Formation URFIST « les réseaux socio-numériques en contexte professionnel »

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Le 25 avril j’ai participé à la formation animée par Maryse Carmes sur les réseaux socio-numériques en contexte professionnel.

Comme d’habitude j’ai fait un live twitt que j’aurais aimé intégrer dans un webdoc. Au final, je reste quand même très partagé par ce type d’outil. Finalement, c’est pas mal aussi un article de blog.

Lors de cette formation, j’ai surtout entendu la confirmation de quelques unes de mes hypothèses. Le fait que la formatrice ait parlé d’intranet toute la matinée plutôt que de réseaux sociaux en mettant au centre l’annuaire et le moteur de recherche confirme ce que je pensais depuis longtemps, c’est la même chose, ou du moins le réseau social va se présenter comme une évolution de l’intranet.

Et si le moteur a été mis aussi en avant c’est aussi parce que un réseau social, quelqu’il soit, c’est avant tout du contenu, de la mise en scène autour du contenu et du contenu que l’on veut absolument retrouver. C’est toute la problématique du Knowledge management, première bouture : pourquoi engrammer aussi finement des connaissances si elles ne servent à personne car finalement personne n’utilise ces bases de connaissances ?

Et si personne ne les utilise, c’est aussi, je crois parce que pour y accéder, il faut savoir ce que l’on veut. Hors un moteur de recherche ne propose pas de recherche par essai et erreur, ni par approximation. Une conversation entre deux humains procèdent ainsi !

D’où l’accent mis désormais dans ces outils sur l’interaction dans des communautés numériques de projet ou de pratiques. Cela revient à parler du fameux aphorisme de Peter Drucker : « la connaissance c’est entre deux oreilles uniquement » (de mémoire).

D’où les évolutions des intranets vers deux possibilités, un profiling qui est donc la possibilité, à partir d’une taxonomie, de proposer du contenu en fonction de chaque utilisateur. Cela nécessite donc une gestion des rôles dans la plateforme. La seconde possibité, c’est la personnalisation. L’usager défini donc ce qu’il veut voir afficher dans son intranet. L’évolution, bien sûr va vers le sémantique.

L’après midi, c’est une autre hypothèse qui s’est vu confirmer : ce qui interpelle autant dans les réseaux sociaux, ce n’est pas les plateformes en elles-même mais les fonctionnalités sociales d’une part et ensuite comment transférer les pratiques sociales « récréatives » en pratiques sociales professionnelles.

On retrouve là la problématique majeure des enseignants documentalistes et l’interrogation sur ces fameuses pratiques adolescentes sur lesquelles plusieurs thèses ont été consacrées ces derniers années de manière plus ou moins affirmée (Nicole Boubée, Karine Aillerie, Anne Cordier…)

On peut d’ailleurs extrapoler sur un changement d’attitude majeure dans l’apprentissage numérique. Comment veut-on collaborer, travailler sur des plateformes professionnelles (RSE) si on continue à dévaloriser l’usage des médias sociaux ?

Outre le coeur de cette formation, deux apports à la marge, deux apports sérendipitiques : j’ai enfin compris la théorie de l’acteur réseau de Latour et Callon. Un acteur c’est un humain et l’ensemble des interactions qu’ils nouent avec des actants qui peuvent être d’autres humains (réseau social) mais aussi des interfaces, des objets et qui le transforme. Je pense qu’on peut dit qu’un acteur agit autant qu’il est agit. J’ai failli poser une question : est-ce que la mémoire de l’acteur est aussi un objet avec lequel il interagit ? Je pense que cette question est stupide tel qu’elle est formulée, mais je me demande en quoi l’analyse des pratiques n’entre-t-elle pas dans ces interactions ? Et je me demande aussi en quoi nos apprentissages ne sont pas aussi à considérer dans cette logique ? Enfin je me dis qu’un auteur que j’ai lu, un romancier est aussi un actant de moi, acteur-réseau singulier ?

Seconde chose, c’est les traces calculées (par opposition à subie je pense) que nous laissons selon Louise Merzeau qui sont donc au nombre de 4 : traces déclaratives, traces narratives, traces relationnelles, traces expériencielles.

Pour revenir sur la formation, je l’ai trouvé vraiment très intéressante mais trop expositive. J’aurais préféré qu’elle déroule sur deux jours avec plus d’application.

 

 

À propos de Richard Peirano (ran)

Passionné par tout ce qui touche à l'expérience professionnelle et à la réflexivité dans l'apprentissage au travail, je veux faire évoluer ma pratique vers l'accompagnement et la formation à l'employabilité (promotion de son identité, développement de son réseau, analyse de son activité...) et à la professionnalité (bilan de compétences et d'orientation, portfolio...) Pour en savoir plus sur ma démarche de praticien réflexif

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