lu cette semaine (weekly)

  • tags: bulle de filtre

    • Magie de la bulle de filtre, concept à succès inventé en 2011 par l’activiste Eli Pariser, sur la base de l’intuition apparemment logique que les algorithmes qui pilotent les moteurs de recherche ou la présentation des contenus sur les médias sociaux orientent leur réponse en fonction des préférences de l’usager2.
    • il ne viendrait pas à l’idée des « enquêteurs » de vérifier de quelle diversité informationnelle bénéficie un abonné du Monde ou du Nouvel Observateur.
    • la dimension de l’entre-soi médiatique, qui n’a pas besoin d’algorithme pour évacuer de son horizon les motifs de trouble
    • Une revendication des plus étranges lorsqu’on constate les parti-pris des organes d’information, chacun attaché à une clientèle et qui lui tend complaisamment le miroir qui est la condition de l’acte d’achat.
    • la prétention objectiviste d’une presse qui se dépeint en gardienne de l’universalisme des Lumières.
    • véritable étude, publiée par la revue Science, qui constate que le système de sélection de Facebook ne modifie que de 1% l’exposition aux contenus politiques de camps opposés5.
    • Le vrai filtre, c’est le choix de nos amis, plus que l’algorithme de Facebook
    • Traduisons: il n’y a pas de bulle. Et il n’y a pas non plus d’impartialité journalistique, qui se hisserait au-dessus de la subjectivité des réseaux sociaux.
    • c’est la prétention à l’objectivité, à la neutralité et à un pluralisme défini d’en haut qui constitue le principal obstacle à une information honnête, c’est-à-dire signée, et qui admet son orientation, plutôt que de la nier.
    • Plutôt que des bulles, indépendantes et forcément étanches, la dynamique des réseaux sociaux produit des essaims informationnels perméables, orientés par les préférences et les affinités, mais toujours susceptibles d’être traversés par les impulsions virales, la contagion du LOL ou la sérendipité du web.
    • Habités par la conviction de l’universel, les vieux médias découvrent avec frayeur les îlots minoritaires et la fragmentation communautaire, sans s’apercevoir qu’ils ne sont eux-mêmes pas moins polaires, relatifs et bornés.

Posted from Diigo. The rest of my favorite links are here.

PDF    Envoyer l'article en PDF   

Lu cette semaine (weekly)

  • tags: régime de vérité facebook google algorithme entreprise capitalisme

    • Primo il existe des gens, des groupes, des médias dont le métier, le business ou la compétence est précisément de biaiser les algorithmes :
    • cela s’appelle la fachosphère ou la gauchosphère,
    • Donc forcément leur « stratégie » sera toujours plus efficace pour biaiser l’algorithme dans le sens qui leur convient que le réflexe que nombre de collègues ou commentateurs nous incitent actuellement à essayer à l’échelle individuelle, c’est à dire sortir de notre bulle de filtre en choisissant des amis ou des pages qui pensent différemment de nous.
    • Deuxio, les plateformes et les algorithmes qu’elles mettent en oeuvre sont avant tout des services. Des services qui sont au service de leurs usagers, certes, mais également et avant tout au service des intérêts (politiques, économiques, idéologiques) des gens qui les dirigent
    • Dans le débat actuel on questionne beaucoup la manière dont l’algorithme trie l’information mais beaucoup moins la « mission » de Google.
    • Et il a pour cela besoin de contenus suscitant de « l’engagement ». La « valeur » transmise et appliquée par l’algorithme de Facebook est donc celle de l’engagement.
    • Parce qu’un algorithme ne se nourrit, si l’on peut dire, que d’itérations et de boucles de rétroaction qui renvoient à la logique interne de sa programmation mathématique (= if this … then that), alors que le « projet » ou la « mission » de Google ou de Facebook sont nécessairement nourris de choix tour à tour ou simultanément sociaux, politiques, économiques, etc.
    • Facebook est une  machine à produire de l’engagement. Google est une machine à produire de la popularité.
    • Est « vrai » dans l’écosystème Google, au regard des critères de l’algorithme de Google, ce qui est populaire.
    • Est « vrai » dans l’écosystème Wikipédia ce qui est vérifiable.
    • Est « vrai » dans l’écosystème Facebook ce qui permet de produire de l’engagement, d’être « atteint » (le fameux « reach ») et, par effet de bord, de « porter atteinte« .
    • Pour bien saisir la complexité de ces régimes de vérité, y compris à l’échelle d’une plateforme unique, il faut prendre en considération le fait que co-existent plusieurs cercles décisionnels, tous en charge de définir, à différents niveaux, quel sera le régime de vérité de la plateforme et comment il s’appliquera.
    • Le premier cercle c’est celui de la « décision algorithmique »,
    • un deuxième cercle, celui du « Board » de Facebook et des décisions qu’il prend pour servir son projet, décisions en fonction desquelles les ingénieurs décident ensuite (et non avant) de modifier tel ou tel critère, tel ou tel réglage dans l’algorithme.
    • Et puis il y a un troisième cercle, tout aussi déterminant sinon davantage, qui est celui de l’actionnariat de Facebook et de ses sources principales de financement.
    • La vraie bulle de filtre est d’abord celle-là : celle d’un actionnariat au service d’un projet politique et visant par-dessus tout à préserver ses propres intérêts, à faire valoir ses propres valeurs. Un projet dont l’algorithme est au mieux le reflet et au pire l’instrument.
    • Le premier problème est qu’il soit impossible de déterminer clairement et publiquement les logiques propres à chacune de ces éditorialisations algorithmiques.
    • Le second problème est celui du « régime de vérité » propre à chacun de ces écosystèmes médiatiques qui concernent quotidiennement le quart de l’humanité et la moitié de la population connectée.
    • Et le troisième problème, le gros problème, bien plus important, crucial et déterminant pour nos sociétés démocratiques, est le même que celui de la presse et des médias « non-algorithmiques », c’est à dire qu’ils soient pour l’essentiel aux mains de quelques oligarques milliardaires.
    • le meilleur facteur d’allocation des ressources n’est donc pas l’ajustement dépersonnalisé de marché, mais la création d’une médiation favorisant une information et une prise de décision collective.
    • Ce prix de 0,99 euros n’est donc pas fixé par les mystères de « la main invisible », mais résulte d’un dispositif institutionnel recueillant les attentes des citoyens.
    • création d’une instance de médiation (la marque de consommateurs) qui se charge à la fois de récolter les attentes des consom’acteurs, de faciliter l’organisation collective des agriculteurs et de trouver un distributeur (en l’occurrence Carrefour).
    • L’idée est la suivante : le consommateur décide du prix et des conditions de production des biens qu’il achète, tandis que les producteurs s’associent collectivement pour répondre à un cahier des charges précis et contraignant, mais qui leur permet de bénéficier d’un prix plus élevé que celui du marché.
    • Pour le dire autrement, les valeurs d’un produit ne se mesurent pas uniquement par la rentabilité économique, mais par les attentes sociétales des acteurs.
  • tags: métier dimension sociale organisation identité communauté groupe professionnel

    • En arrière-plan, se dessine un ordre de grandeur (Boltanski, Thévenot, 1991) où le « grand » est celui qui « vient du métier » et le « petit » celui qui « ne vient pas du métier ».
    • « être du métier » renvoie au partage de valeurs communes, à l’appartenance à une communauté de métier où on « parle le langage du métier ».
    • « être du métier » renvoie au partage de valeurs communes, à l’appartenance à une communauté de métier où on « parle le langage du métier ».
    • « Apprendre son métier » suppose ainsi la transmission du geste, le plus souvent par les pairs à partir de la pratique professionnelle, mais également un processus d’acculturation qui forge l’identité.
    • Enfin, cette communauté peut se coaliser pour former un groupe structuré en capacité de défendre ses intérêts matériels pour « parler au nom du métier ».
    • Selon cette perspective, le métier d’aujourd’hui est un écho des corporations du moyen-âge abolies de facto par la révolution industrielle et la libéralisation économique.
    • l’« homme de métier » se dissous dans l’« artisan »
    • On pourrait multiplier les exemples qui témoignent de l’affaiblissement institutionnel des métiers voire de leur « déprofessionnalisation ».
    • Pourtant, paradoxalement, le métier est réhabilité, à partir des années 2000, selon des arguments exactement inverses.
    • Le métier est un formidable antidote à la perte de sens au travail et une toile de fond qui permettra de donner de la cohérence à des parcours professionnels de plus en plus éclatés.
    • ces trois dimensions : faire exister le métier sur le plan social en réactivant le référent métier notamment pour construire les filières de formation et bâtir les référentiels de compétences ; comprendre quels sont les métiers de l’organisation pour anticiper les transformations ; et ne pas oublier que le métier est une communauté et que tant que les individus n’y croient pas il reste une coquille vide.
    • un rapport à la société où il prend la forme d’un groupe organisé et représenté, un rapport à l’organisation où il est une unité de réflexion pour le stratège et un rapport à soi où il fonctionne comme un référent identitaire.
    • Ce que l’on fait compte moins que le sentiment de faire corps. Le métier est une communauté (Van Manen et Barley, 1984) à partir de laquelle les individus déclinent leur identité et mobilisent des valeurs qui débordent le cadre strict de la sphère professionnelle. On n’impose pas le métier, il faut que l’individu y croie.
    • Car le métier est essentiellement une affaire de subjectivité, de sentiment d’appartenance à un groupe, de sens accordé au travail.
    • Cette appropriation du métier, comme outil de réflexion autour des compétences collectives, occulte, le plus souvent, sa dimension profondément identitaire.
    • Tout devient métier : ce qui relève du poste de travail (chef de rayon, caissière, technicien de fabrication), de la profession (militaire, infirmière), de la fonction d’entreprise (commercial, contrôleur de gestion), du secteur (la banque, la santé) et même de la catégorie socioprofessionnelle (agent de maîtrise).
    • Contre la GPEC, la prospective des métiers applique la méthode des scénarios aux compétences collectives, c’est à dire aux métiers de l’organisation.
    • Les grandes organisations réactivent le métier pour penser les transformations auxquelles elles sont confrontées.
  • tags: médiation scientifique communication scientifique vulgarisation

  • tags: débat débat scientifique écoute de l’autre médiation scientifique

    • nous faisons l’hypothèse d’une culture du dialogue dévoyée qui, lorsqu’elle ne l’utilise pas à des fins commerciales pour divertir les téléspectateurs, considère le débat comme une manière d’imposer ses idées au lieu de servir à exposer et à clarifier les différences de points de vue entre les débatteurs.
    • le débat ne doit pas servir à mettre ses adversaires au tapis mais à « construire le désaccord », c’est-à-dire à identifier précisément les points de divergence des opinions exprimées pour tenter d’en comprendre les origines… et mieux les respecter.
    • l’école a bien tenté de développer des formes de dialogue autour des questions « socialement vives », mais en les articulant essentiellement autour de la notion de « débat »
    • Mais en incitant sans nécessairement le vouloir à la joute dialectique, ces dispositifs présentent toujours le risque de mettre davantage l’accent sur le pouvoir de conviction et sur l’éloquence que sur la capacité d’écoute, et donc de développer finalement des compétences plus rhétoriques qu’empathiques auprès des élèves.
    • En effet, l’exercice de la démocratie suggère que, compte tenu de leurs extraordinaires impacts sociétaux, ces progrès scientifiques et techniques fassent l’objet d’un minimum d’appréciation et de choix de la part de la société civile, en fonction des risques et des bénéfices qu’ils présentent d’une part, mais également à l’aune des valeurs qu’ils contribuent à bousculer.
    • les citoyens semblent de moins en moins enclins à accepter les formes de communication scientifique, technique et industrielle destinées simplement à justifier a posteriori des choix technologiques imposés sans que leur voix ait pu être entendue, quand bien même elles proposeraient de les mettre en débat, ce que dénonçait déjà en 2003 La Revue Durable :
    • Pour les acteurs de la culture scientifique et technique, il s’agissait donc d’inventer une forme de communication publique qui permette à la fois le débat et l’information, c’est-à-dire l’apport de connaissances scientifiquement valides mais également leur confrontation avec l’opinion des différents interlocuteurs, des diverses parties prenantes.
  • tags: édition scientifique circulation de l’information structuration des données complexité simplification uniformisation

    •  Just Google it ! » Ce changement entraîne une série d’implications très importantes : notre curiosité – à la fois notre façon de nous poser des questions et d’y répondre – n’est plus la même, les dispositifs d’autorité sont reconfigurés (papa en saura toujours moins que Google), de même que notre relation vis-à-vis de la valeur de l’information et du pouvoir de ceux qui la possèdent.
    • On peut identifier deux tendances contradictoires dans les manières de produire et de faire circuler des contenus sur le web
    • Il y a toujours eu une différence, par exemple entre les livres savants, réservés à un nombre très limité de personnes, complexes et tirés en peu d’exemplaires, et l’édition généraliste, conçue pour s’adresser à un grand marché de non-spécialistes.
    • je le cherche d’abord sur Google – comme environ 80 % des usagers – pour ensuite tomber sur une plateforme qui me donne la réponse (un blogue wordpress, le site de IMDB, Wikipédia – qui fait en partie exception –, Google Maps…)
    • 1. L’édition GAFAM d’abord est caractérisée par le fait d’être basée sur les données davantage que sur les document
    • au lieu que rechercher des ensembles structurés d’informations, avec un contexte clair – un document – on privilégie des morceaux d’information décontextualisés – des données.
    • L’ensemble du texte, avec sa date, son auteur, son lieu de publication, son style etc. est le document.
    • L’idée est de pouvoir répondre à une question avec une réponse : qui était le président des États-Unis en 1945 ? Franklin D. Roosevelt. C’est une donnée.
    • pour une question, il doit y avoir une seule réponse.
    • 2. De la centralité de la donnée dérive une certaine aspiration à l’unité
    • Elle s’accompagne d’une idéologie de l’objectivité de la donnée qui, associée à la force de calcul, garantirait l’objectivité et l’unicité de la réponse.
    • 3. Les informations qui intéressent l’édition GAFAM ne doivent en outre pas nécessairement être validées, car c’est leur masse qui est précieuse d’un point de vue économique.
    • Le principe inhérent à l’édition GAFAM consiste à exploiter la moindre trace, même celle qui sera laissée de façon involontaire, comme une information potentiellement utile.
    • 4. L’édition GAFAM doit donc être simple (friendly) quitte à être superficielle.
    • 5. Son fonctionnement doit être opaque, car l’utilisateur ne doit pas se poser de trop de questions sur la technique qu’il utilise
    • L’usager doit donc comprendre le moins possible le fonctionnement du dispositif, il doit être le plus loin possible des mécanismes de la machine. Aucune configuration poussée ne doit être disponible.
    • 6. Elle doit être efficace et répondre aux pratiques les plus communes.
    • 1. Elle produit des documents
    • Une des idées de base de l’édition savante est de considérer qu’il n’y a pas d’information objective et que la compréhension de chaque information n’est possible qu’à partir de son contexte.
    • 2. L’édition savante est donc par définition plurielle.
    • 3. Le premier objectif de l’édition savante est d’être structurée et validée par des dispositifs de légitimation clairs et bien fondés. C’est l’idée, notamment, du format XML – dont je reparlerai plus tard. Un document n’est compréhensible que s’il est basé sur une structure connue et si l’on est capable de vérifier sa cohérence par rapport à cette structure. L’édition savante est donc régie par les impératifs de la validation.
    • On ne peut pas publier n’importe quel fragment d’information, il y a des informations qui sont nécessaires et sans lesquelles il n’y a pas de document.
    • 4. L’édition savante est donc riche, très complexe. Elle est faite de plusieurs informations mises en relation entre elles. Cela implique que les dispositifs de production ne sont pas toujours simples – et très rarement friendly.
    • les investissements sur les plateformes sont moins importants que dans le cas de l’édition GAFAM.
    • 5. La conséquence est que l’édition savante demande une forte conscience technique de l’utilisateur
    • 6. Cela rend l’édition savante plus compliquée pour l’utilisateur, ce qui l’expose au risque d’être moins efficace et plus lourde.
    • Le manque de pratiques engendre un effet de désaffectation des plateformes qui pousse les producteurs à ne plus en les maintenir. Pourquoi, par exemple, continuer à produire des contenus bien balisés en XML, si ensuite aucun chercheur n’utilise la richesse de ces données et se contente des recherches qu’il peut mener avec Google ?
    • Or, le problème dans cette opposition est que les pratiques savantes ont tendance à s’uniformiser par rapport aux pratiques GAFAM : d’une part parce que les chercheurs n’ont pas les compétences techniques suffisantes et de l’autre parce que les informaticiens qui développent les outils n’ont pas une sensibilité suffisante aux enjeux qui devraient intéresser les chercheurs.
    • 1. En premier lieu, mener d’importantes opérations de sensibilisation à ces enjeux auprès des chercheurs.
    • 2. En second lieu, penser et produire des outils qui rendent plus accessibles pour les chercheurs les technologies de l’édition savante.

Posted from Diigo. The rest of my favorite links are here.

PDF Creator    Envoyer l'article en PDF   

Lu cette semaine (weekly)

  • tags: sondage moratoire espace public

    • C’est de loin la part du processus la plus facile à corriger. Aussi, j’en appelle aux médias d’information pour mettre en place un moratoire sur la reprise des sondages, pour réduire drastiquement la fréquence à laquelle ils font mention de sondages, et pour construire un regard critique aiguisé sur les données qu’ils reçoivent. S’il veulent vraiment être le lieu où l’on ausculte les pouvoirs, les médias doivent également devenir des structures où l’on ausculte les maths.
    • En couvrant de manière obsessionnelle les sondages comme s’ils étaient des faits, ils sont non seulement statistiquement irresponsables, mais également psychologiquement irresponsables. En utilisant les sondages en permanence, les médias cherchent à créer un produit addictif. Ce faisant, ils mettent les gens en état d’overdose.
    • Au lieu de galvaniser les gens pour les pousser à agir, montrer des sondages sur une longue période avec des visuels flashys, des pointeurs qui bougent tout le temps, conduit les gens à se désengager du processus. Au final à ne pas aller voter.
    • C’est pour cela que les médias aiment à considérer les élections comme de longues courses de chevaux — ils publient les sondages pour pousser les gens à l’action, ce qui de fait fonctionne.
    • Malheureusement, ces ressorts psychologiques et ces finalités perdent leur sens quand on commence à s’appuyer dessus en public.
    • Pour la plupart des gens, y compris le public éclairé, les sondages ont l’apparence de faits. C’est tellement rassurant et motivant de voir des chiffres. Cela vous donne le sentiment de pouvoir faire quelque chose pour infléchir ces données. Et quand les chiffres changent, vous vous sentez bien. Cela joue sur des fondamentaux de la psychologie humaine. Et c’est pourquoi les chiffres jouent un rôle si importants dans l’éducation ou le monde du travail.
    • Vous ne pouvez pas recueillir des données valables quand le public ne croit pas au sondage pour lequel on l’interroge. Les instituts de sondage ont ainsi quasiment tué leur capacité à avoir des résultats valables.
    • les inexactitudes des données d’opinion actuelles, on se focalise sur les limites techniques. Certaines sont bien réelles
    • le public est fatigué qu’on lui demande sans arrêt son avis ; il se sent harcelé. Les gens ne croient plus dans ces dispositifs et les biais de leurs réponses rendent les résultats de plus en plus trompeurs.
    • Ils avaient envie de révéler leurs pensées, leurs croyances et leurs idées parce qu’il pensait que cela leur apportait quelque chose, à titre individuel comme à titre collectif.
    • bien plus que partout au monde, les Américains avaient envie de contribuer à ce type d’études parce qu’il avaient le sentiment de participer ainsi à la construction de la vie publique.
    • : les études menées par Middletown, Gallup et Kinsey.
    • Dans The averaged American [2], Sarah Igo décrit trois grandes enquêtes réalisées au milieu du XX siècle qui ont constitué les fondements sur lesquels les instituts de sondage modernes se sont construits
    • dès qu’un établissement entre dans le système ZEP, il est immédiatement connoté, au mieux avec condescendance (combien de fois n’ai-je pas eu le droit à des commentaires du style « Ah mais tu enseignes en ZEP ? T’as du courage. ») au pire avec tous les clichés nauséabonds dont se repaît une certaine presse.
    • Et vous savez quoi ? Ça finit par marcher. Le moindre de nos enseignements est emprunt de cette espèce de commisération sourde, et il faut avoir une sacrée force mentale pour ne pas absorber le sous-texte que, oui, finalement, on est un peu des profs teubés dans un bahut teubés pour élèves teubés.
    • Oui ce serait infiniment long mais beaucoup plus profitable. Et surtout, fixer des objectifs ambitieux, ambition souvent sacrifiée au profit du réalisme.
    • Le souci, c’est que C. est inscrite à trois formations obligatoires par semaine. Gestion du stress, échange de pratiques, et méditation. C. doit en plus se rendre, comme tout un chacun aux heures de concertation obligatoires qui ont lieu le jeudi matin. Bilan : entre ça, son boulot de prof, et les projets à l’échelle du bahut dans lequel tout le monde doit s’impliquer, C. n’a le temps de s’investir dans rien correctement.
    • Qui plus est, arriver en ZEP est rarement un choix. Nombre de profs qui y sont nommés le sont parce qu’il s’agit de nouveaux arrivants, souvent éloignés de leur environnement, de leur conjoint et tout simplement de la vie qu’ils ont connu jusque là, et qui n’ont qu’une hâte : regagner leurs pénates. Chose qui n’arrivera qu’après assez d’années d’ancienneté, et donc d’expérience.
    • Que ce soit par la construction de vrais projets d’établissement et pas juste « réduire l’absentéisme scolaire », une vraie valorisation des salaires (parce que oui, ça compte) et surtout l’assurance que l’on pourra quitter le bahut quand on le souhaite pour une destination que l’on veut vraiment. Ça peut sembler beaucoup. Mais encore une fois, la situation des ZEP est telle que la demie-mesure n’est désormais plus acceptable.
    • Les ZEP grattent, ennuient, parce qu’elles renvoient nos gouvernants – et nous-mêmes – à leurs responsabilités :
    • il est des endroits sur lesquels l’État n’est pas assez présent, ou tout simplement, dans lesquels les solutions qu’il propose ne sont pas les bonnes.
  • tags: image de soi propriété photographe

    • Non seulement les sujets de l’image ont désormais accès à la parole, mais c’est le public lui-même qui prend leur défense.
    • Mais de nombreuses protestations accueillent cette publication, soulignant une atteinte à la dignité des personnes et leur absence de consentement. Devant l’ampleur des réactions, le quotidien belge Le Soir, qui avait d’abord choisi d’en faire son illustration de Une, modifie son édition du 23 mars et présente ses excuses aux lecteurs.
    • Inéluctable, l’extension du contrôle de l’image de soi est évidemment un progrès des droits individuels.
    • nos contemporains sont de plus en plus nombreux à estimer que leur image fait partie des biens dont ils sont les gardiens.
  • tags: dette publique controverses scientifiques

    • l’ouvrage rend compte du cheminement historique par lequel la dette est devenue l’un des principaux mots d’ordre des politiques d’austérité, en identifiant les moments où elle a gagné en pouvoir contraignant.
    • L’idée est bien désormais de « faire de la dette un produit financier de valeur » (p. 121).
    • il faut donc le mettre en forme, le découper pour en exploiter tout le potentiel, le promouvoir, et enfin le différencier de ses concurrents, puisqu’il existe bien quelque chose comme un « marché » des titres de dette publique.
    • La seconde partie de l’ouvrage interroge précisément la circulation publique de la dette, à travers quatre épisodes principaux depuis les années 1990 – avec en filigrane, la question lancinante des retraites – qui donnent leur forme aux quatre chapitres : la « qualification » des pays souhaitant adhérer à la monnaie unique européenne ; la fabrication du rapport Pébereau ; la campagne présidentielle de 2007 ; la crise financière de 2008.
    • la « bonne tenue des comptes » apparaît à la fois comme un argument dans l’espace politique et un critère d’entrée dans la zone euro.
    • En quelques années, la dette est devenue un nouveau moyen – et non des moindres – permettant, au même titre que le PIB, de rendre les États commensurables.
    • la dette ne devient véritablement « publique » – c’est-à-dire discutée et disputée comme un objet qui engage le collectif – qu’avec la publication du rapport Pébereau, qui structurera le débat sur la dette pour les années à venir.
    • Le rapport défend cependant que la diminution de la dette doit être entreprise par un seul et unique moyen : la réduction des dépenses publiques (p. 208).
    • Cependant, même s’il s’inscrit dans une étude des controverses qui vise à en restituer toute la dynamique, le livre n’adopte pas cette sorte de relativisme méthodologico-politique dont se pare parfois la sociologie dite pragmatique sous le terme de symétrie.
    • cette « problématisation budgétaire » fait face à des contre-quantifications : les économistes keynésiens de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) s’attachent à revaloriser d’autres modes d’action politique disponibles pour lutter contre la dette, et à opposer la recherche de la croissance à la seule réduction des dépenses publiques.
    • B. Lemoine montre dans ce chapitre comment, en moins d’un an, la dette a été successivement présentée comme un argument structurant les propositions des candidats à la présidentielle et leur réalisme puis comme une limite secondaire à l’action politique ne devant pas prendre le pas sur la croissance, avant de progressivement réapparaître publiquement sous sa forme établie depuis environ une décennie : celle d’une priorité politique supposée collective.
    • B. Lemoine pointe ici la contradiction dans laquelle le gouvernement se trouve alors pris : comment justifier les plans publics de refinancement sans aggraver une dette présentée de manière croissante comme une limite à l’action politique ?
    • d’autre part, selon leur étendue, c’est-à-dire selon la surface du monde social qu’elles engagent ?
    • Ne serait-il pas possible de distinguer les controverses, d’une part, selon leur intensité, c’est-à-dire selon le niveau d’engagement de ses participants
    • l’ouvrage cumule deux types de temporalités : la temporalité longue d’un processus uniforme, du moins à cette échelle, la mise en marché de la dette souveraine ; la temporalité courte, centrée sur les controverses, qui révèlent les possibles ouverts ici et là.
    • Il prend ainsi clairement position contre l’histoire officielle du ministère des Finances, qui a contribué à naturaliser la mise en marché de la dette publique.
    • La dette, dans sa mise en scène contemporaine dont l’ouvrage important de Benjamin Lemoine retrace pas à pas la genèse, aurait donc quelque chose de total.
  • tags: economie

Posted from Diigo. The rest of my favorite links are here.

PDF Writer    Envoyer l'article en PDF   

Lu cette semaine (weekly)

  • tags: communauté homogénéïté hétérogénéïté

    • . Et si je comparais le niveau d’ouverture des communautés à leur organe reproducteur, la question de la diversité touche à leur patrimoine génétique.
    • on peut comparer la diversité génétique des espèces en diversité sociale des communautés.
    • Les communautés sont donc toujours en train d’abriter entre des efforts de convergence sociale (apprentissage des acquis existants, construction et défense de bases communes, organisation d’expériences communes …) et des efforts de diversification sociale (liberté individuelle, autodétermination, innovation, autonomie des membres…).
    • En règle générale, une certaine homogénéité est bonne pour une communauté; elle réduit les dépenses d’énergie internes, elle la rend plus capable d’actions communes, elle tend à créer des communautés ayant à la fois plus de valeur partagées mais également une identité et des intérêts similaires et une plus grande solidarité interne.
    • La diversité en revanche est un atout indispensable sur le long terme. Elle permet à la fois de générer en permanence des améliorations (, sociales, politiques) et d’assurer d’avoir plus rapidement des réponses à des problèmes .
  • tags: communauté ouverture fermeture viralité résilience

    • Les communautés ne sont pas non plus dénuées d’intentions ni d’objectifs, elles sont des organismes vivants qui veulent exister, s’affirmer, perdurer et prospérer. Elles sont capables pour cela d’appliquer des stratégies.
    • Ces deux objectifs ; la résilience et la viralité sont donc les piliers de toute communauté.
    • 1)Le niveau d’ouverture de la communauté
    • 2)Son homogénéité
    • 3)Son niveau de structuration interne
    • 4) Communautés d’intérêt ou communautés de valeur.
    • Une communauté plus fermée est généralement plus mobilisable, plus tournée vers l’action. Ses membres sont choisis sur des critères plus stricts. Les liens entre les membres sont généralement plus denses. La confiance interne et la solidarité y sont fortes.
    • Une communauté plus ouverte accueillera plus de membres mais en perdra également plus en route car l’identité moins affirmée, le soin moins important généralement accordé
    • En biologie, on peut comparer les stratégies des communautés fermée aux stratégies K utilisées pour décrire les organismes vivants dont la stratégie repose sur une croissance faible de la population mais un taux de mortalité également faible et des individus très adaptés pour faire face à une situation donnée. Cette stratégie est considérée comme plus efficace dans les environnements à la fois stables et compétitifs.
    • Les communautés ouvertes emploient des stratégies comparables aux stratégies r, basées sur un taux de reproduction important et un fort taux de mortalité est considérée plus efficace dans les environnements instables et imprévisibles. Dans le règne animal, les lemmings sont d’emblématiques représentants de cette stratégie !
  • tags: communauté d’intérêt communauté de valeur

    • la raison d’être de la communauté réside-elle dans sa mission ou dans son essence ?
    • Une communauté peut être à la fois communauté d’intérêt et de valeur.
    • latin « cum numus » c’est à dire, une chose en commun.
    • ce patrimoine commun peut être dissociable de soi (la maison, l’usine, l’entreprise, le village, le pays, les ressources naturelles … ) ou au contraire indissociable (liens familiaux, langue, identité religieuse, connaissances ou savoirs-faire partagés …).
    • Les communautés d’intérêt sont basées sur le postulat partagé de l’existence d’un objectif qui profiterait à tous, que cela soit d’ailleurs vrai ou non.
    • une communauté basée sur l’intérêt est souvent moins résiliante sur le long terme.
    • Chacun peut, dans ce contexte apporter sa pierre à l’édifice en dépit de profondes différences de nature.
    • la pratique de l’action commune génère inévitablement une histoire commune et des habitudes qui finissent par s’ancrer dans l’identité profonde des membres et tend à créer à terme une proximité identitaire donnant naissance à une communauté de valeur.
    • Leurs membres se sentent appartenir au même ensemble familial, culturel, linguistique, national, religieux etc.
    • les communautés de valeur peuvent moins facilement faire des compromis que les communautés d’intérêt.
    • ’au sein même des communautés de valeur se mettent en place des sous communautés basées sur des nuances dans ces valeurs, nuances qui peuvent ensuite devenir clivantes et conflictuelles
  • tags: technologie gouvernance société totalitarisme

  • tags: histoire roman national enseignement

  • tags: culte syndrome du bien-être ultralibéralisme corps

  • tags: fichier numérique biométrie Etat français

  • « Domaine de la Terre »

    tags: construction terre

  • tags: accaparements fonciers agro-industrie terres

Posted from Diigo. The rest of my favorite links are here.

Word To PDF    Envoyer l'article en PDF   

Lu cette semaine (weekly)

  • tags: messagerie instantanée protection de la vie privé entreprise de médias état

  • tags: revenu de base universel travail protection sociale

    • Thomas Paine
    • Pour compenser son appropriation par quelques-uns, il imagine une indemnisation versée à tous, financée par une taxe applicable aux propriétaires.
    • double préoccupation de notre époque marquée par la persistance du chômage de masse et du sous-emploi et la montée des inégalités.
    • répond tout d’abord à la crise de notre protection sociale fondée sur une norme de plein-emploi.
    • revenu de base n’est pas qu’une réponse défensive aux mutations du travail
    • s une économie cognitive, où les connaissances s’acquièrent et s’échangent de plus en plus en dehors des heures effectives de travail et où s’inventent grâce aux technologies numériques de nouvelles formes d’organisation du travail autour des « communs » de la connaissance, il est nécessaire de trouver de nouvelles formes de partage de la valeur.
    • élite captant la plus-value produite par le travail gratuit de la multitude.
    • puisqu’on trouve aussi bien parmi ses promoteurs des néolibéraux, qui y voient le moyen de simplifier et de limiter drastiquement la protection sociale, que des anticapitalistes d’inspiration marxiste, pour qui c’est au contraire une étape supplémentaire dans la socialisation des revenus ; des keynésiens en quête d’un moyen de soutenir la demande que des écologistes promouvant la sobriété volontaire…
    • Faut-il prendre acte de la raréfaction du travail et croire ceux qui prophétisent le remplacement des travailleurs par des robots 
    • Des voix divergentes prédisent au contraire l’essoufflement durable des gains de productivité.
    • Faut-il défaire l’emprise de l’emploi sur la protection et l’intégration sociale ?
    • offrirait au capitalisme une « armée de réserve » où puiser à moindre coût des travailleurs déjà partiellement rémunérés par un médiocre revenu de subsistance. 
  • tags: recherche d’informations moteur de recherche mémoire transctive

    • t si ce verbe existe, c’est pour la simple et bonne raison que cette action est devenue un geste banal, voire un réflexe pour bon nombre de personne
    • ne déléguons-nous pas une partie de notre mémoire à Google
    • les étudiants testés se souviennent moins d’une information lue quelques minutes auparavant, s’ils savent que cette dernière est sauvegardée sur un ordinateur et disponible à la demande.
    • utiliser leur mémoire non pas pour retenir une information trouvée sur Internet mais pour la localiser afin de la retrouver plus facilement si nécessaire
    • mémoire transactive »
    • nous partageons continuellement notre savoir avec nos proches afin de palier à nos propres déficiences.
    • Plus qu’une véritable béquille pour notre mémoire, Internet, au même titre que notre réseau personnel d’amis et de collègues, pourrait bien être un gigantesque système de mémoire transactive permettant de nous mettre en relation directe avec un savoir particulier que nous n’avons jamais appris.
  • tags: "lecture écran"" lecture papier"

  • tags: mémoire apprentissage cerveau

  • tags: "écriture manuscrite" cerveau clavier apprentissage

  • « revue Multitudes »

    tags: attention concentration distraction écologie de l’attention autorité

    • Le titre de son livre en anglais était plus subtil : c’était The Shallows. «Shallow», c’est le contraire de «deep», ce serait donc le superficiel, opposé au profond… Une couche mince de quelque chose…
    • ce qu’il nous dit, c’est que notre rapport aux objets culturels, et plus largement au monde, devient plus superficiel qu’auparavant, notamment par la faute du Net, cela me semble une intuition intéressante, à considérer
    • Car être trop concentré, c’est aussi dangereux que d’être trop distrait.
    • Ces questions de concentration et de distraction sont bien plus complexes et dynamiques que ce que laisse entendre une critique quelque peu nostalgique, mais aussi illusoire, du temps présent et de ses phénomènes de distraction.
    • Aristote
    • si l’on devait concrétiser ce que devrait être ce fantasme qu’est la distraction, ce serait un état où l’on ne penserait plus.
    • Le plus souvent, être distrait, c’est juste être attentif à autre chose que ce à quoi nous sommes censés consacrer notre attention
    • Le reproche de distraction, qui prend tout son sens par rapport aux élèves, cache en vérité non simplement un manque de concentration, mais un manque de concentration vis-à-vis de ce à quoi nous voudrions que la personne en question soit attentive.
    • Je suis moi-même enseignant, et je constate que les classes sont plus ou moins dissipées, selon les jours, selon ce dont on parle, selon ma capacité à les intéresser.
    • Mais les lamentations des écrivains et des professeurs d’hier et d’aujourd’hui sur la jeunesse distraite ou la surabondance de produits culturels ne sont-elles pas une façon de dire : je me fatigue à faire des chefs d’œuvre et tout le monde passe son temps à des bêtises !
    • Derrière le narcissisme d’auteur, il y a surtout, me semble-t-il, des questions d’autorité (car l’autorité n’est autre qu’une contrainte attentionnelle dissymétrique) : je me croyais en position d’imposer aux autres qu’ils fassent attention à ce que j’énonce – parce que je croyais ma parole investie du poids institutionnel d’une autorité (Église, école, pouvoir politique) – mais je constate qu’ils n’obéissent pas à cette exigence d’attention, et je crains que ma parole tombe à plat dès lors qu’on la considère du point de vue de son contenu propre, plutôt que du point de vue de son origine investie d’autorité.
    • Effectivement, si les élèves négligent ce que je dis, ce peut être pour de mauvaises ou de bonnes raisons.
    • Nos sociétés néolibérales transforment tous nos instants en bataille de compétition attentionnelle, en exigence de saisir les opportunités au vol pour ne pas risquer l’exclusion.
    • Ce type de concentration, même si l’on ne peut jamais être à 100% concentré sur une seule activité, c’est un luxe à défendre et faire partager. Mais ce n’est pas quelque chose que l’on peut exiger des individus quelles que soient les circonstances.
    • Stefana Broadbent qui, dans L’intimité au travail, montre la complexité des questions de fluidification des espaces et des temporalités entre l’emploi et la vie privée.
    • Plus généralement, affirmer que les jeunes sont distraits parce qu’ils sont crétinisés par Internet me semble trop facile, car cela nous exonère de toute écoute comme de toute responsabilité, nous qui nous considérons comme des sources légitimes de parole autorisée.
    • J’ai fait jusqu’à présent comme si les élèves ou les abstentionnistes avaient de bonnes raisons de ne pas écouter ce que dit le prof ou le politicien. Or il est très probable que ce vers quoi ils dirigent leur attention ne vaille guère mieux : un ragot sur une star, un résultat de foot, etc.
    • Ne pas s’isoler dans ses propres «bêtises», au risque de perdre toute sensibilité au monde, est aussi un enjeu, évidemment…
    • L’attention elle-même est d’ailleurs toujours multi-couches.
    • Il y a une attention collective.
    • Il y a une deuxième couche : l’attention conjointe.
    • partagent une attention de façon réciproque. Que veut dire «partager une attention» ?
    • L’attention conjointe, c’est une dynamique très fragile, qu’on a l’habitude de tenter de maîtriser par de petits gestes et des mimiques, à travers tout ce que les sociologues de Chicago appelaient «la face».
    • l’attention conjointe c’est un peu ça, regarder ensemble dans la même direction !
    • Et la troisième couche, après l’attention collective et l’attention conjointe ? 
       
      C’est bien sûr le comportement individuel.
    • Cette attention-là est elle-même toujours divisée en plusieurs couches, dont certaines sont conscientes et d’autres inconscientes, ou du moins latentes, voire automatiques.
    • Cela veut dire que ce « quelque chose en moi » écoute constamment tout le «bruit» environnant avec une sorte d’attention latente qui ne se transforme en focalisation que lorsque, dans tout ce bruit, apparaît mon nom
    • Cela ne rejoint-il pas le cœur de votre message, à savoir la nécessité de dépasser l’économie de l’attention en considérant un concept beaucoup plus large, qui l’englobe : l’écologie de l’attention ? 
    • Exactement. L’enjeu, c’est de supplémenter une conception de l’attention focalisée sur des objets, par une attention sensible à des environnements.
    • Nous aurions en quelque sorte cessé d’écouter autant qu’auparavant cette attention latente, de l’ordre de la sensibilité à notre milieu, à notre environnement ?
    • L’événement Anthropocène (Seuil, 2013), livre de Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz. Fressoz
    • Le cœur de leur livre porte sur ce que Fressoz a appelé «les petites désinhibitions». L’industrialisation ne s’est pas faite comme ça ; il a fallu désinhiber toute une série de petites attentions, justement latentes
    • C’est cette sensibilité latente à notre milieu, à notre environnement, que nous avons désinhibée.
    • Il suggère que tout un pan des croyances et pratiques chamaniques, spiritualistes, magiques, religieuses avait pour fonction de se sensibiliser (et donc de s’ajuster) à des relations soutenables avec nos environnements.
    • à partir du développement de l’écriture alphabétique, que le numérique tend aujourd’hui à renforcer encore, nous avons construit un voile de figures (discours, argumentations, calculs, modèles) qui nous ont isolés et coupés de cette sensibilité au fond environnemental.
    • Condamner la «distraction» au nom de la concentration qui serait en train de se perdre ne serait donc qu’une fumisterie destinée à valoriser une attention spécifique, que l’on pourrait qualifier de capitaliste, de productiviste, à l’inverse d’une multitude d’autres attentions dévalorisées, environnementale par exemple, auxquelles nous sommes pourtant sensibles ?
    • En prenant le contrepied des discours dominants sur «l’attention en crise», on pourrait effectivement affirmer que les formes de «disciplines» mises en place au cours des XIXe et XXe siècles ont été une distraction généralisée : nous nous sommes distraits de ces attentions latentes vis-à-vis de notre environnement,
  • tags: attention filtrageprocessus de sélection

    • Toujours de l’ordre de la relation, l’attention caractérise le temps accordé à un média, une scène ou un individu, ainsi que son intensité, mais elle est aussi notre filtre de sélection par rapport à notre environnement.
    • C’est vrai que le terme «attention» fait référence à une immense quantité de gestes, de phénomènes, d’attitudes mentales tout à fait hétérogènes.
    • Sauf que si l’on parle beaucoup aujourd’hui d’attention, au singulier plutôt qu’au pluriel, c’est parce que nos sociétés ont mis en place des dispositifs qui mesurent et homogénéisent cette diversité énorme de rapports d’attention, donc de relations à des environnements ou à des objets.
    • surtout, ils donnent une valeur opérationnelle comparable à toutes ces attentions pourtant disparates. De la même façon que l’argent a permis de tout acheter via le même filtre : des pommes, des livres, du terrain, etc., de même l’audimat, PageRank de Google et l’ensemble des systèmes de traçage de notre époque du tout connecté homogénéisent voire unifient cette mesure de toutes les attentions afin de les rendre monnayables.
    • Il y a d’une part une attention qu’on pourrait dire «immédiate» (même si cette notion fait problème), interface particulière que des sujets psychologiques entretiennent avec leur environnement, ou précisément avec des objets de cet environnement
    • d’autre part un mode de valorisation, qui dépend de dispositifs techniques (des «media»), permettant d’homogénéiser ces relations qui en elles-mêmes sont très différentes.
    • Cette distinction entre attention «immédiate» et attention «médiatisée» me semble importante, mais relative – ou plutôt il faut concevoir les deux termes comme des pôles, et situer nos attentions effectives quelque part entre les deux, plus ou moins proches de l’un ou de l’autre.
    • Le point commun, en tout cas, c’est que l’attention, quelle qu’elle soit, est toujours liée à une relation…
    • Le deuxième point, c’est que cette notion d’attention est liée à notre univers médiatique au sens le plus large du terme.
    • c’est que le concept de l’attention semble au premier abord de l’ordre de la psychologie voire de la philosophie, mais prend une réalité quantifiable, potentiellement, donc économique et sociale via les «media».
    • En m’inspirant de Thierry Bardini, je propose une distinction entre les «media» (écrits sans accent ni -s) qui désignent tout ce qui peut servir à enregistrer, transmettre ou transformer des signaux,
    • les «mass-médias» (écrits avec accent et -s), comme la télévision, la radio ou la presse, qui diffusent ces signaux au sein de larges publics.
    • l’attention est bien une relation à des objets d’attention (une guerre, la vie d’une personne, un produit, une œuvre) et l’ensemble de ces objets constituent pour nous certains environnements
    • Car les objets, le plus souvent, ne s’imposent pas à notre attention par eux-mêmes. C’est nous qui les constituons de la sorte, par un travail de l’attention elle-même qui isole, au sein d’un flux de données, celles que l’on va constituer comme objet. Ça, c’est un premier point.
    • Le deuxième point, implicite dans votre propos et dans la suite logique de cette constitution de l’objet, c’est que l’attention est d’abord un phénomène de sélection
    • Il y a un flux continu de choses que l’on pourrait entendre, voir, sentir olfactivement, ou même goûter, et là-dedans, on isole, on sélectionne, on sépare, on identifie des objets, des caractéristiques, des critères qui nous permettent de fabriquer nos objets d’attention.
    • Et quelles autres choses négligeons-nous quand nous élisons certains objets d’attention ?
    • L’attention, c’est un arbitrage constant entre ce que je sélectionne comme important, comme «pertinent», et ce que je néglige, comme non-important, non-pertinent.
    • Contrairement à ce que l’on peut imaginer, on n’est jamais attentif tout seul, mais toujours via les médias ou avec d’autres personnes. C’est un phénomène collectif.
    • je ne filtre jamais tout seul, que j’hérite de filtres qui me viennent d’ailleurs.
    • Ce qu’on néglige et ce à quoi on fait attention, cela passe certes par notre cerveau, c’est le filtrage que j’exerce à travers mon corps et mon système nerveux. Mais les critères de ce filtrage ne sont pas du tout innés
    • Des mots, à la mode, utilisés sans cesse dans les médias, vont donc s’inscrire plus facilement dans nos esprits : nous allons, qu’on le veuille ou non, faire plus attention à eux qu’à d’autres, moins présents dans notre «voûte» médiatique, comme vous dites ? 
  • tags: attention distraction école dispositif technique

    • La concentration des premiers humains était relativement simple à décrire : il mettait son point de mire sur son environnement afin d’éviter les dangers.
    • Or, pour Tristan Harris, la technologie a permis aux concepteurs du Web 2.0 d’agir sur notre attention comme un magicien le ferait.
    • Cette peur de manquer joue sur notre attention
    • le fait de fournir constamment du contenu.
    • En proposant continuellement à manger à un individu, il se goinfre. Des études en psychologie ont bien montré que les gens étaient plus enclin à manger au-delà de leurs capacités face à un bol de céréales se remplissant sans cesse.
    • la question se pose. Pourquoi les applications ne seraient-elles pas au service de l’usager?
    • Encore dernièrement, il revenait sur le sujet de l’attention et du fait que, contrairement à ce qui est souvent cru, il ne s’agit pas seulement d’une question individuelle. Elle est bien souvent plus collective qu’on ne le croit.
    • Bien sûr qu’elles peuvent distraire, mais les élèves avaient déjà des tendances à être dans la lune ou ne pas se concentrer sur le discours du professeur. Cette accusation de distraction devient alors un simple reproche qui ne prend pas en compte les raisons psychologiques, bonnes ou mauvaises, derrière cette attention portée sur autre chose que le pédagogique
    • Or, il y a une grande dissonance cognitive dans les écoles. D’un côté un contexte scolaire qui veut tout faire pour bannir les appareils mobiles des classes à cause de la distraction et de l’autre, tous désirent que les jeunes obtiennent des compétences numériques.
    • D’aller au-delà de la cyberintimidation et autres sujets du genre dont ils se préoccupent pour valoriser les usages positifs de la technologie dans leur vie actuelle et future.
  • tags: entreprise école laïcité dispositif technique

  • tags: infrastructure technologie maintenance construction "programme informatique" différence "infrastructure matérielle"

Posted from Diigo. The rest of my favorite links are here.

PDF    Envoyer l'article en PDF   

Lu cette semaine (weekly)

  • tags: instantanéité accélération nouvelle information média télévision radio forme journalistique forme éditoriale

    • Chaque étape de la révolution médiatique, caractéristique de la transformation des sociétés contemporaines, est marquée par une accélération de l’information
    • Toutefois, ni la radio ni la télévision ne bouleversent les logiques d’information établies avant leur apparition. Elles les rendent simplement plus complexes et l’existence d’une information audiovisuelle aboutit à produire un système médiatique dominé par les interactions et l’interdépendance entre les différents supports d’expression.
    • l’information, longtemps quotidienne, tend à l’instantanéité.
    • Si la radio et la télévision, par leur audience, dominent peu à peu le paysage médiatique au cours du XXe siècle, c’est bien la presse écrite qui détermine les grandes catégories de l’information moderne à la fin du siècle précédent.
    • Les pionniers de l’audiovisuel ont moins inventé des genres qu’ils n’ont adapté aux particularités du son et de l’image ceux qui caractérisaient les journaux de masse.
    • Les règles de l’information, de la source à la sélection de l’information, en passant par la vérification et le recoupement, définissent désormais la pratique journalistique.
    • la « loi de la proximité » selon laquelle l’intérêt du lecteur se fonde sur le lien d’identification (idéologique, géographique, socioprofessionnel, psychoaffectif…) qu’il entretient avec la nouvelle, guide le tri des informations, leur hiérarchisation et la composition des « unes ».
    • La « nouvelle », en effet, devient la substance de l’information et l’instantanéité de sa publication, autant que le permettent les horaires de bouclage, le défi que se lancent les journaux pour gagner la bataille de la concurrence.
    • Les agences de presse, à commencer par Havas (1835), réputée pour la rapidité et la fiabilité de ses informations, alimentent les journaux en dépêches, et notamment la rubrique « Dernière heure », composée juste avant tirage.
    • La nouvelle presse est alors caractéristique d’une société qui s’industrialise et s’urbanise, se décloisonne, se mondialise, s’accélère sous l’effet de la révolution des transports et des mutations technologiques, bref qui redéfinit profondément ses repères.
    • « Le public peut croire qu’il y a plusieurs journaux, mais il n’y a, en définitive qu’un seul journal »
    • En 1896, dans La Contagion du meurtre, Paul Aubry, adepte de l’anthropologie criminelle, voit dans les journaux qui cultivent le fait divers (parfois la moitié des colonnes des grands quotidiens), les facteurs premiers de la recrudescence du crime
    • Bien plus tard, en 1903, l’historien Anatole Leroy-Beaulieu s’attaque à « la presse qui vise le nombre : et le nombre n’est pas maître de la délicatesse morale et intellectuelle ».
    • Le journaliste Eugène Langevin écrit même en 1913 : « L’information a tué le journal ». Il oublie cependant que le journalisme français, héritier d’une tradition littéraire et politique issue des Lumières et de la Révolution française, ne goûte guère le « fait brut » à l’anglo-saxonne, et que la nouvelle est toujours agrémentée de récit et de commentaire.
    • Dans les années 1920, la radio  n’est pas encore un média de masse : en 1926, les postes sont même frappés d’une taxe de luxe ! Elle ne le devient que dans les années 1930 :
    • Très vite, mais non sans obstacles, la radio s’impose comme un média de l’information vivante et immédiate.
    • Les rares journalistes qui ont décidé de se lancer dans l’aventure des ondes – mais continuent à gagner leur vie en travaillant dans les journaux – adaptent leur écriture aux spécificités du son. Lentement, ils définissent les règles du radioreportage
    • adresse au public,
    • découpage du récit,
    • descriptions détaillées,
    • rhétorique du commentaire,
    • forme des interviews,
    • minutage
    • Mais la prise de conscience de la formidable immédiateté de l’information radiophonique se produit en mars 1938 lorsque les postes privés, coup sur coup, relatent en direct la crise ministérielle entraînée par la chute de Chautemps puis l’Anschluss
    • La victoire de l’information radiophonique se mesure à deux choses. D’abord, dès 1927, la presse écrite fait pression sur les radios pour obtenir la limitation des bulletins de nouvelles et retarder la diffusion des reportages.
    • Ensuite, dans les années 1930, le pouvoir politique s’intéresse de plus en plus à la radio, au point qu’en septembre 1938, un décret impose le contrôle des informations que diffusent les postes privés.
    • Dans la domination de l’annonce des nouvelles, la radio bénéficie de la souplesse d’utilisation des récepteurs acquise, dans les années 1960, avec le développement du transistor et de l’autoradio (en 2012, près de 30 % du volume d’écoute s’effectue en voiture), mais aussi du lien particulier d’interactivité entretenu avec l’auditeur.
  • tags: histoire mercure presse diffusion de l’information journalisme politique

    • Appelés « gazette » ou « courant », ces ouvrages proposent une succession de nouvelles laconiques, juxtaposées sans commentaire ni transition, ordonnancées dans des rubriques géographiques en fonction de leur lieu de provenance.
    • L’information transmise concerne l’Europe occidentale dans son entier et tous les champs de l’action politique, depuis les décisions gouvernementales et la santé des princes jusqu’aux déplacements des diplomates et des armées, sans oublier les affaires religieuses et les questions économiques.
    • Son fondateur, Théophraste Renaudot, puis ses successeurs bénéficient d’un privilège à monopole pour la publier. Ils acceptent en contrepartie de se soumettre à la censure préalable exercée par le pouvoir royal.
    • Cette configuration politique et économique propre à la France impose donc d’imprimer hors du royaume toutes les publications similaires et, par là même, concurrentes.
    • Les contemporains désignent alors indistinctement sous le qualificatif collectif de « gazettes de Hollande » ces périodiques politiques diffusés à travers l’Europe, mais rédigés en français depuis les plus importantes villes néerlandaises.
    • la forme éditoriale se fixe : chaque livraison bihebdomadaire est composée d’un « ordinaire » de quatre pages in-4° auquel est systématiquement ajouté un supplément d’une ou deux feuilles.
    • les feuilles volantes et les supports manuscrits sont loin d’avoir disparus – ne cesse qu’en 1686 avec l’apparition d’une nouvelle forme éditoriale : les mercures.
    • proposer une analyse des événements survenus en Europe durant le mois écoulé et les pièces justificatives nécessaires, de manière à dépasser la sècheresse et la dispersion des nouvelles transmises par les gazettes et les occasionnels.
    • une prise de recul vis-à-vis de l’actualité
    • s’ils maintiennent l’organisation géographique des nouvelles, ils adoptent une périodicité mensuelle et un format d’une centaine de pages in-12 de manière à pouvoir insérer de longs commentaires et citer des pièces justificatives.
    • Cette vaste diffusion repose sur des libraires, sur un système d’abonnement international et sur des réseaux clandestins, puisque dans certains pays – au premier titre desquels la France –, ces ouvrages sont interdits car jugés subversifs.
    • L’homogénéité de forme et de contenu de ces périodiques en fait un objet singulier et identifiable sur le marché éditorial du temps, qui se caractérise donc par un contenu, un dispositif éditorial et un discours réflexif sur l’écriture de l’actualité.
    • D’après leurs auteurs, ces ouvrages sont en effet consacrés au « dévoilement » de l’action politique.
    • ce ne sont toutefois pas des faits inédits ou inconnus qu’ils entendent révéler.
    • La dimension de dévoilement des mercures réside donc dans les analyses et les interprétations proposées par leurs rédacteurs, grâce à la compilation de pièces et surtout à leurs commentaires, inédits et originaux cette fois.
    • Au-delà d’un simple récit d’actualité, ils élaborent donc un discours politique, non seulement sur les événements eux-mêmes et sur leurs significations, mais aussi sur les pratiques du pouvoir que ceux-ci révèlent et sur les procédés à employer dans la presse pour en rendre compte.
    • Principale nouveauté de cette forme éditoriale, ces interprétations donnent naissance à une pluralité de discours d’actualité, bien différente du propos relativement homogène des gazettes qui se copient l’une l’autre.
    • Les mercures marquent ainsi l’apparition d’un journalisme d’analyse et d’opinion politique en langue française.
    • En même temps que la nature de l’information s’est modifiée, le statut de ceux qui l’écrivaient s’est métamorphosé.
    • La très grande majorité des rédacteurs de mercures sont, dans les années fondatrices, des exilés français installés aux Provinces-Unies. La moitié d’entre eux environ sont des réfugiés huguenots, tandis que d’autres se convertissent à leur arrivée.
    • Mais la véritable originalité de leur trajectoire tient au fait que, progressivement, tous se mettent à vivre de leur plume alors qu’ils n’avaient absolument rien publié avant leur départ de France
    • Alors que la production de livres en français est l’un des marchés les plus importants de la librairie hollandaise alors très dynamique, ils placent leurs compétences linguistiques et leur expérience de sujet français au service de libraires en quête d’auteurs mais aussi de correcteurs, de relecteurs, de compilateurs…
    • Le statut de chef des alliés assumé par Guillaume III, stathouder de Hollande et roi d’Angleterre, de même que la réunion dans des villes néerlandaises de toutes les conférences de paix entre 1678 et 1713, confèrent aux Provinces-Unies un poids symbolique très fort et un rôle nodal dans la circulation des informations.
    • Par l’analyse inédite de l’information qu’ils proposent, la réflexivité de leurs pratiques de production de l’actualité et l’autonomie de leur activité professionnelle, ces auteurs se distinguent donc des gazetiers qui les ont précédés.
    • Au tournant des années 1680, ils donnent ainsi naissance à une première figure du journaliste politique, portée à son apogée par Jean Rousset de Missy (1686-1762), le journaliste politique francophone le plus célèbre au XVIIIe siècle.
  • tags: média marketting publicité internet méta-média diffusion de l’information production contenu

    • En un mot comme en cent : les acteurs du numérique sont en train de mettre à genoux l’industrie de la presse papier en siphonnant leurs audiences et leurs revenus. Et ce phénomène s’observe également dans d’autres secteurs.
    • Si nous sommes tous d’accord pour dire que rien ne remplace le vrai journalisme d’investigation, la logique du « good enought » l’emporte : seule une minorité des lecteurs est prête à payer pour avoir des contenus de qualité.
    • Pour résumer une longue histoire : avant la généralisation d’internet (au XXe siècle), les différents médias gagnaient bien leur vie grâce à un cloisonnement des canaux de diffusion.
    • Un petit nombre d’acteurs avaient réussi à créer un écosystème où tout le monde y trouvait son compte :  les créateurs de contenus, les diffuseurs, les distributeurs, les annonceurs et les consommateurs. 
    • Nous sommes en 2016, bientôt 2017, et maintenant quasiment tout passe par internet
    • Avec une simple connexion haut-débit (15 € / mois), les utilisateurs ont accès à une infinité de contenus.
    • internet est devenu le média de référence. Non seulement internet donne accès à une infinité de contenus à un prix défiant toute concurrence, mais il libère également l’utilisateur des contraintes d’horaires ou grilles de programme : il consomme ce qu’il veut, quand il veut, où il veut et dans les conditions qu’il a décidé (en fonction du terminal qui va être utilisé).
    • ils sont en réalité relayés au statut de fournisseur de contenus pour le compte de plateformes qui ont acquis un poids considérable
    • Vous trouverez toujours des irréductibles du vinyl, du Blue-Ray ou du papier, mais une fois que l’on a goûté à l’exhaustivité et à la praticité des smartphones, tablettes et liseuses, ont a le plus grand mal à revenir à l’ancien modèle.
    • t vers des contenus de « nouvelle génération » que les médias traditionnels ne savent pas produire
    • es budgets publicitaires sont en décalage complet avec la réalité du marché. Les grands annonceurs (Procter & Gamble, Nestlé…) continuent d’investir la majeure partie de leur budget publicitaire sur les médias de masse alors que les consommateurs les désertent petit à petit
    • Voilà pourquoi nous avons des empires médiatiques qui s’effritent : car leurs revenus publicitaires s’érodent tous les ans, et car ils ne parviennent plus à créer des contenus attrayants : il suffit de regarder le décalage entre les séries produites par Netflix – Amazon et celles produites par les chaines traditionnelles pour s’en convaincre. Et si vous n’êtes pas convaincu, un petit tour sur YouTube s’impose (demandez à vos enfants ou ceux de vos amis).
    • Moralité : pour pouvoir survivre, les acteurs traditionnels n’ont d’autre choix que d’évoluer :
    • les producteurs de contenus doivent développer de nouveaux formats de contenus
    • les annonceurs doivent sortir du registre prix / produit ou des approches publicitaires proclamatoires (ex : « ma lessive lave plus blanc« , « mon assurance rembourse mieux« …) et proposer des contenus et services à valeur ajoutée pour à nouveau intéresser et engager les consommateurs
  • tags: fichage gouvernement atteinte libertés individuelles

    • Depuis l’adoption de la loi Cazeneuve en 2014, l’administration a désormais le pouvoir de dresser une liste de sites destinés à être bloqués afin de lutter contre l’apologie du terrorisme. Cette liste, élaborée en secret et sans aucun contrôle judiciaire, est ensuite transmise aux opérateurs, lesquels sont chargés de mettre en place la censure sur leurs réseaux (dans la plus grande confidentialité)
    • De ce fait, le gouvernement a créé de sa propre initiative (la loi ne l’ayant pas prévu) un système permettant techniquement au ministère de l’intérieur de savoir qui voudrait visiter tel site bloqué.
    • Suite à l’évènement de lundi et à la réaction publique qui a suivi, le ministère de l’intérieur a été contraint de reconnaitre qu’il « dispose d’un prestataire pour le suivi statistique des consultations […] de cette page de blocage
    • que ce prestataire conserve les « adresses IP collectées lors des consultations redirigées »
    • , son autorisation aurait au moins dû être précédée par un examen préalable de la CNIL
    • un tel traitement, même s’il respectait les formalités légales, resterait illicite en ce qu’il constituerait une atteinte à la vie privée et à la liberté d’information disproportionnée par rapport à l’objectif initialement prévu par le législateur.
  • tags: attaque ddos internet cyberguerre

    • Depuis un ou deux ans, quelqu’un a sondé les défenses des entreprises qui font tourner des composantes critiques d’Internet.
    • une attaque (DDoS) distribuée par déni de service.
    • saturer le site cible de tellement de données qu’il est débordé
    • Mais surtout, il est une question de bande passante.
    • Ces attaques sont nettement plus importantes que ce qu’elles sont habituées à voir. Elles durent plus longtemps. Elles sont plus sophistiquées.
    • Et elles ressemblent à des coups de sonde. Une semaine, l’attaque commencera à un niveau particulier d’attaque et progressera lentement avant de cesser. La semaine suivante elle commencera à ce point élevé et continuera. Et ainsi de suite, selon ce même processus, comme si l’attaquant était à la recherche du point exact de fragilité fatale
    • Plus vous utilisez de vecteurs d’attaque simultanément, plus le défenseur doit multiplier ses diverses défenses pour les contrer.
    • Cela signifie que les entreprises doivent utiliser tout ce qu’elles ont pour se défendre. Elles ne peuvent pas garder de munitions. Elles sont obligées de démontrer leurs capacités de défense face à l’attaquant.
    • Verisign est le registraire pour de nombreux domaines Internet parmi les plus populaires, comme.com et.net. Si Verisign tombe, on assiste à une panne mondiale de tous les sites et adresses électroniques des domaines les plus courants.
    • « au 2e trimestre 2016, les attaques n’ont cessé de devenir plus fréquentes, persistantes et complexes »
    • Une entreprise m’a parlé d’une variété d’attaques par sondage associées aux attaques DDoS : elles consistent à tester la capacité de manipuler des adresses et des itinéraires Internet, voir combien de temps il faut à la défense pour répondre, et ainsi de suite.
    • Quelqu’un est en train de tester en profondeur les capacités défensives de base des sociétés qui fournissent des services Internet critiques.
  • « Histoire critique : Entretien avec William Blanc, Aurore Chéry et Christophe Naudin, auteur.e.s du livre Les historiens de garde »

    tags: roman national rôle de l’histoire

    • Il s’agit d’une version mythifiée de l’histoire nationale, qui induit de l’unité et de la continuité là où il y a eu au contraire des ruptures constantes.
    • Beaucoup d’historiens de garde insistent sur le fait que la France a toujours été « déjà là »
    • c’est le territoire, le terroir même, qui a sans cesse assimilé les hommes qui s’y sont installés pour les changer en des Français qui ont eu, de tout temps, les mêmes caractéristiques culturelles ou mentales.
    • En effet, depuis la fin de la décennie 2000, les programmes se sont ouverts (timidement) sur une histoire plus globale, en proposant d’étudier des civilisations extra européennes, comme la Chine des Han ou les empires africains [empires africains dont l’étude a disparu des programmes 2016]
    • Le roman national, dans sa forme originelle, est une création d’historiens républicains où domine notamment la figure d’Ernest Lavisse (1842-1922).
    • « L’histoire est un sport de combat », vous voulez répondre « au double phénomène qui relève à la fois d’un repli sur le roman national à des fins identitaires et par des stratégies marketing dont le but n’est ni plus ni moins que de transformer des citoyens libres en consommateurs d’image d’Épinal. »
    • Cela passe par l’écriture de livre grand public, mais aussi par le développement de médias alternatifs, comme la radio.
    • Pareillement, nombre de politiques, à droite notamment, affirment ouvertement vouloir promouvoir le retour du roman national à l’école, comme François Fillon ou Nicolas Sarkozy, mais aussi Emmanuel Macron.
    • de plus en plus d’historien-ne-s se préoccupent maintenant de proposer de la vulgarisation de qualité en passant par des médias populaires, comme la télévision, la radio ou la bande dessinée. Il faut que ces interventions se multiplient.
    • notre travail a poussé les journalistes à questionner Lorànt Deutsch sur son rapport à l’histoire, et que l’ouvrage s’est « diffusé par capillarité »
    • Cela a conduit entre autres Lorànt Deutsch à affirmer plus frontalement ses idées politiques, notamment son adhésion à la théorie du choc des civilisations, dans son livre Hexagone , publié fin 2013.
    • La polémique autour de Métronome a confirmé ce que nous écrivions sur la connivence entre historiens de garde et chiens de garde de certains médias de masse, comme Canal Plus et, malheureusement, France Télévisions.
  •  »
    L’usage informationnel acritique d’Internet à l’école primaire »

    tags: technologies intellectuelles éducation tice critique des médias

    • Internet est entouré d’une symbolique et d’une signification idéologique de nature réificatrice et fétichiste par la voie de l’interconnectivité technologique des TICs
    • se présente comme une création éloignée, au-dessus de ceux qui l’ont produite.
    • les services et fonctions ont revêtu de manière imaginaire une suprématie et un pouvoir de science-fiction pour ceux qui leur rendent un tribu et sont dans une servitude idéologico-culturelle à leur égard.
    • relègue les individus, qui se perçoivent subjectivement eux-mêmes de manière prépondérante comme des usagers et des consommateurs d’information subordonnés à Internet avec la fiction d’une interactivité libre qui est en réalité contrôlée par les choix algorithmiquement préétablis et programmés technologiquement.
    • dépendante des contrôles et des lignes directrices d’Internet, établit chez les sujets des pratiques qui transmettent des représentations cognitives, des valorisations, des esthétiques… qui induisent des comportements face aux TICs.
    • la consommation acritique de l’information qui circule et de l’interactivité communicative de type technologique transmisive renforce ce type de subjectivité hétéronome ou assujettie par les forces extérieures qui produisant ce type d’information en font la vérité
    • L’école intervient dans le processus de subjectivation en se présentant comme une institution qui a un pouvoir de socialisation des enfants.
    • elles ne problématisent par l’usage informationnel d’Internet au-delà de la prévention que l’on doit avoir relativement à un certain type d’informations préjudiciables pour l’intégrité des élèves dans l’éducation primaire vénézuélienne. […]
    • l’absence d’une perspective concernant la relation entre la technologie et l’éducation est notable, que ce soit sur le plan épistémologique ou de son traitement méthodologique
    • De même, on oblitère l’analyse de cette relation à partir d’un regard historique sur l’usage de la technologie dans le cadre de l’école primaire. Cette perspective pourrait offrir des apports pour réexaminer la pertinence éducative de l’usage de la technologie en éducation des enfants à ce niveau de scolarité
    • A partir d’une perspective très généraliste et réductionniste, on considère comme technologie éducative tout procédé technico-méthodique qui s’inscrit en éducation dans une relation fin/moyens que ce soit dans le cadre de la pratique didactico-pédagogique ou de la planification administrative de l’enseignement.
    • La rationalité technologique dénote toujours une volonté de pouvoir.
  • tags: blockchain santé intermédiation

    • Pour lui: tous les intermédiaires ont du souci à se faire: Notaires, Avocats, Banquiers, Commerçants, etc. vont à l’avenir plus ou moins disparaître car la question de leur contribution dans la chaîne de la valeur va être remise en question par les blockchains.
    • les blockchains sont des technologies informatiques destinées à suivre des contrats sécurisés, transparents et décentralisés et pas seulement ceux liés aux bitcoins.
    • Par extension, les blockchains constituent des bases de données qui contiennent l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis leur création.
    • Ces bases de données sont sécurisées et distribuées : elles sont partagées par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, ce qui permet à chacun de vérifier la validité des données.
    • c’est la fin programmée ou codifiée des intermédiaires.
    • . Et pourtant dans cette conception économique, le client parlera directement avec l’usine
    • Cela est vrai pour la finance, le commerce, l’industrie… mais aussi pour les médias, l’enseignement ou encore et surtout les États.
    • Cela devient tout simplement très concret et va entraîner une réduction massive des fonctionnaires.
    • Le dossier médical serait alors une collection de plusieurs blockchains toutes liées à des maladies ou des interventions chirurgicales précises.
    • Les “blockchains-santés” seraient notre historique médical sécurisé et accessible à tous les parties prenantes en temps réel et aussi connectées avec des capteurs incorporés (pacemakers) ou non (montre connectées).
  • tags: industrie pharmaceutique médecin financement collusion communication engageante rémunération études observationnelles

    • En contrepartie, le médecin reçoit de l’argent : d’une dizaine d’euros à plusieurs milliers pour chaque patient inclus dans l’étude.
    • Des études scientifiques qui visent à récolter des données et améliorer les traitements ? Officiellement, oui.
    • Dans la pratique, les choses sont moins évidentes. « Ces études dites “observationnelles” sont lancées avec le prétexte de faire de la recherche, mais très souvent, elles ne donnent lieu à aucune publication revue par les pairs »,
    • A quoi servent ces études, pour lesquelles les grands laboratoires pharmaceutique dépensent des millions d’euros ?
    • En échange de la prescription de leurs médicaments et du remplissage d’un cahier d’observation des patients, ce médecin aurait pu recevoir, en fonction du laboratoire, entre 400 et 1 200 euros par patient inclus dans l’étude, avec une limite de dix patients.
    • En 2014, plus de 12 000 médecins conventionnés allemands ont participé à ce type d’étude, soit un médecin conventionné sur dix.
    • Ce sont au total plus de 100 millions d’euros que les firmes pharmaceutiques distribuent en moyenne chaque année aux médecins allemands pour ces études observationnelles.
    • des préparations analogues à des médicaments qui existent déjà
    • beaucoup sont des produits dont l’efficacité a été jugée médiocre par les autorités sanitaires allemandes,
    • Des médecins et chercheurs interrogés par les journalistes allemands ont jugé que ces études observationnelles sont souvent infondées du point de vue scientifique.
    • Plus d’un millier d’études observationnelles menées entre 2012 et 2015 sont recensées dans la base « Transparence santé », mise en place par le ministère de la Santé en 2014 pour informer sur les liens d’intérêt entres les industriels du secteur pharmaceutique et les professionnels.
    • De son côté, le laboratoire Abbvie répond point par point à nos questions. L’entreprise pharmaceutique mène actuellement quatre études observationnelles en France.
    • Fatigue, productivité au travail, tolérance et efficacité du traitement : plusieurs critères sont évalués pour servir ensuite, si nécessaire, à améliorer le traitement ou sa posologie.
    • L’étude observationnelle serait en quelque sorte une stratégie pro-active du laboratoire pour améliorer son médicament.
    • Mais en payant des médecins jusqu’à 1 200 euros par patient inclus dans l’étude, l’objectif n’est-il pas aussi de convaincre ces médecins de prescrire ce médicament, plutôt que celui de leur concurrent ?
    • La somme d’argent versée ne viserait qu’à les faire participer activement aux études, affirme Abbvie. Elle se justifierait par le travail qui leur est demandé : assurer jusqu’à quatre visites médicales du patient, et remplir un questionnaire pour récolter les données.
    • La rémunération des médecins est un véritable enjeu pour les laboratoires. Certains des praticiens qui participent à des études jugeraient même la somme trop faible pour prendre le temps de remplir les questionnaires.
    • « Normalement, pour ce genre d’études, il y a un double contrôle, explique Luc, ancien employé d’Ipsen. Le protocole demandait au médecin de remplir les données, et le personnel du laboratoire devait ensuite vérifier que cela était bien fait [7]. Là, les cahiers d’observation étaient souvent vides. C’était donc à nous, personnel du laboratoire, de rentrer ces données à partir des dossiers médicaux des patients. Alors même que nous n’avons pas obligatoirement de formation médicale et que nous pouvons passer à côté de quelque chose d’important. 
    • D’après nos sources, la hiérarchie et les différents services du laboratoire – qualité, marketing, médical – sont informés du remplissage des cahiers d’observation par les attachés de recherche clinique, à la place des médecins.
    • Alors que d’autres services sonnent l’alerte sur les dangers de cette absence de contrôle des données, le service marketing insiste sur l’impératif commercial.
    • Comment vérifier le véritable objectif de ces études observationnelles ? Une partie de cette mission est déléguée au Conseil national de l’Ordre des médecins. Ce dernier reçoit une copie de tous les contrats et doit vérifier qu’elles ne constituent pas des cadeaux indus, et donc que la rémunération est proportionnée au travail demandé [10].
    • Sur les conventions qui lui ont été transmises, le Cnom aurait donné un avis défavorable dans 41 % des cas en 2014, et 71 % des cas en 2015.
    • « Au lieu de demander de nouvelles études, avant la mise sur le marché, les agences du médicament approuvent sans attendre, et reportent après la commercialisation une partie de la preuve d’efficacité ou d’innocuité du produit »,
    • « Le laboratoire est alors doublement gagnant : il obtient une autorisation au rabais – moins exigeante, moins coûteuse, plus tôt, avec un meilleur prix – et a de surcroît la possibilité de prendre contact et de rémunérer les premiers prescripteurs, avec la bénédiction des autorités ! »
    • De façon générale, ces études pourraient servir à habituer les médecins à prescrire ces médicaments plutôt que d’autres, et aider ainsi à assurer une partie des bénéfices des laboratoires.
    • Le coût des études est-il répercuté sur le prix des médicaments, remboursés par la Sécurité sociale ? Quoi qu’il en soit, c’est au final l’assurance maladie qui assure les bénéfices des laboratoires. Alors même que les patients ont fortement été mis à contribution pour en résorber le fameux « trou », notamment à travers une diminution des remboursements de certains médicaments, touchant souvent les malades les plus précaires.
    • Les études proposées par les laboratoires peuvent servir à prolonger les prescriptions de médicaments dont l’efficacité est parfois faible, si ce n’est nulle.
    • L’étude observationnelle lancée par Merck au début de la commercialisation du Vioxx, en 1999, a donc permis de développer la prescription d’un médicament présentant des risques vitaux pour les patients.
  •  » “The climate is going to change,” says Hsiang. “We need to figure out how to minimize the losses.” »

    tags: changement climatique impact social impact sanitaire développement économique

    • these changes will reduce agricultural productivity, damage human health, and affect economic growth.
    • could the damage wrought by climate change, or even the threat of it, lead to a far more violent world?
    • In fact, Germany was not in danger of starving, and Snyder points out that many of the agricultural improvements that would later produce the Green Revolution were already under way.
    • But then, in the conclusion, Snyder makes a disturbing “warning” based on the lessons of the Holocaust.
    • he suggests, we are once again becoming vulnerable to fears of food insecurity—and, thus, once again in danger of battling over agricultural lands.
    • He adds: “We have changed less than we think.”
    • China is increasingly attempting to control those of Africa and eyeing the vast resources of its neighbor Russia, says Snyder.
    • China is not Nazi Germany; its rulers have embraced science and technology in addressing climate change.
    • Nevertheless, Snyder’s fundamental point remains: climate change—even the prospect of it—has the power to grotesquely transform global politics.
    • And if history is any guide, governments and rulers may not respond to the threats in a rational manner.
    • Nicholas Stern, a former chief economist of the World Bank and advisor to the British government, predicted in his 2006 report “Economics of Climate Change” that “higher temperatures will increase the chance of triggering abrupt and large-scale changes that lead to regional disruption, migration and conflict.” Over the last decade, many researchers have tried to document the connection.
    • a paper showing that instances of civil war doubled in the tropics during times when the El Niño effect produced unusually warm temperatures at those latitudes.
    • The paper was the first to demonstrate that a global climate effect could be linked to conflict.
    • Not only is there evidence that climate is connected to conflict, says his coauthor Marshall Burke, a Stanford professor, but the effects can be substantial.
    • One explanation might lie in the way climate changes affect agriculture.
    • Kelley and his coauthors document how rising levels of greenhouse gases disrupted the normal patterns of wind that bring moisture from the Mediterranean during the winter rainy season.
    • In general, he adds, subtropical regions around the world, such as the Fertile Crescent, are expected to become more arid.
    • “There is more that we don’t know than what we do know, but we do know there is no general and direct relationship between climate variability and large-scale organized wars,”
    • climate change might exacerbate the main causes of civil war, which he says include systemic inequality, severe poverty, and poor governance.
    • The relative importance of the drought in causing the Syrian war is very difficult to untangle from the other factors
    • But, he says, determining the specific role of climate is not merely an academic question, especially in regions as volatile as the Middle East.
    • The research on the links between climate change and conflict is part of a larger effort to better understand the economic and social impact that rising temperatures will have on people in various parts of the world.
    • the group examined how yearly changes in temperature affected economic output in 160 countries between 1960 and 2010
    • Then they combined the data with climate-change models developed by dozens of teams around the world that predict how temperatures will change with global warming.
    • The scientists expect that if climate change continues largely unabated, global economic output will drop 23 percent by century’s end, a much higher cost than previously predicted.
    • Surprisingly, the drop after 13 °C is seen in both rich and poor countries, regardless of whether the economy was dependent on agriculture or nonagricultural industrial sectors.
    • Since poorer countries already tend to be hotter, they will feel the brunt of the damage. While the economies of China, India, and much of South America suffer, those of Western Europe, Russia, and Canada could actually benefit.
    • Rather, he argues, policy decisions must be informed by objective scientific results.
    • Despite all the uncertainties about the future of climate change, the science is clear on a few basic points.
    • We must move as quickly as possible to transform our energy infrastructure so that we can reduce carbon emissions
    • and, by around midcentury, essentially stop such pollution altogether
    • But the science is also beginning to tell us that even radical steps to curb emissions may not be enough.
    • The damage from climate change is already beginning to hurt people in many parts of the world and will escalate even if emissions begin to drop soon.
  • tags: revenu de base universel expérimentation

    • Un revenu de base est par définition distribué tout au long de la vie, à tout le monde, et change la fiscalité.
    • C’est sûr, avec un revenu de base garanti, les gens se soignent mieux, ils sont en meilleure santé, ils mangent mieux
    • Entre l’expérience et la réforme politique globale il y a un fossé que les gouvernements ne franchissent malheureusement pas.
    • Ce sujet du revenu de base est énorme, une telle réforme ne se fera pas en un mandat de cinq ans, alors forcément il faut qu’il y ait des étapes techniques, et là c’est très compliqué.
    • Lancer une expérimentation, ça contribue à la pédagogie de l’idée et c’est très bien. Mais si on regarde d’un point de vue scientifique, on sait que ce sera assez pauvre.
  • tags: parlementaire france ressources activités

  • tags: ontologie thesaurus taxonomie data mining métadonnées web de données

  • tags: parlementaire activité professionnelle

  • tags: privatisation internet GAFAM

Posted from Diigo. The rest of my favorite links are here.

PDF Creator    Envoyer l'article en PDF