Les phrases et les histoires orientales sont des sources de sagesse inestimables que nous pourrions considérer comme classiques car, même aujourd’hui, elles continuent d’être pertinentes et adaptées. C’est précisément pour cette raison que nous consacrons l’article d’aujourd’hui à l’une de ces histoires, qui contient une grande leçon de vie : celle des anciens samouraïs.  L’une des nombreuses phrases attribuées à Bouddha dit cela : “Nous sommes dans le monde pour vivre en harmonie ; ceux qui en sont conscients ne se battent pas entre eux.” Une déclaration sage qui pourrait être utile pour comprendre comment répondre de manière adéquate à une provocation. Mais maintenant, découvrons ensemble l’histoire du vieux samouraï, dont la signification est très proche de ce que Bouddha a dit.

Le Hagakure, qui fut écrit au début du XXIIIe siècle, rassemble des préceptes, leçons et épisodes historiques liés à la voie du samouraï. Ce livre fut dicté par un samouraï devenu moine, Tsunetomo Yamamoto, à l’un de ses disciples, Tashiro Tsuramoto, qui compila les récits de son maître dans quelque onze volumes.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, aucun livre n’a été condamné avec autant de véhémence que le Hagakure car il serait à l’origine de l’engagement aveugle des jeunes soldats japonais à se précipiter dans la mort plutôt que de connaître le déshonneur de la défaite.

Hagakure fait partie des grands classiques du bushidô, la voie des samouraïs.
Yamamoto Tsunetomo, samouraï d’un des trois plus grands clans du Japon, est né en 1659, 54 ans après que le shôgun Tokugawa Ieyasu ait pris le contrôle du Japon, mettant ainsi un terme à des années de guerre civile.
À la mort de son seigneur en 1700, il aurait aimé le suivre en réalisant le suicide rituel, le seppuku (éventration) mais devant l’interdiction qui lui était faite, il choisit de se retirer dans un monastère pour prier pour le repos de son défunt seigneur et ainsi continuer de le servir. Il y vécut jusqu’à la fin de ses jours. Sur la fin de sa vie, son disciple Tashiro Tsuramoto, compila les récits de son maître dans onze volumes consacrés à la Voie du samouraï : le Hagakure.
Tsunetomo Yamamoto est considéré aujourd’hui comme l’incarnation de l’esprit samouraï. 

Il s’agit d’une compilation des pensées et enseignements de Jocho Yamamoto, ancien samourai  vassal de Nabeshima Mitsushige. Ses commentaires ont été recueillis par un jeune scribe nommé Tashiro Tsuramoto entre 1709 et 1716, mais ils n’ont été révélés que bien plus tard (au début du xxe siècle au public japonais) car gardés jalousement pendant plus de 150 années par le clan Nabeshima. À l’origine, le Hagakure est formé de 11 tomes.

Peut-être qu’en 1991, lors de la publication de ce livre, les américains entretenaient encore de vieilles rancunes contre les japonais et que la curiosité des occidentaux pour la culture japonaise était moins développée qu’aujourd’hui. C’est en tout cas ce que semble insinuer Thomas Cleary dans quelques pages de ce livre. Et il propose de remédier à cette incompréhension, d’essayer d’éclaircir le « mystère » japonais, en étudiant leur art de la guerre, puisque cet apparent « mystère » fait effectivement parti de leur ancestrale stratégie militaire.
Les arts martiaux ont eu énormément d’importance dans l’histoire du Japon qui pendant près de huit siècles a presque été uniquement dirigé par des Shôguns et des gouvernements militaires. Et c’est à travers les traités de moines bouddhistes et de samouraïs du dix-septième siècle qu’on aborde ici le Bushidô : la Voie du guerrier. Quatre auteurs en particulier : Takuan Soho, Suzuki Shôsan,Yagy Munenori et Miyamoto Musashi. Car l’histoire militaire du Japon est mêlée à l’histoire des religions et en particulier au bouddhisme zen.
Et finalement Thomas Cleary s’est davantage occupé du zen et de son message spirituel que de l’art de la guerre. Il souligne que ce message, issu du bouddhisme et du taoïsme, a été en parti transformé par des auteurs trop préoccupés par la guerre, influencés par le confucianisme ou le shintoïsme et bien d’autres choses. Les multiples évolutions du zen dans l’histoire ont parfois perverti son message fondamental et sont encore aujourd’hui à l’origine de la méconnaissance des occidentaux renseignés par des vulgarisateurs comme D.T Suzuki. Thomas Cleary
a essayé de laver l’image un peu magique, mystérieuse et finalement « folklorique » du zen auprès d’une partie de la population, aussi bien japonaise qu’occidentale. Il insiste sur l’importance du non-attachement et sur le fait que le zen n’est pas irrationnel et est doué d’une éthique, même si celle-ci est différente du christianisme. Un livre intéressant et instructif, mais parfois fastidieux à lire « par le truchement » (expression qui revient au moins 36 fois sur 177 pages) du traducteur, probablement.

Le vieux samouraï

Un jour, il a vécu près de Tokyo, un vieux samouraï qui avait gagné de nombreuses batailles. C’est pourquoi il était respecté de tous. Cependant, son temps de combattant était terminé. Néanmoins, toute sa sagesse samouraï et son expérience ont été exploitées par les jeunes, dont le vieil homme était un maître. Une légende circulait cependant à propos des samouraïs : on disait que, bien que de nombreuses années se soient écoulées, il aurait pu battre n’importe quel rival, aussi redoutable soit-il. Un été, un célèbre guerrier, connu pour sa brutalité, s’est présenté chez le vieux samouraï. Son caractère fanfaron provoque un malaise chez ses adversaires, qui baissent leur garde sous le coup de la colère et attaquent à l’aveuglette. L’homme voulait donc battre le vieux samouraï pour que tout le monde se souvienne de lui. Ce guerrier des arts martiaux sombres n’a cependant pas réussi à provoquer l’Ancien. Le samouraï n’a jamais dégainé son épée, ce qui a amené son ennemi à céder et à se sentir humilié. Les élèves des anciens samouraïs se sont sentis agacés par ce qu’ils considéraient comme de la lâcheté de la part de leur maître. Ils l’ont réprimandé pour avoir dégainé son épée, mais il a répondu que lorsque quelqu’un vous offre quelque chose en cadeau et que vous ne l’acceptez pas, cela lui appartient toujours ; la colère, la rage et les insultes, si elles ne sont pas acceptées, appartiennent à ceux qui les prononcent.

Que pouvons-nous apprendre de l’histoire des anciens samouraïs ?

Comme vous pouvez l’imaginer, nous pouvons tirer d’importantes leçons de vie de cette histoire de vieille sagesse samouraï. Parce qu’en réalité, nous assumons tous l’insatisfaction, la colère, la frustration, la culpabilité et la peur. Toutefois, cela ne signifie pas que nous devons transmettre notre frustration aux autres. Peu importe le poids que nous portons, nous rencontrerons toujours un adversaire qui sera toujours prêt à nous battre. Des personnes destructrices qui prétendent vouloir nous aider et qui ensuite nous nuisent. Ils génèrent des sentiments de culpabilité, privent nos efforts de valeur et alimentent nos craintes d’insécurité. Cependant, si nous sommes capables de réagir, nous pouvons maintenir la sérénité à tout moment. C’est-à-dire que si nous n’acceptons pas leurs provocations, leurs cadeaux empoisonnés, en y répondant consciemment et en évitant leur toxicité, nous éviterons d’être infectés par leur poison.

Nous apprenons à répondre consciemment

Si nous apprenons à répondre consciemment aux provocations au lieu de réagir instinctivement, il sera plus difficile pour elles de nous offenser. De cette façon, nous ne serons pas impuissants, nous ne nous sentirons tout simplement pas attaqués. Elle est utile à cette fin : découvrez ce qui nous fait réagir négativement et dans quelles situations nous perdons le contrôle. Cela nous permettra de rationaliser sans perdre notre sang-froid. Laissez le passé derrière vous. Ce qui est fait est fait, mais nous ne pouvons pas toujours vivre dans la honte ou la peur de ce qui s’est déjà passé. Nous apprenons à éviter que les erreurs ne se reproduisent, car cet enseignement nous rend plus forts et nous donne un sentiment de sécurité, même si nous avons commis des erreurs. Il existe un dicton populaire, qui confirmera la sagesse samouraï : qui ne fait pas de mal à qui veut, mais qui peut. C’est à nous, comme le faisait le vieux samouraï, d’accepter ou de rejeter ce que les autres nous offrent.