Dire ses passions dans un entretien d’embauche : positif et négatif

Laisser un commentaire
Share

Cet article est une re-publication élargie d’un billet à destination des étudiants d’IUT SRC 2011.

Parmi les exercices donnés cette année dans le cadre du cours sur les usages professionnels du web, j’avais demandé aux étudiants  d’écrire un article d’une vingtaine de lignes au maximum, à publier sur le blog support de l’activité.

Le sujet de cet article était la description d’une tâche collective à laquelle les étudiants auraient participé et qui leur auraient apporté du plaisir. Cette tâche devait être sociale et publique bien entendu. Il s’agissait d’une exercice de communication qui devez, comme je l’annonçais :

Vous vous adressez, avec cet article, à des professionnels qui vont vous juger sur le sérieux et de la tâche et de la manière de la présenter. Vous devez donc employer une communication professionnelle, ce qui sous-entend l’ortographe, la syntaxe etc. Si l’humour n’est pas interdit attention à bien le doser.

Il va falloir dans cet article décrire la tâche, les compétences que vous avez du employer et le plaisir que vous avez éprouvé. Vous pouvez l’illustrer si vous le souhaitez en respectant le droit en vigueur.

Vous devez me convaincre !

J’avais proposé cet exercice  car je crois beaucoup à la notion de plaisir pour expliquer les choix que l’on fait. Je crois aussi que derrière le plaisir de la tâche, il y a un enthousiasme communicatif. Ces deux derniers termes ne sont pas anodins. Enthousiasme signifie porté par les dieux. Celui qui en est possédé va à la fois entraîner l’adhésion autour de lui dans l’action (communicatif) mais en même temps poind l’idée de visibilité de l’action et de médiatisation (communicable). L’action devient visible à tous ; l’action mérite d’être inscrite et de faire mémoire. Elle devient mémorable en même temps qu’elle assure  la renommée de l’acteur.

Il se trouve que la semaine dernière, j’ai pu discuter, lors d’une réunion de documentaliste, avec un collègue normand sur ce sujet du plaisir à la tâche. Son fils est DRH dans une grosse boite. Nous en sommes donc arrivé à discuter de recherche d’emplois et d’entretiens d’embauche.

Deux arguments me paraissent important :

– ce que recherche aujourd’hui les entreprises, c’est des gens passionnés. Et donc les entretiens vont rapidement prendre cette voie-là. Pourquoi veulent-ils des gens passionnés ? Car il s’agit de personnes qui vont s’impliquer. Faire valoir ses passions et ce que l’on a fait pour les réaliser ; pouvoir et savoir dire le plaisir éprouvé dans une tâche devient une chose essentielle. C’est un exercice de communication à maîtriser.

– comme tout, tout est dans la mesure ! Avoir 100 000 passions, être partout et nulle part conduira à l’effet inverse. Pourquoi ? Parce que le temps n’est pas extensible et que pour pouvoir réaliser ces passions il vous faut être présent. Quelqu’un d’engagé partout est souvent nulle part et il peut aussi se servir de son temps de travail pour réaliser des choses qui relève d’un temps non professionnel. Un employeur ne prendra pas le risque.

On sait cependant que plus les gens sont engagés, plus ils s’engagent et plus ils ont la capacité à mutualiser leurs engagement afin de gagner du temps.

De manière connexe, il faut aussi faire attention aux objets technologiques que l’on possède. Avoir un iphone, un ipad, deux ou trois portables etc. peut être dommageable à dire car les usages de ces objets prennent du temps et souvent du temps sur le temps de travail.

Je rajouterai également un conseil de mon cru, on dit souvent que les jeunes générations sont multitâches et font plusieurs choses à la fois. Oui mais chaque tâche consomme des ressources (énergie, temps) et si on peut faire plusieurs tâches en même temps, ce ne peut être que des tâches qui ne demandent pas trop ou peu ou pas du tout d’attention. L’un des enjeux de l’usage des technologies (objets ou logiciel ou service) réside dans notre capacité à gérer notre attention. On ne peut faire montre d’intensité que dans une seule tâche à la fois, le reste fonctionne par automatisme ou consomme des ressources sur la tâche principale.

Les DRH l’ont bien compris, eux qui attendent d’un salarié le maximum d’attention à son travail.

Donc, une ou deux passions bien argumentées doivent montrer plusieurs choses :

– la capacité à communiquer ses passions à un tiers

– la capacité à gérer le temps consacré à chaque activité

– la capacité à gérer son attention et à ne pas être distrait par des tâches moindres

– la capacité à gérer l’intensité de son engagement.

 

À propos de Richard Peirano (ran)

Passionné par tout ce qui touche à l'expérience professionnelle et à la réflexivité dans l'apprentissage au travail, je veux faire évoluer ma pratique vers l'accompagnement et la formation à l'employabilité (promotion de son identité, développement de son réseau, analyse de son activité...) et à la professionnalité (bilan de compétences et d'orientation, portfolio...) Pour en savoir plus sur ma démarche de praticien réflexif

Laisser un commentaire