Travailleurs du savoir, saison 2

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La deuxiéme année du cours que je donne à l’IUT se termine, l’occasion de revenir sur cette activité.

Curieusement, l’intitulé est usage et conception des tice et j’avoue que je ne comprends pas l’origine et les raisons d’un tel intitulé. J’ai demandé pour l’année prochaine à ce qu’il soit changé pour un usages professionnels du web ou mais ça j’y crois moins, pour personal knowledge management. Ce n’est pas un détail car les étudiants ne comprennent pas le rapport entre le contenu et l’intitulé. cela brouille le message et les représentations initiales quand il s’agit de présenter le pitch.

Au niveau du contenu, clairement il s’agit du modèle TIICC que développe Christophe Deschamps dans son livre le nouveau management de l’information. Il s’agit des 5 compétences majeures que doit maitriser tout travailleur du savoir : gestion du temps, gestion de son système d’information personnel, gestion de son identité numérique, gestion de son capital social, gestion de ses compétences. Le terme de gestion est peut être un peu restrictif mais il convient pour l’occasion.

Ce cours s’inscrit aussi, de manière très modeste, dans la logique de l’apprentissage situé de Wenger que je suis en train d’assimiler mais aussi dans la réflexion de l’INRP sur le dispositif INO (identité numérique et orientation) dont j’ai pu faire quelques commentaires ici et ici. Enfin en lien, j’aborde aussi deux notions complémentaires, celle de portfolio pour promouvoir son action et son profil et celle de personal learning environment quand il s’agit d’interconnecter efficacement ses outils et services.

Le contenu du cours s’articule autour de quatre points centraux : identité numérique, auteur, réseaux et communauté et veille :

- Ce qui est au coeur du cours et qui le structure, c’est l’identité numérique que j’aborde à la fois comme un processus en construction et comme la mise en forme d’un objet communicable.  Il s’agit donc d’abord de définir ce qu’est l’identité afin de voir ce qui change avec la présence numérique entre automatisation fonctionnelle, industrialisation et visibilité généralisée de soi.

- On va ensuite aborder la notion d’auteur entre pratiques nouvelles de publication et de communication ; validation de l’information, certification de profil et Droit de l’information.

- Le troisième temps fort consiste à distinguer les notions de réseaux et de communautés et de voir comment l’information circule dans ces espaces ainsi créés.

- Le dernier point concerne la veille et la mise en place de son PLE. Je n’aborde vraiment que le couple moteur/alerte autour d’une base de données et le bookmarking social comme outil de recherche et de classement statistique ; comme outil de visibilité de l’information et des profils qui la génèrent (un bookmarker, en sauvegardant créé une information) ; comme outil d’éditorialisation et comme outil de promotion de soi.

Le cours est organisé en 7 séances d’une heure de cours et 5 séances de TP d’une heure trente. Il s’agit plus d’un cadre que d’une réelle articulation entre contenu et application. Je n’ai pas la main ni sur le volume horaire, ni malheureusement sur l’articulation. Un examen final clôt l’activité. Le dispositif que j’ai mis en place s’articule sur un blog projet, travasav2 qui a plusieurs objectifs :

- Publier les outils et support du cours avant l’activité de manière à ce que les étudiants, s’ils le souhaitent puissent consulter le descriptif du cours ; publier les exercices et les TD ; recueillir les travaux que je donne aux étudiants ; publier des ressources complémentaires…

- Être l’outil agrégateur qui structure l’activité. C’est toujours par le blog qu’un cours commence et c’est toujours au blog que nous revenons.

- Être un outil de visualisation de l’activité à destination des autres acteurs de l’IUT et aussi un outil un outil de valorisation personnelle.

En complément du blog, j’utilise un fil twitter iutrp auquel sont abonnés les étudiants qui vont créer leur propre fil. J’insiste sur la notion de bac à sable de cet outil et de l’attention à y apporter. L’année prochaine, je ferais également créer une adresse mail professionnelle. Je suis étonné que les étudiants n’en aient pas pour certains.

Les cours s’appuient sur des diaporamas dans la pure tradition magistrale – c’est fou comme la technologie peut renforcer une pédagogie – En fait ces diaporamas ont d’abord été pour moi une occasion d’apprentissage. Quand je les ai conçus, designés puis améliorés, il s’agissait alors pour moi d’apprendre des concepts et de mettre en forme l’enseignement des étudiants et mon propre apprentissage. J’ai commencé à m’en affranchir cette année mais ce n’est pas encore ça. Objectif pour l’année prochaine, réduire leur consommation (#slideaddict) ;-)

Les TD sont plus orientés outils et s’appuient sur des scénarios de départ qui peuvent être réel (jeu de rôle) ou sur des exercices. Là aussi il faut que j’améliore encore cette partie. J’ai le contenu, maintenant il faut travailler le design de la formation.

Mon objectif, vu le temps imparti, n’est que d’ouvrir le champs des possibles. J’essaye de montrer quelques pratiques professionnelles possibles. J’aimerais un jour avoir un cours complet qui structurerait l’enseignement globale des étudiants. Quelque chose qui se rapprocherai du travail autour des carnets de Paris5 ou ce qui est fait à Lyon. L’évaluation est en phase avec ces champs des possibles ; j’ai privilégié l’interaction au contenu, soit 55% de la note finale pour 45% à l’examen. J’indique d’ailleurs aux étudiants qu’ils ont a priori le module, sauf ceux qui feraient preuve d’une trop grande nonchalance face au  travail demandé (et là encore je suis resté cool cette année).

En ce qui concerne l’examen final, j’en communique l’intitulé au préalable aux étudiants. Il s’agit pour moi de les mettre en projet par ce moyen. L’examen devient donc l’écriture de comment il envisage leur présence numérique à l’avenir. C’est le même que l’année dernière et probablement le même que l’année prochaine. Cet examen est à considérer comme un exercice qui clôt l’activité et qui ouvre vers l’avenir de l’étudiant.

À propos de Richard Peirano (ran)

Passionné par tout ce qui touche à l'expérience professionnelle et à la réflexivité dans l'apprentissage au travail, je veux faire évoluer ma pratique vers l'accompagnement et la formation à l'employabilité (promotion de son identité, développement de son réseau, analyse de son activité...) et à la professionnalité (bilan de compétences et d'orientation, portfolio...) Pour en savoir plus sur ma démarche de praticien réflexif

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