L’émotion est une expérience psychophysiologique complexe et intense de l’état d’esprit d’un individu animal liée à un objet repérable lorsqu’il réagit aux influences biochimiques et environnementales. Chez les humains, l’émotion inclut fondamentalement « un comportement physiologique, des comportements expressifs et une conscience ». L’émotion est associée à l’humeur, au tempérament, à la personnalité et à la disposition et à la motivation. Le mot « émotion » provient du mot français « émouvoir ». Le terme lié « motivation » est également dérivé du mot movere. Toutes les émotions que vous cachez ou auxquelles vous vous opposez persistent. Avez-vous déjà entendu cela ? Parfois, en psychologie, on dit que la douleur est le meilleur remède. Il est possible que cette déclaration vous surprenne, et même que vous ne vouliez pas l’accepter. Cependant, il n’y a pas de réalité plus évidente que le fait que toutes les émotions qu’on ressent impliquent quelque chose à apprendre. La souffrance, par exemple, est le ciseau qui donne forme à nos connaissances vitales, qui dessine des routes et des chemins basés sur l’apprentissage des pertes, des défaites et des déceptions. Bien qu’il y ait des gens qui préfèrent ne pas le voir, il y a même ceux qui choisissent de cacher cette douleur au plus profond de leur être et qui ensuite jettent simplement la clé de leur serrure émotionnelle. Que se passe-t-il alors ? La douleur devient encore plus forte, mais elle change de forme. C’est alors que commencent la colère, le ressentiment, la rage. 

Les six émotions fondamentales 

– La joie est liée à la satisfaction d’un désir, la réussite d’un projet important à nos yeux. C’est un état de satisfaction et de bien-être qui se manifeste par de la gaîté et de la bonne humeur. Elle accroît notre énergie, la motivation et la confiance en soi.

– La colère est une réaction de protection. Elle résulte d’une frustration, d’un sentiment d’injustice, de la rencontre d’un obstacle, voire de l’atteinte à son intégrité physique ou psychologique.

– La peur est une émotion d’anticipation. Elle est utile lorsqu’elle informe un danger, une menace potentielle ou réelle, car elle prépare à fuir, ou à agir. Elle peut être également liée à une appréhension, elle peut alors s’avérer stimulante ou bloquante.

– La tristesse est liée à une perte, une déception, un sentiment d’impuissance, un souhait insatisfait. Elle se caractérise par une baisse d’énergie, de la motivation.

– La surprise est provoquée par un événement inattendu, soudain, en lien avec un changement imminent ou par une révélation allant à l’encontre de notre perception, de nos représentations. Elle est généralement brève, puis s’estompe ou laisse place à une autre émotion.

– Le dégoût correspond à un rejet, une aversion physique ou psychologique envers un objet tel que la nourriture, ou une personne, perçus comme nuisibles.

Les émotions, lorsqu’elles sont source d’énergie, constituent un moteur puissant mais elles peuvent aussi être un frein, bloquer, provoquer des effets indésirables et empêcher d’agir. Par exemple, la peur de ne pas être à la hauteur peut amener à refuser une promotion, à ne pas oser demander de l’aide. À l’inverse, la réussite d’un projet procure une grande satisfaction, voire de l’enthousiasme. Elle stimule, donne envie d’aller de l’avant et de s’améliorer. Elle constitue un élan, une dynamique. Être attentif à ses émotions, à son ressenti, mettre des mots sur l’intensité de l’émotion développe la conscience émotionnelle et aide à mieux se comprendre et à mieux comprendre l’autre. Une émotion est une réaction affective passagère d’intensité plus ou moins forte, qui survient en réaction à un événement déclencheur. Ces émotions-là servent de matériau de base à l’élaboration d’autres émotions dites secondaires. Le vocabulaire émotionnel décrit la palette et l’intensité des émotions, il est utile pour mieux les identifier et mieux se connaître. 

Le déni émotionnel et son obsession 

On va voir un exemple. Vous partagez une relation émotionnelle avec quelqu’un. Vous les aimez, vous avez une vie solide que vous avez construite ensemble en tant que couple. Cependant, quelque chose en vous vous dit que les choses ne sont plus les mêmes qu’avant. Vous avez l’impression que cette personne ne vous aime plus. Comment pouvez-vous accepter cela ? Vous le niez. De plus, pour la raison que c’est le cas, l’autre personne ne veut pas donner de preuves de ce qui se passe. Le temps passe et, bien que vous sachiez que cette relation n’est plus authentique, vous continuez à la nier, vous refusez de voir la vérité. Les gens autour de vous vous donnent même des indices sur ce qui se passe, mais vous les ignorez. Il persiste et résiste jour après jour. Ce qui se passera, c’est que, même si vous voulez cacher la vérité, elle remontera à la surface plus clairement que jamais. Elle continuera à émerger. Au lieu de la mettre de côté et d’éviter d’y penser, elle se transformera en une pensée constante et destructrice. Parce que l’esprit adopte un mécanisme terrible lorsqu’il traite des émotions négatives, il les transforme même en pensées presque obsessionnelles. Si on se répète qu’on ne sera pas tristes lorsque, par exemple, on souffre d’une anxiété aiguë, c’est exactement le contraire qui se produira. La question n’est pas de se dire “je ne serai pas triste”. La vérité se révèle lorsqu’on se demande “pourquoi suis-je triste ? Cela va sembler fou, mais c’est le cas. On évite le problème, mais en réalité, le problème est si grand qu’on ne peut pas s’empêcher d’y penser. 

Vis-à-vis des enfants 

La censure des émotions est une forme de violence dans le sens où elle prive l’enfant de l’accès à sa force intérieure. Les actes de l’enfant dont les émotions sont systématiquement censurées, avec des mots comme “Arrête de pleurer”, “tu n’es pas beau ou belle quand tu es en colère”, “Va dans ta chambre tout de suite”, “ce n’est pas grave” ou encore “Mais non, ça fait pas peur, vas y”, voient leurs demandes être considérées comme des agressions ou des manifestations de faiblesse par leurs parents. Si, quand un enfant est triste ou en colère, il est envoyé dans sa chambre, alors il reçoit le message que ses émotions ne sont pas les bienvenues dans la famille. Parfois, l’enfant reçoit même des coups, mais on lui fait croire que c’est sa faute en lui répétant qu’il est borné, qu’il exagère et qu’il l’a bien mérité, qu’il est de mauvaise volonté et que s’il cherche les limites, il va finir par les trouver. Le problème que l’enfant envoyé dans sa chambre quand il dit non, quand il se plaint ou se met en colère reste seul avec ses colères et ses larmes. Il ne peut montrer que ce qui est attendu ou supporté par ses parents. Pour se protéger de la souffrance d’être rejetés lorsqu’ils expriment leur colère, leurs désaccords ou leurs désirs, certains enfants se taisent, ils mettent au secret leurs émotions et leur soi véritable, ils n’expriment que ce qui est autorisé par les parents.

Les émotions et leur fonction d’adaptation

Certains états-d’âme comme la tristesse, la colère ou la peur sont de bons remèdes. Il est utile de répéter ce concept. Ce sont les plus difficiles à gérer, on le sait, mais elles ont une fonction adaptative. La peur oblige à courir et à fuir, et donc à survivre. C’est une chose instinctive qu’on a apprise en tant qu’espèce. Cependant, dans le cadre de cette transformation qu’on a vécue, on a également appris que parfois la solution n’est pas de fuir ou de s’enfuir, mais de s’arrêter et de connaître l’ennemi qui veut faire du mal. Le nier n’aide pas. La tristesse, au contraire, on doit la reconnaître, l’accepter, la pleurer et ensuite l’affronter. Celles qui sont négatives permettent de survivre, car, parfois, elles obligent à prendre le chemin inverse. La voie opposée où se trouve la vérité authentique. Il persistera jusqu’à notre propre destruction. Jusqu’à ce qu’on ne puisse plus. Pourquoi s’y opposer ? Laissez-la partir. Comme on le dit souvent, s’opposer à un ennemi ne fait que lui donner plus de force. La meilleure chose à faire est donc de ne pas résister : accepter les preuves, la douleur, l’erreur. Acceptez leur existence et, jour après jour, elles s’estomperont. Vous vous libérez.   

Leur fonction est vitale.

Leur expression n’est ni de la désobéissance ni de la faiblesse.
Elles sont de précieux indices pour se repérer dans la vie et les enfants doivent pouvoir s’appuyer dessus, doivent pouvoir exprimer de la colère ou de l’indignation sans crainte de rejet, de retrait d’amour, de privation de relation. L’injonction au silence peut mettre à mal le besoin d’exister comme sujet. En effet, l’enfant censuré risque de se résigner : pleurer sans personne pour accueillir le chagrin, avec la possibilité d’un redoublement de colère du parent, représente une nouvelle violence dont l’enfant se protège en verrouillant ses émotions. La théorie de l’attachement accorde une place essentielle à la libre expression afin que l’enfant puisse s’appuyer sur ses émotions comme un baromètre fiable de ce qui est bon ou mauvais pour lui. L’enfant doit se sentir autorisé à manifester de la tristesse, de la frustration et du désaccord avec ce qui lui est imposé et qui n’a pas de sens pour lui. Ce n’est pas de la désobéissance ou de l’affront ni même de la faiblesse que d’éprouver de la colère, du dégoût, de la peur ou encore de la tristesse.

La manière dont les parents accueillent les émotions façonne le rapport des enfants au monde.

Les enfants puisent leur force intérieure et leur capacité à l’entraide dans l’accueil chaleureux de leurs émotions naturelles. Un enfant qui bénéfice à la maison d’une bienveillance peut orienter ses choix en lien avec sa richesse émotionnelle qui lui sert de boussole. Par modèle, il apprend également à prendre en compte les limites personnelles des autres. La façon dont les émotions, les besoins, et les limites personnelles de l’enfant sont reconnus façonnent son rapport au monde.