La curation à l’école

Cet article a été écrit en 2012 pour un dossier de la revue professionnelle de l’ADBS, documentation-sciences de l’information, coordonné par Christophe Deschamps.

J’en avais fait une première présentation à sa sortie sur ce blog.

Il est aussi accessible en ligne sur le site de l’ADBS.

 

 

 

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Jouer au professionnel, un article pour médiadoc 13

Je viens de publier un article sur médiadoc 13, la revue de la Fadben, qui relate l’expérience que j’ai mené en seconde ces trois dernières années. Merci à Gildas pour m’avoir aidé dans ce travail de publication.

Après le résumé, je publie ici le début de la première partie où j’explicite les intentions et les objectifs.

Résumé : retour sur une expérience pédagogique menée en classe de seconde pendant trois ans, avec au centre de l’activité la notion de trace. Il s’agit, ici, à partir des intuitions premières et des intentions de l’enseignant, de présenter un jeu de rôle construit avec des élèves dans l’environnement numérique Google.

Les élèves ont joué le rôle d’un jeune professionnel entre 18 et 25 ans qui doit produire des traces personnelles positives afin d’être retrouvé par un recruteur. C’est l’occasion de travailler l’orientation de l’élève et la connaissance d’un métier choisi.

En même temps que ce jeu, les élèves ont construit la notion de trace, qu’il a fallu d’abord didactiser, avant de proposer des exercices qui font l’objet d’une présentation sommaire.

Enfin l’activité a permis de travailler sur les dispositifs d’enregistrement des environnements numériques au cœur de la production de traces.

…Construire une identité professionnelle

Il s’agit d’abord de faire construire par les élèves une identité professionnelle fictive en leur demandant de produire des traces repérables dans l’écosystème Google. C’est un jeu de rôle qui a pour vocation d’accompagner la formation à l’orientation en seconde.

Cet objectif prend appui sur un projet de recherche, le dispositif Identité Numérique et Orientation (INO) qui a été piloté, de 2009 à 2011, par Catherine Loisy de l’Institut Français de l’Éducation (IFE). Il s’agit de poser l’hypothèse suivante : « l’identité numérique peut être un atout pour l’orientation et le projet personnel et professionnel, les objectifs du projet INO sont de réfléchir à un support pédagogique et une scénarisation pour en accompagner la construction en s’appuyant notamment sur le e-portfolio. ». C’est la lecture de ce retour d’expérience qui m’a donné l’idée de ce travail.

A plus long terme, j’aurais aimé proposer ce dispositif comme structurant les apprentissages en seconde et pouvant ainsi déboucher sur la production par les élèves de leur propre portfolio. Des expériences en ce sens existent, comme ce qui est fait au LP2I de Poitiers. Cette intuition première, je la retrouve dans l’émergence d’un « savoir devenir » tel que défini par Divina Frau-Meigs et présenté avec Elisabeth Schneider au 4e colloque e-education, qui s’est tenu en octobre 2014 à l’ESEN….

Pour la suite, je vous renvoie à l’article de médiadoc.

 

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Veiller apprendre

Je republie in extenso le texte que j’avais donné pour le mediadoc 8 sur la veille pour mes besoins propres de conception d’une formation. L’occasion aussi de republier en introduction un diaporama dont je vais me servir bientôt

Qu’est-ce que veiller ? très rapidement, c’est le fait d’apporter la bonne information, à la bonne personne, au bon moment en vue de répondre à un besoin. Un bon veilleur sera donc celui qui va anticiper des problèmes qui n’existent pas encore mais qui sont en voie d’émergence !

Est-ce donc de la veille que nous faisons quand nous veillons, nous, les enseignants documentalistes ?

Oui effectivement quand nous signalons à un collègue ou à un élève, une ressource potentielle, pour une pratique scolaire ou pour un projet en cours. Mais à combien, en pourcentage, cette diffusion d’informations, réellement utile pour les personnes à qui nous la diffusons, par rapport à l’ensemble de l’information que nous consommons tous les jours ? Peu de chose en vérité.

Et très honnêtement, qui a besoin de nous, comme veilleur, dans nos établissements scolaires ? Les enseignants qui construisent leurs cours avec le manuel scolaire et maintenant internet ? Les élèves pour leur projets scolaires ou personnels ? Les chefs d’établissements dont les réseaux institutionnels ou informels sont bien plus efficaces que nous ? Chacun de ses publics a ses propres circuits de diffusion dans lesquels nous ne sommes pas, ou à la marge !

Le principal de ce que nous appelons la veille nous profite d’abord. Est-ce alors de la veille ?

Et les formations à la veille, que nous réduisons souvent encore à de la recherche d’informations, que nous mettons aussi en place, à destination de nos élèves sont-elles vraiment des formations sur la veille ? Pour en faire des veilleurs professionnels ? Tous ?

Le titre de cet article a déjà répondu à cette problématique : nous ne veillons pas, nous apprenons !

Nous ne formons pas à la veille mais à l’apprendre ! Oui, nous sommes surtout des professionnels de l’apprendre, comme nos collègues disciplinaires très certainement mais plus qu’eux, car ce qui est au centre de notre pratique c’est l’accès à l’information, son acquisition et sa transformation en connaissance !

Entre veiller et apprendre, les processus sont similaires, et c’est là-dessus que nous nous positionnons. Les finalités, évidemment, sont différentes.

Veiller/apprendre aujourd’hui, dans la réalité numérique de notre monde, est un processus qui est ouvert à tous. Pour autant, ce n’est pas un processus démocratisé. Aujourd’hui, tout le monde peut faire de la veille comme monsieur Jourdain faisait de la prose. Pour autant, est-ce que cela faisait de monsieur Jourdain un gentilhomme ? Oui, tout est accessible à tout le monde, l’information et les outils pour la travailler. Mais le fait de pouvoir accéder est-il suffisant pour faire de nous, et particulièrement nos élèves, d’honnêtes hommes apprenants ?

Au centre du processus de veille / apprendre, il y a l’outil. Tout processus de veille / apprendre doit être outillé. Un stylo est un outil, un livre est un outil, un ordinateur est un outil, un agrégateur est un outil.

Regardons un peu les outils numériques d’aujourd’hui et adaptons les à ce cycle de la veille / apprentissage : questionner, repérer des sources, analyser l’information recueillie, la transformer et la diffuser.

On peut trouver pour chaque instant un outil correspondant :

- Autour du questionnement, il y a la mise à jour de ce que je sais avec la carte heuristique, la recherche encyclopédique pour acquérir des connaissances de base avec wikipedia et la discussion avec facebook ou twitter.

- Autour du repérage des sources, les moteurs de recherche divers et variées sur des bases de données à identifier, généraliste ou par domaine, mais aussi les abonnements aux sources via les RSS…

La logique de réseau, accessible par tout outil social aujourd’hui, qui nous fait naviguer, à partir d’un expert identifié dans un domaine, vers d’autres experts. La cartographie heuristique, peut aussi être employer ici pour repérer les liens sociaux. Cette logique de réseau, on va aussi la retrouver dans les veilles de veilles où des experts d’un domaine mettent en commun leurs trouvailles, à moins qu’il ne s’agissent de s’abonner à un outil de folksonomie…

Enfin la logique communautaire, qui nous demande d’identifier d’abord les lieux de production de connaissances dans un domaine, via les forums, les wikis, les blogs etc.

- Autour de l’analyse et de l’évaluation, les outils d’écriture pour gloser sur les informations recueillies, la conversation sur une ressource, le travail de décryptage de la source et de ses intentions par la lecture du paratexte et par le travail sur le réseau d’acteurs dans lequel est inséré l’auteur…

- Enfin sur la diffusion, le couplage blog / twitter pour écrire sa connaissance nouvelle, c’est à dire la formaliser. J’écris pour rendre explicite, je publie et je donne à discuter. J’apprends dans la production de connaissances et dans le débat…

Qu’est-ce qui a changé fondamentalement avec le temps du non numérique ?

On voit bien, avec ce listing incomplet que les premiers outils sont fort ancien, la lecture, décryptage, charcutage, décorticage pour extraire le sens ; l’écriture, y compris l’écriture multimédia, pour construire à partir du matériau créé précédemment ; le débat avec ces autres soi que sont les pairs ou la conversation déférente que l’élève doit à l’enseignant ou le compagnon au maître.

Et au centre l’outil et celui qui le manipule : l’ouvrier. Veiller apprendre, passe aussi par la maîtrise de  l’outil, fonctionnellement mais aussi dans la compréhension de ce qu’il est.

Nous autres veilleurs apprenants sommes donc aussi des ouvriers et nous devons maîtriser nos outils. Surtout parce que les outils numériques d’aujourd’hui sont particulièrement complexe. Ceux sont des outils mais ceux sont aussi, tout à la fois, des plateformes sociales, des services en ligne, des modèles économiques demandant toute notre attention, des pieuvres industrielles gigantesques, des entreprises capitalistes.

Et l’élève dans tout cela, combien manipule-t-il d’outils ? Pas énormément si on se base sur la seule recherche d’informations ou un moteur-couteau-suisse suffit à toutes les peines. Mais c’est pourtant dans la manipulation de tous les outils, la maitrise de toutes les fonctionnalités que peut passer la création et pas d’un seul.

Et l’élève dans tout cela, que sait-il de la complexité des outils qui se cache derrière l’apparente simplicité ? Ne risque-t-il pas, ne risquons nous pas, lui aussi, nous aussi d’être dépossédé de nos outils comme l’ont été les ouvriers fordistes. Comprendre son outil de travail et pouvoir choisir celui-ci plutôt qu’un autre, n’est-ce pas aussi un pas vers la liberté ?

Et l’élève dans tout cela, que sait-il de sa relation à l’outil ? Met-il à distance ce qu’il produit ? Réflechit-il au pourquoi du comment ?

Ces trois points définissent à mon avis ce que doit être notre mission d’accompagnant de l’élève vers le veiller / apprendre :
- manipuler des outils, beaucoup d’outils, faire jouer les différences, à toute occasion pour toute production de connaissances,
- prendre les outils comme objets d’apprentissage de les travailler dans toutes les dimensions possibles afin de rendre l’élève, futur ouvrier, apprenti-acteur de son apprentissage, libre et non esclave de forces qu’il ne comprend pas.  
- travailler sur l’élève lui-même dans son environnement numérique, dans sa relation à l’outil, aux outils, à tous les outils.

 

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Veiller, apprendre : un article pour mediadoc

mediadoc9J’ai publié un article dans le mediadoc de décembre 2012 (9) consacré à la veille. Il s’intitule « veiller, apprendre » et pose la question de savoir ce que l’on fait dans nos établissement quand nous parlons de veille. Pour moi la réponse est évidente : nous apprenons et nous mettons en oeuvre des formations pour apprendre à apprendre.

Merci à Ivana et à Valérie pour m’avoir invité à écrire pour ce numéro en espérant que cet article apporte quelque chose au schmilblick !

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Qu’est-ce que veiller ? très rapidement, c’est le fait d’apporter la bonne information, à la bonne personne, au bon moment en vue de répondre à un besoin. Un bon veilleur sera donc celui qui va anticiper des problèmes qui n’existent pas encore mais qui sont en voie d’émergence !

Est-ce donc de la veille que nous faisons quand nous veillons, nous, les enseignants documentalistes ?

Oui effectivement quand nous signalons à un collègue ou à un élève, une ressource potentielle, pour une pratique scolaire ou pour un projet en cours. Mais à combien, en pourcentage, cette diffusion d’informations, réellement utile pour les personnes à qui nous la diffusons, par rapport à l’ensemble de l’information que nous consommons tous les jours ? Peu de chose en vérité.

Et très honnêtement, qui a besoin de nous, comme veilleur, dans nos établissements scolaires ? Les enseignants qui construisent leurs cours avec le manuel scolaire et maintenant internet ? Les élèves pour leur projets scolaires ou personnels ? Les chefs d’établissements dont les réseaux institutionnels ou informels sont plus efficaces que nous ? Chacun de ses publics a ses propres circuits de diffusion dans lesquels nous ne sommes pas, ou à la marge !

Le principal de ce que nous appelons la veille nous profite d’abord. Est-ce alors de la veille ?

Et les formations à la veille, que nous réduisons souvent encore à de la recherche d’informations, que nous mettons aussi en place, à destination de nos élèves sont-elles vraiment des formations sur la veille ? Pour en faire des veilleurs professionnels ? Tous ?

Le titre de cet article a déjà répondu à cette problématique : nous ne veillons pas, nous apprenons !…

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J’essaye d’exprimer dans cet article un sentiment au sujet de ce que nous appelons la veille, qui est pour moi d’abord apprendre à un élève à apprendre. Et autour de cela, ce qui importe, à mon sens, c’est le rapport à l’outil que nous avons, ouvriers du savoir que nous sommes devenus.

AU coeur des apprentissages, il y a donc l’outil comme facilitateur, mais aussi et surtout comme objet d’apprentissage et et plus encore comme moyen de la relation entre l’élève et la construction de sa connaissance.

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Publication d’un article sur la curation dans « documentaliste-sciences de l’information »

J’ai été invité par Christophe Deschamps à participer au dossier sur la curation qu’il à mené pour la revue professionnelle de l’adbs documentaliste-sciences de l’information

Voici la présentation de cet article

Les informations sont aujourd’hui à disposition de l’élève partout et à tout moment, y compris sur son portable. Il partage des liens et tague des contenus sur Facebook. Il s’agit déjà de pratiques de curation. L’enseignant, alors, peut s’appuyer sur les pratiques existantes des élèves afin de proposer des pratiques scolaires conformes et efficaces qui déboucheront sur des pratiques sociales de référence.

Je m’appuie sur les expériences de Laurence Juin, de mesdocsdedocs ainsi que sur les miennes pour ébaucher ce qui me semble être un des enjeux actuels de la culture de l’information, le besoin d’outiller les apprentissages, de développer une culture de l’outil et de s’engager vers des apprentissage assurant la maitrise d’une grammaire du web pour les élèves.

En voici la conclusion

Pour dépasser ces débats, il convient de faire de l’outil un objet d’apprentissage en soi et de passer à l’apprentissage d’une grammaire numérique. Nous n’allons pas apprendre aux élèves à se mouvoir dans l’univers numérique, nous allons leur en apprendre la grammaire. Alors que tous les enseignants ont intérêt à outiller la démarche, il nous semble que c’est à l’enseignant documentaliste de travailler cette grammaire.

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