La société est de plus en plus communicative, surtout face aux innombrables stimuli de contenu provenant de la mondialisation de l’information et des nouvelles technologies, avec des dispositifs qui permettent d’échanger constamment des idées avec les gens, en entretenant des amitiés en ligne, principalement par le biais des réseaux sociaux.

Même dans ce contexte de dialogue constant, la timidité été un sujet de premier plan, surtout après la sortie du livre “The Power of the Quiet – How the Shy and Introverted Can Change a World That Doesn’t Stop Talking”, du chercheur et écrivain américaine Susan Cain.

Etre timide peut être une bonne chose

Le livre de Susan Cain  a attiré l’attention en valorisant certaines caractéristiques des timides comme ayant été fondamentales pour l’évolution humaine, et qui continuent d’avoir une valeur dans le dynamisme de la routine du monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. “Nous vivons dans un monde si vaste, si dépourvu de temps morts, que nous avons perdu de vue notre côté introverti”, dit-elle.

Selon l’auteur, les personnes plus repliées sur elles-mêmes, qui n’aiment pas attirer l’attention présentent des caractéristiques rares ou que d’autres personnes trouvent difficiles à gérer, telles que le flux intense de créativité, la persistance et la capacité à analyser les risques, qui leur permettent de laisser libre cours à leur imagination, d’insister sur les idées et de réfléchir aux avantages et aux inconvénients d’une décision plus facilement que les extravertis.

Différence entre introspection, timidité et phobie sociale

Beaucoup de gens confondent la timidité avec l’introspection et la phobie sociale. Les personnes présentant ces caractéristiques se comportent de manière totalement différente et chacune de ces particularités a une influence sur leur mode de vie :

  • Introspectifs :

Il s’agit de personnes dont le comportement habituel est la solitude, la réflexion et le silence. Même si elles sont plus réfléchies, elles n’arrêtent pas d’interagir avec les autres.

  • Timides :

La timidité se caractérise par la peur du regard des autres et le manque de confiance en soi. Les personnes timides ont des difficultés à communiquer avec des mots ou à se présenter devant un grand nombre de personnes.  Ces personnes souffrent d’insécurité dans leurs relations sociales.

  • Phobie sociale :

Elle se décrit par une peur intense des situations dans lesquelles la personne est confrontée aux regards des autres. C’est un trouble psychique. Les personnes atteintes ont généralement besoin d’un traitement et d’un suivi psychologique. Elles paniquent à la seule idée d’interagir avec d’autres personnes.

Le point commun entre les personnes qui ont ces tempéraments est qu’elles sont plus susceptibles de souffrir d’anxiété et de dépression au début de l’adolescence, selon une étude de l’Institut norvégien de la santé publique, qui a accompagné 921 enfants âgés de 18 mois à 12 ans et demi.

L’explication de ce résultat est corroborée par les neurosciences, qui montrent, dans des études sur les processus cérébraux – comme les recherches menées au Laboratoire pour le développement de l’enfant de l’université de Harvard – que l’amygdale cérébrale, responsable de la réponse aux réflexes, est plus développée chez les individus introspectifs qui sont donc toujours prudents face à tant de signaux qu’ils reçoivent du cerveau et peuvent devenir stressés.

Vivre avec la timidité

Le psychiatre Alexandre Saadeh, de l’Université catholique pontificale de São Paulo, affirme que l’introversion présente des avantages relatifs, étant une caractéristique qui ne peut être jugée et conceptualisée uniquement comme une vertu ou un défaut. “C’est la façon dont l’individu est disposé à traiter cette facette de sa personnalité qui fera la différence. Certains souffrent de discrimination ou d’entraves tout au long de leur vie. D’autres peuvent l’utiliser pour leur développement”.

Savoir faire face à ses limites et à ses potentialités est la façon d’être heureux, introverti ou extraverti.