Dieu n’a pas d’adresse
Cet article a été écrit initialement sur mon précédent blog. Je le republie ici car l’histoire contée va me resservir pour une formation que je prépare sur la notion d’adresse.
L’adresse est au coeur de notre système d’identité. Il s’agit bien sur en premier de l’adresse où on vit. Michel Serre dans une intervention célèbre parle de l’adresse comme étant l’invention du pouvoir pour nous envoyer le collecteur d’impôt et la police si on le reçoit mal.
L’adresse n’a d’intérêt que si elle est un critère d’identification inscrit dans un système d’identité. Un système d’identité nécessite 4 points selon Olivier Iteanu dans son livre sur l’identité numérique : un registre, un tiers de confiance, un document extrait du registre, des droits et devoirs associés.
Aujourd’hui, tout objet a une adresse, que ce soit la maison, le téléphone (numéro inscrit dans un annuaire) ou la voiture (plaque minéralogique inscrite dans le registre minéralogique)… Dans un système d’information, les objets qui interfèrent ont eux aussi une adresse qu’il s’agisse d’un identifiant personnel (inscrit dans l’annuaire du système), d’une adresse IP (numéro d’un objet communiquant dans un réseau), d’un logiciel (adressable dans une bibliothèque), de documents numériques (inscrit dans des arborescences) mais aussi d’adresses mails ou web (inscrit dans des serveurs). Tout objet à une adresse même si sa nature a changé comme nous l’enseigne Michel Serre
Tout sauf une chose ! C’est l’objet de cette histoire qui a trois ou quatre ans maintenant.
En Roumanie, un homme a porté plainte contre Dieu, car ce dernier n’a pas respecté son contrat de le délivrer du mal (le brave homme a un peu tué quelques uns de ses compatriotes).
Là, je laisse un bon blanc car ça fait toujours réagir. Et je continue :
Le tribunal l’a débouté car Dieu n’a pas d’adresse !

