L’outil sera utilisé pour répondre au besoin adolescent dans sa singularité .
Deux enjeux majeurs émergent l’un soutient la subjectivation et le processus adolescent ; l’autre se constitue comme entrave à la résolution de la crise identitaire adolescente.
Pour se construire, tout adolescent a besoin de se mettre en image au-devant de soi, de paraître et de se montrer.
Il est nécessaire pour le jeune individu d’être regardé et reconnu pour se reconnaître.
Les réseaux sociaux apparaissent comme une surface contenant des contenus psychiques et comme lieu vers lequel convergent les regards.
L’adolescent trouvera donc dans ces espaces un lieu idéal pour étayer sa quête identitaire, et créer l’appel au regard de l’autre par le fait de se montrer et de se représenter.
Il pourra y exprimer en images et en mots ses états d’âme, ses désespoirs amoureux, ses « délires » avec les copains, il pourra être connecté avec ses amis du quotidien, s’essayer à la séduction à travers l’écran, moins terrifiante qu’en face-à-face « l’expressionnisme adolescent »
Quelle différence avec l’expression adolescente classique ?
L’adolescent ne se montre plus devant une dizaine de copains mais devant des milliers de personnes en dépossession de l’intime à l’écran.
Dans ce moment, la fonction de protection de l’intimité n’opère plus, le sujet devient en proie à de possibles intrusions et emprise de l’autre.
Deux voies sont possibles . Dans l’une, les assises narcissiques et objectales de l’adolescent sont suffisamment solides pour qu’il utilise les réseaux sociaux comme objet culturel étayant les processus adolescents. L’espace virtuel est, dans ce cas, un lieu de transposition de la crise créative, soutenant le remaniement pulsionnel et narcissique de l’adolescent .
Les réseaux sociaux et leur interactivité peuvent se comprendre comme des objets culturels soutenant la subjectivation, le devenir sujet au sein d’un groupe de pairs .
L’autre voie induite par la désintimité est celle de la déperdition de l’adolescent .
Malheureusement, même si l’écran peut parfois fonctionner comme un miroir reflétant sa propre image, il s’agit toujours d’un miroir sans tain au-delà duquel se trouvent d’autres individus connectés qui peuvent à tout moment interagir avec les contenus publiés.
Ils peuvent se retrouver face à une altérité virale, c’est-à-dire une contamination par l’autre par effet de viralité propre aux espaces virtuels.
Les limites entre soi et l’autre sont abolies et causent la perte du sujet en attaquant l’essence même de celui-ci : son intimité.
Les risques du virtuel prennent leur source dans une triple causalité :
  • la singularité psychique du sujet associé à la qualité de l’internalisation des figures et des liens primaires
  • la pauvreté des informations sur l’usage des réseaux sociaux
  • la viralité